Aurillac : plus d'un millier de manifestants défile en soutien à Marina, poursuivie pour "exhibition sexuelle"

La manifestation en soutien à la festivalière interpellée pour « exhibition sexuelle » a rassemblé plus d’un millier de personnes ce samedi. La première partie s'est déroulée sans heurt. Un groupe de contestataires encagoulés s’est ensuite introduit dans le palais de justice d'Aurillac pour le dégrader.

Jeudi, en plein épisode caniculaire Marina, festivalière à Aurillac, ôte son tee-shirt, imitant les hommes torses nus autour d’elle. Alors qu’elle se promène seins nus, la police la contrôle. Elle est interpellée pour "exhibition sexuelle". Une vague d’indignation s’ensuit. Samedi, plus d’un millier de femmes et d’hommes défilaient, majoritairement torses nus, en soutien à Marina. Les slogans «  Libérons nos tétons de vos regards cochons » ou encore « Aurillac topless, la police en PLS ». 

"Il y a un large consensus sur le fait que la loi est sexiste, discriminatoire, et qu’elle n’est pas légitime" s’indigne Marina, en marge de la manifestation. "Il y a une différence entre la légalité et la légitimité. Aujourd’hui, apparemment selon le code  de la loi, ce n’est pas légal et ce n’est pas légitime. Mais les lois évoluent, donc j’ose espérer qu’un jour ça fera bouger les lignes peut-être" ajoute, confiante, la festivalière . 

Les contestataires s’étaient donné rendez-vous à midi sur la place de l’Hôtel de Ville. Le cortège a défilé à travers les rues étroites jusqu’au Palais de justice. Un groupe de personnes encagoulées parviennent alors à pénétrer dans l’enceinte du bâtiment. La salle des pas perdus est vandalisée, dans les salles d’audiences, les chaises sont renversées et les murs tagués. À l’extérieur, des drapeaux français sont brûlés. Ce groupe, composé «d'une dizaine d'individus», a également «déclenché un début d'incendie rapidement circonscrit», selon un communiqué de la préfecture, qui a condamné «avec fermeté les dégradations».

Le directeur artistique du Festival, Frédéric Rémy, et le maire d’Aurillac, Pierre Mathonier, sont intervenus. Chacun d’entre eux s’est adressé à la foule dans le mégaphone. Après la levée la condamnation de Marina, et la menace de l’annulation du festival l’année prochaine, les faiseurs de trouble se sont dispersés.