Coronavirus : la LPO s'inquiète pour la faune sauvage en montagne à l'approche du déconfinement

Les amoureux de la nature sont invités à faire preuve de prudence à l'approche du déconfinement. La LPO s'inquiète particulièrement pour les rapaces qui se sont habitués à l'absence de l'homme depuis presque deux mois.

Un rapace survolant la chaîne de Belledonne en Savoie. (Illustration)
Un rapace survolant la chaîne de Belledonne en Savoie. (Illustration) © Vincent Isore / MAXPPP
Et si le déconfinement pouvait mettre en danger la faune sauvage dans les Alpes ? C'est ce que craint la Ligue de protection des oiseaux (LPO) qui lance un appel à la vigilance avant le retour des pratiquants de la montagne. Voilà deux mois que les animaux, et particulièrement les oiseaux, se sont réappropriés leur espace sans être gêné par l'activité humaine.

Les premières sorties risquent donc de faire l'effet d'un choc, en pleine période de reproduction et de nidification des rapaces. Les œufs commencent à éclore et les jeunes poussins ont besoin d'être nourris très régulièrement par leurs parents. Un problème à quelques jours de la fin du confinement.
 
Sur le plateau de Lumbin (Isère), Adrien Lambert observe un couple d'aigle royal volant au-dessus des falaises de Chartreuse. Le coordinateur de la LPO s'inquiète : "Le risque, c'est que le jour du déconfinement, il y ait une reprise de l'activité humaine et qu'on puisse retrouver un nid de rapaces dans un endroit très fréquenté, dans un spot très connu d'escalade, de vol libre ou autre."

 

"Limiter l'interaction"


"Quand ils ont commencé à nicher, (les oiseaux) n'ont pas pu prendre en compte ce paramètre et aller se mettre ailleurs dans un coin moins fréquenté", explique-t-il. Sur l'aire d'atterrissage du site de vol libre de Saint-Hilaire, des panneaux existent pour sensibiliser les parapentistes à la cohabitation avec les aigles, buses et faucons pèlerins. Mais le problème concerne tous les sports de nature qui devraient reprendre à partir du 11 mai.

"Si on croise un animal sauvage, le mieux c'est d'essayer de s'arrêter et, si c'est possible, de le laisser s'éloigner voire de faire demi-tour, conseille Adrien Lambert. De toute façon, il faut essayer de limiter l'interaction qu'on peut avoir avec la faune sauvage pour essayer de préserver sa tranquillité." La LPO appelle les amoureux de la nature à la vigilance lors de leurs premières sorties post-confinement. L'association leur conseille également de ne pas partir trop tôt dans la journée, et surtout de rester sur les sentiers.

 
Que faire si j'observe un nid ?
Si vous observez des rapaces ou un nid lors de vos premières sorties en montagne, prévenez la LPO. "Nous essayerons ensemble de trouver une solution afin de vous permettre de concilier la pratique de votre activité tout en préservant la faune sauvage", indique l'association, joignable à cette adresse : adrien.lambert@lpo.fr 
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