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Après les perquisitions, trois détenteurs d'armes condamnés à Grenoble

Après l'interpellation de 6 personnes dans l'agglo de Grenoble, cinq étaient attendues en comparution immédiate, ce mardi 17 novembre. Finalement, trois ont été jugés, écopant de 8 mois de sursis à 10 mois de prison ferme. Leurs avocats se demandent si on n'a pas confondu menu fretin et terrorisme.
© France 3 Alpes
C'est au nom de l'état d'urgence que 14 lieux ont été perquisitionnés dans l'agglomération de Grenoble, lundi 16 novembre. L'opération menée en pleine nuit a conduit à l'arrestation de 6 hommes. Chez eux, des armes, de petites quantités de drogue et 28 000 euros ont été retrouvés.

Sur les cinq qui devaient passer devant le tribunal correctionnel, seulement trois ont été jugés. Le premier, âgé de 32 ans, écope de 8 mois de prison avec sursis. Un revolver modifié a été découvert à son domicile. Peintre, au casier judiciaire vierge, père de deux filles, l'homme a fait l'objet d'une perquisition suite à une information de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) selon laquelle il avait un "projet d'acquisition d'armes de guerre".

"Dans le cas de mon client, je crois que (cette procédure dérogatoire) a été utilisée un peu avec excès", a déclaré l'avocat d'un des hommes arrêtés. "C'est n'importe quoi. Je ne vois pas d'où ça peut sortir des bêtises pareilles", a-t-il protesté, expliquant avoir acheté le pistolet il y a dix ans sur Internet "sans raison particulière". "C'est vrai qu'il n'a pas du tout le profil de quelqu'un qui est radicalisé", a reconnu le procureur Olivier Nagabbo.

"C'est quand même dangereux cette procédure dérogatoire. Dans le cas de mon client, je crois que ça a été utilisé un peu avec excès", a soulevé son avocat Me Emmanuel Decombard, indiquant que son client avait été plaqué au sol par les hommes du Raid à une heure du matin alors qu'il regardait la télévision.

Reportage Marie Michellier et Christelle Nicolas
durée de la vidéo: 01 min 59
Comparutions immédiates suite à l'état d'urgence

Le deuxième prévenu, âgé de 31 ans, et domicilié à Echirolles, au casier judiciaire déjà bien fourni, possédait un pistolet semi-automatique (Mac 50 - 9mm) et 57 cartouches, ainsi que 25,5 grammes de cocaïne. Il a été condamné à 18 mois de prison, dont 8 avec sursis.

Père d'un bébé de six mois, il a dit détenir cette arme pour sa sécurité, "pour (se) défendre" à la suite de la mort récente d'un ami dans un règlement de comptes près de Grenoble. Une copie de kalachnikov, "totalement démilitarisée", a également été retrouvée chez lui pour laquelle il n'a pas été poursuivi. Il a été placé en détention à la sortie de l'audience, contrairement aux réquisitions du parquet, qui ne réclamait pas de mandat de dépôt.

Deux frères feront l'objet d'une enquête pour détention de stupéfiants

Un troisième homme , âgé de 41 ans et résidant à Fontaine, écope de 18 mois dont 10 avec sursis. Les forces de l'ordre ont retrouvé chez lui un Colt 45 avec 43 cartouches. "J'ai été menacé. C'était une protection, c'est tout", a-t-il expliqué. Soupçonné de meurtre, il avait été acquitté en 2007, ce qui avait marqué le début d'une série de règlements de comptes à Grenoble, dans laquelle son frère avait été tué. "Légitimement, il a pu sentir sa vie en danger", a plaidé son avocate Me Marie Frasquet.

Le cas des deux autres prévenus, deux frères qui devaient normalement comparaître, va faire l'objet d'une enquête pour détention de stupéfiants, et sera suivi par un juge d'instruction. 

"Ne pas confondre état d'urgence et abus de droit"
Les prévenus n'étant pas concernés directement par les attentats de Paris, leurs avocats se sont permis de douter de la procédure à leur égard. "Il ne faut pas confondre état d'urgence et abus de droit!", a commenté l'un d'eux. C'est à partir d'une liste de personnes ayant pour projet d'acheter une arme ou qui auraient été en contact avec des réseaux radicaux, que les forces de l'ordre ont travaillé.
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