Covid : Des opérations de vaccination avec AstraZeneca ouvertes aux jeunes majeurs font polémique en Italie

La polémique enfle dans la presse italienne, et de nombreux médecins montent au créneau. Dans leur viseur, des journées portes ouvertes, dans certaines régions, qui visent à vacciner des jeunes avec l'AstraZeneca sans tenir compte des recommandations qui le réservent aux plus de 60 ans

L'AstraZeneca, le mal aimé des vaccins anti-Covid.
L'AstraZeneca, le mal aimé des vaccins anti-Covid. © FTV

Courrier Internationnal qui relaye la presse italienne révèle ce lundi 8 juin cette polémique qui ne cesse de s'amplifier en Italie.

Depuis la fin mai, certaines régions italiennes ont décidé d’organiser des “Open Days”, des journées portes ouvertes dédiées à la vaccination des jeunes, qui peuvent recevoir une injection du vaccin d’AstraZeneca ou de Johnson & Johnson, sans rendez-vous, à la seule condition d’être majeur.

Elles sont assez nombreuses à avoir adhéré à ces initiatives : le Haut-Adige par exemple, depuis le 20 mai a ouvert les vaccinations avec AstraZeneca à tous les groupes d'âge à partir de 18 ans.

La Sardaigne a mené plusieurs journées pour les plus de 40 ans. Depuis le 26 mai, la Sicile a activé la vaccination avec AstraZeneca ou Johnson & Johnson pour 35 000 étudiants qui passeront les examens finaux en juin.

Même en Ligurie, à partir du 24 mai, les citoyens de plus de 18 ans pouvaient réserver pour Astrazeneca ou Johnson & Johnson. Les places sont parties comme des petits pains.

Or, le vaccin d’AstraZeneca est recommandé par l’Agence italienne du médicament aux personnes âgées de 60 ans et plus,

Malgré tout, Le général Francesco Figliuolo, responsable de la coordination du plan national de vaccination, soutient ces journées. Il insiste sur le fait que l’EMA (l’Agence Européenne du médicament)"n’a pas introduit de restrictions explicites sur l’usage du vaccin en question pour les 18 ans et plus".

Cependant, l’Agence italienne du médicament (AIFA) a rappelé dans un communiqué de presse datant du 26 mai que" l’administration du vaccin d’AstraZeneca reste recommandée en priorité aux personnes de 60 ans et plus, expliquant que la sécurité de l’administration chez les sujets plus jeunes reste une question ouverte et sur laquelle il existe des marges d’incertitudes”.

Des régions récalcitrantes et des médecins qui montent au créneau

Certaines régions, comme la Lombardie et de la Vénétie ont annoncé qu'elles préféraient se fier à l'avis des médecins et des autorités sanitaires de l’AIFA. Elles ont décidé de ne pas suivre le mouvement.

La santé est en effet une compétence régionale en Italie. 

Ce qui a pesé dans leur choix explique le journal romain Il Fatto Quotidiano, c'est la mise en garde du président de l’Ordre des médecins de Gênes, Alessandro Bonsignore qui a récemment déclaré son inquiétude "Les Open Days AstraZeneca sont un choix politique. Nous avons la sensation que les jeunes veulent se faire vacciner pour être libres cet été, mais ils doivent avoir conscience que le vaccin peut avoir des effets secondaires [parmi lesquels dans de très rare cas, des risques de thrombose].”

Le 5 juin dernier, 24 médecins vaccinateurs volontaires ont également signé une lettre commune contre ces journées, qualifiant de "déroutant le choix du gouvernement et des organismes de vaccination de déconseiller AstraZeneca aux moins de 60 ans et de quand même l’administrer aux jeunes de 18 ans”.

Et ils poursuivent : "Si le choix de vacciner les plus de 60 ans avec AstraZeneca reposait à juste titre sur des données démontrant un risque négligeable de thrombose thrombocytopénique dans cette tranche d'âge, sur quoi se base le choix des jeunes plus sensibles à cette complication avec AstraZeneca ? (... ) Aussi, nous désapprouvons fortement le type de campagne menée par les instances gouvernementales des régions, car elle n'alerte pas correctement les jeunes des risques, aussi faibles soient-ils, et profite de leur désir légitime de reprendre une vie normale".

Pour ces médecins," il s'agirait d'attendre peu de temps et les jeunes pourraient avoir accès à d'autres vaccins".

 

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