Et si ce magnifique tilleul du Cantal était élu « arbre de l’année » ?

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Écrit par Catherine Lopes .

A Lastic, un petit village du Cantal, un tilleul de 17 mètres de haut fait battre le cœur de ses habitants. Avec un âge estimé à plus de 400 ans, il est devenu au fil des années l'emblème de ce village de 120 âmes. Cet arbre exeptionnel pourrait même devenir une fierté nationale, puis qu'il est en lice pour le concours de "L'arbre de l'année".

Et si un tilleul du petit village de Lastic, dans le Cantal,  était élu « arbre de l’année ? ». C'est le rêve que caressent les habitants de cette commune d'Auvergne, qui a décidé de concourir. Serge Talamandier, maire (SE) de Lastic souligne pourquoi ce tilleul est hors normes : « C’est un arbre exceptionnel. Il est sur la place du bourg. Le bourg s’est pratiquement construit autour de l’arbre. Tous les aménagements faits l’ont préservé. Il veille sur la ville des Lasticoises et des Lasticois depuis de très nombreuses années. Il a en son tronc pas mal de secrets qu’il ne révèlera jamais. Il fait pratiquement 5 mètres de circonférence et 17 mètres de hauteur. Depuis septembre, quand il a été sélectionné par le jury pour représenter la région, il a grandi un peu, surtout dans le cœur des habitants de la commune ». Serge Talamandier évoque le tilleul au fil des saisons : « Au printemps, il revêt ses feuilles vertes. Puis il suit le rythme des saisons. Les feuilles jaunissent en automne, elles tombent. On est à 1 100 m d’altitude, donc il est recouvert de neige ou de givre en hiver. Il s’adapte à toutes les saisons ».



Pas d'âge précis

Mais difficile de donner un âge à ce magnifique tilleul : « C’est l’emblème de la commune. Il vit à Lastic, on ne sait pas depuis quand. Les anciens du village nous disent que c’est un « Sully », c’est-à-dire qu’il aurait été planté sous Sully (ministre d’Henri IV, NDLR). Dans les archives de la commune, on n’a rien qui nous précise son âge. Il aurait entre 400 et 500 ans ». Le maire de la commune évoque un détail caractéristique de cet arbre : « Il a une racine qui fait 40 pas de long et qui arrive à la porte de l’église. Une autre racine fait environ 25 pas et descend jusqu’au porche d’une maison de maître, au milieu du village. L’arbre a respecté l’environnement car il n’a jamais dégradé tous les goudrons qui ont pu être faits sur la place. Il est très respectueux des humains. En contrepartie il est normal que les humains soient respectueux de cet arbre ». Pour le village de Lastic, qui compte 120 habitants, ce concours est une aubaine. Le maire précise : « J’appelle tous les Auvergnats et tous les Rhône-Alpins à nous soutenir dans cette démarche. Si, toutefois, on était sur la première marche du podium, l’arbre porterait les couleurs de la France à la finale européenne en février. Pour notre tout petit village, c’est une nouvelle vie qui commence. On n’était pas habitués à cela. On était dans l’ombre et on se retrouve dans la lumière : c’est beau ».



Un arbre "magnifique"

Organisé conjointement par l’Office national des forêts (ONF) et le magazine Terre Sauvage, « L’arbre de l’année » récompense depuis 2012 les plus beaux arbres du patrimoine français. En septembre 2022, le jury a sélectionné un arbre par région, après avoir reçu 150 candidatures. C’est le tilleul de Lastic, dans le Cantal, qui représentera la région Auvergne-Rhône-Alpes lors de ce concours. Serge Talamandier, maire (SE) de Lastic, explique comment ce tilleul s’est retrouvé dans ce concours : « La commune participe depuis plusieurs années au concours des villages fleuris, au niveau départemental. En 2021, quand le jury est passé nous rendre visite, un des membres m’a dit que notre tilleul était magnifique et que l’on devrait l’inscrire au concours de l’arbre de l’année. On en a parlé en conseil municipal et l’idée a fait son chemin au printemps. Il était givré en hiver et un voisin a pris l’arbre en photo. Il m’a dit : « Regarde comme notre arbre est magnifique. C’est dommage de ne pas en faire quelque chose ». On en a reparlé en conseil municipal et on s’est inscrit au concours ».

Un exemple à suivre

Le tilleul de Lastic espère bien connaître la même destinée qu’un hêtre de Chavagnac, une autre commune du Cantal : il avait remporté le prix du jury 2020. Serge Talamandier indique : « J’ai rencontré la présidente de Chavagnac avenir. Elle m’a donné de précieux conseils. On mène une véritable campagne électorale. On travaille sur le terrain, on en parle, on mobilise nos contacts, notre famille plus ou moins éloignée ». Le maire insiste : « Avant, on aimait notre arbre. Aujourd’hui, on l’adore. Il fait partie de notre vie ».

On a tous un arbre dans notre vie

Eric de Kermel

Eric de Kermel est le directeur de la rédaction de Terre Sauvage, le magazine qui coorganise le concours. Il raconte la genèse de « L’arbre de l’année » : « Quand on fête les Journées du patrimoine, on a tendance à considérer comme patrimoine uniquement ce qui est issu de la main de l’homme : les musées, les tableaux, les chapelles, les églises. De même, les grands médias ne parlent de la nature que quand il y a des catastrophes. Notre posture consiste à dire : « Ouvrez les yeux. Regardez autour de vous, c’est merveilleux ». On s’est dit qu’on devait organiser ce « Miss France » des arbres, pour essayer de mettre en évidence qu’au moins avec les arbres, nous avions tous une relation singulière. On a tous un arbre dans notre vie ».

Plus qu'une dimension esthétique

Eric de Kermel définit les règles du concours : « Chaque année, il y a deux arbres de l’année. Un premier est issu du vote du public. Un autre arbre est le choix du jury. Il regarde chaque dossier avec rigueur. Il étudie notamment quelles sont les caractéristiques et la biodiversité associée à cet arbre, en quoi il est particulièrement remarquable d’un point de vue naturaliste, mais surtout, il observe quel arbre a la plus belle histoire avec les hommes. Ce n’est pas juste le plus bel arbre ». Le directeur de la rédaction de Terre Sauvage insiste sur la mobilisation du public, année après année : « Il n’y a pas un euro à gagner dans ce concours mais les candidats se mobilisent pour générer des votes pour leur arbre. Les communes appellent les médias locaux. Il y a une espèce de chauvinisme qui se développe. Chaque année, il y a environ 40 000 votants. Les votes sont sécurisés ».



De nombreuses retombées

Même s’il n’y aucune récompense à gagner, Eric de Kermel évoque les retombées importantes de ce concours : « En termes de retombées, c’est dingue. C’est l’opération médiatique qui génère plus de retombées presse lorsqu’on annonce les lauréats. Systématiquement, on se retrouve avec les JT nationaux, les radios. On a un buzz d’enfer. C’est une opération simple qui touche les gens. C’est aussi des retombées extraordinaires pour les territoires concernés. Si l’arbre de Lastic gagne, vous imaginez bien que la commune va connaître une notoriété incroyable ». Les votes sont ouverts jusqu’au 4 janvier 2023. Vous savez ce qu’il vous reste à faire si vous souhaitez que le tilleul de Lastic soit récompensé.

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