A Besse dans le Cantal, le Conseil constitutionnel annule le résultat du deuxième tour de l’élection présidentielle

En validant mercredi 27 avril l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, le Conseil constitutionnel a annulé le vote des 80 électeurs de la commune de Besse dans le Cantal. Motif : il n’y avait pas de membre du bureau présent lors du passage du magistrat délégué du contrôle des opérations de vote.

Au second tour de l’élection présidentielle dimanche 24 avril 2022, 84 des 118 électeurs inscrits dans la commune de Besse dans le Cantal ont accompli leur devoir électoral. Mais en validant le résultat national et l’élection d’Emmanuel Macron, le Conseil constitutionnel, le juge des élections, a remis les compteurs à zéro.

Les tableaux officiels indiquent bien la participation : 71,19%, mais désormais tous les votes sont déclarés nuls. Pourtant en remontant un peu dans les archives on retrouve que 41 voix s’étaient portées sur Marine Le Pen (51,2 %), que 39 électeurs avaient voté pour Emmanuel Macron (48,8%), qu’il y avait 2 bulletins nuls et 2 blancs.

Pour annuler ce vote, le Conseil constitutionnel se base sur l’article R. 42 du code électoral qui stipule que : « Chaque bureau de vote est composé d'un président, d'au moins deux assesseurs et d'un secrétaire choisi par eux parmi les électeurs de la commune. (…) Deux membres du bureau au moins doivent être présents pendant tout le cours des opérations électorales ». Et il indique dans sa décision du 27 avril que : « dans la commune de Besse (Cantal), dans laquelle 80 suffrages ont été exprimés, (…) le magistrat délégué du Conseil constitutionnel a constaté, lors de son passage, qu'aucun membre du bureau n'était présent, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 42 du code électoral. Une telle irrégularité étant de nature à entraîner des erreurs et à favoriser la fraude, il y a lieu d'annuler l'ensemble des suffrages exprimés dans ces bureaux de vote ».

Lors du premier tour le 10 avril, 88 électeurs avaient voté. On avait compté au moment du dépouillement 1 bulletin blanc et un nul, 28 voix pour Marine Le Pen, 15 pour Emmanuel Macron, 13 pour Jean-Luc Mélenchon, 8 pour Yannick Jadot, 7 pour Jean Lassalle, 6 pour Valérie Pécresse, 5 pour Fabien Roussel, 3 pour Anne Hidalgo et Nicolas Dupont-Aignan, 2 pour Éric Zemmour et une pour Philippe Poutou, enfin aucune pour Nathalie Arthaud.

Sur l’ensemble du territoire français, le Conseil constitutionnel a annulé le résultat dans 48 bureaux de vote, soit 20 594 voix cumulées (0,06 % du total des suffrages exprimés) pour différents motifs comme « l’altération de la sincérité du scrutin » à Lourdios-Ichère où le candidat Jean Lassalle a rendue publique son abstention, le vote dans une église où le confessionnal servait d’isoloir à Audincthun dans le Pas-de-Calais (le maire invoque des travaux dans la Mairie rendant les locaux indisponibles), « la présence d’un seul membre du bureau lors du passage du magistrat délégué » dans plusieurs communes ou « la fermeture d’un bureau de vote à 13 heures au lieu de 19 heures » à Guinecourt dans le Pas-de-Calais.

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