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"Cette fresque fait mal", Yannick Biancheri du syndicat SGP-Police FO à Grenoble

Sur 6 mètres sur 3, une fresque s'étale, ce vendredi 24 juin, en gare de Grenoble. La peinture met en scène deux policiers armés d'un bouclier "49.3", frappant sur la République. Une fresque qui a particulièrement choqué les policiers. En premier lieu, un représentant syndical.

Policiers choqués

"C'est honteux, la République nous la défendons, nous ne lui tapons pas dessus. Cette fresque fait mal, surtout en cette période difficile depuis les attentats. C'est scandaleux, notre métier c'est gardien de la PAIX et quand on voit comme on nous représente... Lors des manifestations on est là pour protéger les manifestants des casseurs, ne l'oublions pas. Ça blesse, vraiment, surtout quand on voit qu'aujourd'hui les policiers courent des risques même chez eux (cf. policier tué à Magnanville), les familles ne sont plus épargnées", explique Yannick Biancheri, de SGP-Police FO à Grenoble. 

Avec son syndicat, il pense déposer plainte, comme après l'affaire de l'affiche de la CGT sur les violences policières. Pour l'heure, le parquet n'a pas décidé d'ouvrir une enquête. 

Des élus prennent la parole

Sur les réseaux sociaux, le président du Département, Jean-Pierre Barbier dénonce "une fresque honteuse" et demande au maire de la Ville de prendre ses responsabilités.


Sur son compte Facebook, Jean-Pierre Barbier précise les raisons de sa colère:

"Fresque anti-police à Grenoble: une honte! Si notre Pays est resté debout, si notre République a tenu bon après les terribles épreuves de 2015, c'est pour beaucoup grâce à l’action et à l'engagement de nos forces de l'ordre. Ne l'oublions pas!"

Le préfet de l'Isère, Lionel Beffre, a demandé au maire "l'effacement de cette fresque dans les plus brefs délais", dans un courrier consulté par France 3 Alpes. "Les circonstances nationales font qu'à l'heure actuelle, il ne m'est pas possible de tolérer une telle atteinte aux symboles de la République que sont les forces de l'ordre", écrit le représentant de l'État.

Pour l'heure, la mairie de commente pas. 

Les organisateurs du festival assument

La fresque a été réalisée sur le mur d'un local Métrovélo dans le cadre de la 2e édition du festival Street Art Fest de Grenoble. Une création signée, Goin, pseudo d'un artiste anonyme bien connu des initiés pour produire des œuvres volontairement engagées ou provocatrices. L'oeuvre a été validée par les organisateurs du festival. Selon eux, "elle joue son rôle".

Reportage Florine Ebbhah, Franck Céroni et Pierre Maillard
durée de la vidéo: 01 min 59
Polémique fresque liberté à Grenoble

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