Désert médical : le sud Ardèche mise sur un travail d'équipe

Service hospitalier et cabinet médical qui restent vides. Dans le sud de l'Ardèche, le désert médical guette. Pour attirer de jeunes praticiens et rendre les offres d'emploi plus alléchantes,  structures publiques et élus font front commun.

Depuis le mois de mai 2020, les lits du service de médecine générale restent vides au sein du Centre Hospitalier des Cévennes ardéchoises, faute de médecins pour assurer la continuité des soins.
Depuis le mois de mai 2020, les lits du service de médecine générale restent vides au sein du Centre Hospitalier des Cévennes ardéchoises, faute de médecins pour assurer la continuité des soins. © FTV
Le Centre Hospitalier des Cévennes ardéchoises comprend un Ehpad, des lits pour les soins de suite et de réadaptation, et un service de médecine générale, pour les urgences locales. Sauf que ce dernier n'accueille plus de patients. Les lits sont vides. Pourquoi ? Mathieu Arnaud, le directeur adjoint de l'hôpital basé à Joyeuse explique qu'il n'y a plus d'activité dans ce service "depuis le courant du mois de mai 2020, parce que nous n'avons plus suffisamment de médecins pour assurer la continuité des soins."

"Une pyramide des âges médicale défavorable"

L'établissement fonctionne avec plusieurs médecins de ville, mais ils sont de moins en moins nombreux à pouvoir se rendre disponibles. "Avec les départs en retraite, on risque d'être dans un éventuel désert médical dans les cinq prochaines années", constate le responsable du centre hospitalier. Et il n'est pas le seul à s'inquiéter dans ce secteur du sud Ardèche.

La problématique se répète ailleurs dans la Communauté de communes du Pays Beaume-Drobie. Une vingtaine de kilomètres plus loin, à Valgorge, le maire dresse un constat tout aussi amer : il n'y a plus de praticiens généralistes, alors qu'il y a deux structures médico-sociales. Il y a aussi un cabinet médical... vide lui-aussi alors que "la municipalité le met à disposition gratuitement, avec le matériel à l'intérieur".

La solution ? Faire équipe

Pour convaincre de nouveaux praticiens de venir combler le vide des services hospitaliers ou des cabinets médicaux, l'idée est de faire front commun sur le territoire sud-ardéchois.
"On s'est rendu compte que l'on cherchait séparément des médecins, aux mêmes endroits", explique Guillaume Bonin. Le maire de Valgorge poursuit : "on s'est dit qu'il serait plus facile de constituer des équipes, au sein desquelles les gens peuvent s'appuyer les uns sur les autres. Donc, on s'est mis à chercher des médecins ensemble. C'est plus pertinent".

Les recherches sont mutualisées. Et les offres d'emploi également. L'idée, c'est d'offrir aux nouveaux praticiens des possibilités aussi bien en libéral qu'en hôpital, avec des postes mixtes ou séparés.
En faisant équipe afin de mieux couvrir les besoins, la Communauté des communes du Pays Beaume-Drobie espère attirer six nouveaux médecins d'ici cinq ans. 

 
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