"Il n’est pas exclu que dans le Cantal on ait un jour des feux importants" : des sapeurs-pompiers formés aux feux de forêt

Publié le

L'été dernier, près de 66 000 hectares ont brûlé dans des incendies, en France. Les feux de Landiras, en Gironde, représentent à eux-seuls, plus de 21 000 hectares. Des mégafeux contre lesquels des pompiers de toutes la France ont été mobilisés. A l'approche de l'été, les sapeurs-pompiers du Cantal ont suivi une formation aux feux de forêt, d'une semaine, pour être prêt à intervenir en Auvergne ou ailleurs.

Des flammes de plusieurs dizaines de mètres de haut, une ligne de feu gigantesque qui dévore des hectares de forêt. L'été dernier, une centaine de pompiers cantaliens ont été engagés dans la lutte contre ces incendies d'une ampleur jamais vue en France. A 300 km de la Gironde, à Pleaux, vingt pompiers se forment à faire face aux feux de forêts.  L’adjudant-chef Jean-Paul Coulomb, formateur, explique : « Pour le feu de forêt, il n’y a que sur le terrain qu'on va pouvoir se rendre compte comment évolue un feu ou comment on va pouvoir le traiter et effectuer nos missions ». Tout réside dans la simulation d'exercices, les plus proches de la réalité. Marine est pompier volontaire depuis 3 ans. Elle découvre les manœuvres en forêt. Marine Lafon, sapeur-pompier volontaire du Centre de secours de Saint-Mamet, indique : « Je dois être vigilante. Il faut bien écouter son chef d’agrès et les consignes surtout, pour notre sécurité et la sécurité de l’équipage ». 

Etre réactif



A peine le temps de reconditionner le matériel, que déjà les pompiers sont confrontés à un nouveau scénario. Benjamin Dejou, sapeur-pompier volontaire du centre de secours d’Aurillac, souligne : « On a enfilé la tenue de feu complète, c’est-à-dire le surpantalon en plus de la veste, tout en conservant la cagoule et le casque de feu de forêt ». Le commandant Philippe Mariou, chef du groupement des services opérationnels SDIS 15, précise : « Sur ce stage, l’objet de ces manœuvres est que ces manœuvres sont connues par le personnel mais aussi qu’on soit très réactif à la situation réelle ». Alors pour l'exercice suivant, la tension monte d'un cran. Le convoi des 5 camions d'intervention est rattrapé par le feu. Le chef de groupe lance une procédure d'extrême urgence : l'auto-défense. Le dispositif peut sécuriser le groupe 3 minutes maximum. Marine Lafon estime : « C’est la situation la plus stressante qu’il puisse y avoir ». 

durée de la vidéo : 00h04mn30s
L'été dernier, près de 66 000 hectares ont brûlé dans des incendies, en France. Les feux de Landiras, en Gironde, représentent à eux-seuls, plus de 21 000 hectares. Des mégafeux contre lesquels des pompiers de toutes la France ont été mobilisés. A l'approche de l'été, les sapeurs-pompiers du Cantal ont suivi une formation aux feux de forêt, d'une semaine, pour être prêt à intervenir en Auvergne ou ailleurs. Intervenants : Adjudant-chef Jean-Paul Coulomb, formateur / Marine Lafon, sapeur-pompier volontaire du Centre de secours de Saint-Mamet / Commandant Philippe Mariou, chef du groupement des services opérationnels SDIS 15 / Lieutenant Vincent Bonnin, formateur / Colonel Luc Skrzynski, directeur départemental du SDIS du Cantal / Caporal Patrick Merle, sapeur-pompier volontaire du centre de secours de Saint-Mamet ©L. Théodore / L. Ribes / L. Saussol / K. Jenicki

Des simulations concrètes

Dans l'espace sécurisée de la cabine, il faut laisser passer le front de l'incendie. Le lieutenant Vincent Bonnin, formateur, rappelle : « Le camion est pris dans les flammes. Les rétroviseurs commencent à brûler. On a l’impression que le camion va brûler. Grâce à ce dispositif, il y en a beaucoup qui ont réussi à sauver leur vie, même si parfois cela ne marche pas tout le temps. Malheureusement, des collègues perdent la vie sur des feux de forêt ».  

Le Cantal pas épargné par les feux de forêt



D'ici 20 ans, le risque incendie que connaît le sud de la France aujourd'hui pourrait attendre près de la moitié du territoire français. Rien que l'été dernier, 52 départements ont connu un incendie d'au-moins 10 hectares. Le colonel Luc Skrzynski, directeur départemental du SDIS du Cantal, indique : « Il n’est pas exclu que dans le Cantal on ait un jour des feux importants. On voit bien qu’avec le réchauffement qu’on observe dans notre département, ce risque n’est pas exclu. L’an dernier on a frôlé la catastrophe plusieurs fois et le Cantal était classé en risque très sévère aux feux de forêt ».  

350 pompiers du Cantal désormais formés



Trois zones rouges étaient particulièrement surveillées. Depuis 25 ans, le Cantal est épargné par les grands feux de forêts. Sur 800 pompiers professionnels ou volontaires, 350 sont désormais formés pour intervenir en renfort, partout en France. Le caporal Patrick Merle, sapeur-pompier volontaire du centre de secours de Saint-Mamet, souligne : « Pour moi qui ai connu le feu dans le sud l’an dernier, c’est très important d’avoir ce genre de formation, sinon on ne serait pas à la hauteur par rapport aux gens du sud ». Dernier exercice de la journée : la protection d'une maison, en lisière de forêt. L'année dernière 175 hectares ont brûlé dans le Cantal. Plus de 65 000 hectares sont partis en fumée, à l'échelle de la France, soit 7 fois plus que la moyenne de ces 15 dernières années.

Tous les jours, recevez l’actualité de votre région par newsletter.
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer la newsletter de votre région. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas de ces newsletters. Notre politique de confidentialité