Anaëlle, cette mystérieuse call-girl accusée de meurtre aux assises de l'Ain

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Écrit par Mathieu Boudet .

Anaëlle, une call girl de l'Ain qui usait de ses charmes à Genève (Suisse), est jugée à Bourg-en-Bresse, depuis lundi 3 mai, pour avoir poignardé un de ses clients en 2017. Elle dit avoir réagi à un viol lors d'une séance sadomasochiste. 

Qui se cache derrière Anaëlle, la call girl accusée d'avoir poignardé son client ? Jugée pour homicide devant la cour d'assise de l'Ain à Bourg-en-Bresse depuis lundi 3 mai, l'affaire est sulfureuse, les faits incertains, et l'accusée insaisissable. 

Dangereuse Escort-girl...

Originaire de l'Ain, la jeune fille âgée de 24 ans est accusée d'avoir tué Jean-Luc D., un informaticien lyonnais de 52 ans, à son domicile de Saint-Genis-Pouilly dans l'Ain. durant l'été 2017. Anaëlle travaillait à Genève et monnayait ses charmes comme escort-girl. Elle a reconnu avoir frappé ce client avec un couteau, puis avoir transporté son corps en Italie. Le signalement pour disparition inquiétante de Jean-Luc D., également habitant du quartier de la Croix-Rousse à Lyon, avait été communiqué à la presse fin septembre 2017. Il n'avait plus donné signe de vie depuis le 16 août. Son corps avait finalement été retrouvé en octobre dans le Val d'Aoste, calciné. Depuis sa mise en examen, Anaëlle invoque la légitime défense, après avoir subi, affirme-t-elle, un viol lors d'une séance sadomasochiste. 

Anaëlle : "Docteur Jekyll" ou "Miss Hyde"?

Mais durant le procès, difficile de distinguer l'Anaëlle victime de viol, de la meurtrière au sang-froid. "C'est un personnage complexe. Elle a un imaginaire assez fécond", estime l'enquêteur de la brigade criminelle de la PJ de Lyon, Pascal Lebreton, au premier jour du procès à Bourg-en-Bresse. Persuadé du double visage de l'accusée, il décrit la scène de son interpellation, en Sologne, chez sa mère : "quand je suis arrivé, elle était souriante et agréable. Dès que j'ai trouvé la carte bancaire de la victime chez elle, son visage a changé d'un coup. J'ai vu quelqu'un de dur, dans le combat. Là, vous avez docteur Jekyll et miss Hyde", rapporte le policier. Elle a aussi raconté qu'elle était enceinte ou qu'elle avait été violée par un proche. Des mensonges qui, pour l'accusation, démontrent un froid calcul et mettent à mal la thèse de la légitime défense.

Elle tente de camoufler le crime

L'autopsie indique que le quinquagénaire a subi quatre coups de couteau, dont un mortel au cou. Selon les investigations, la jeune femme a ensuite déplacé la voiture de la victime pour brouiller les pistes, puis a utilisé sa carte bancaire à quatre reprises, en apparaissant déguisée sous la caméra du distributeur, avec djellaba, foulard, lunettes noires et gants. Après le décès de l'informaticien lyonnais à son domicile du Pays de Gex, Anaëlle P. a acheté un billet d'avion et utilisé son téléphone, pour faire croire qu'il était encore vivant. Elle a recouvert des traces de sang sur un pan de mur, avec des couches de peinture rouge et noire, finalement révélées par la police scientifique par le procédé Bluestar. S'est-elle entraînée seule dans une fuite en avant, ou suivait-elle un plan ? 

Anaëlle face à "Lucifer" ?

Pour ses avocats, la jeune femme aurait été dépassée par la situation, multipliant des tentatives vaines et désespérées d'effacer le drame. "Si le viol qu'elle décrit est avéré, on peut comprendre son attitude", explique Maître Jean-Félix Luciani. "J'ai pris beaucoup de mauvaises décisions", admet l'accusée dans le haut box.
Silhouette frêle, cheveux noués en chignon, elle pleure à chaudes larmes lorsque ses parents évoquent son enfance, ballotée par le divorce, passant d'un domicile à l'autre, de la Seine-Maritime à l'Indre-et-Loire. Déscolarisée à 15 ans, d'abord serveuse, elle se lance dans une activité de call-girl à l'âge de 17 ans. "Je ne me rendais pas compte de tous les dangers", expose la jeune femme. 
Trois semaines après les faits, elle acceptait un mariage blanc, avec un ressortissant marocain, contre 5 000 euros. L'avocat de la défense, lui, pointe les multiples relations tarifées de la victime, qui fréquentait les sites de prostitution sous un pseudonyme qui interroge : "Lucifer".
 

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