Deconfinement & réouverture des écoles : "après le séisme, cette année est surréaliste" les habitants du Teil (Ardèche)

Les enfants du Teil en Ardèche ont vécu une nouvelle rentrée scolaire, leur 4e de l’année après les fermetures d’écoles endommagées par le séisme du mois de novembre. Entre résignation et angoisse, ce retour est très particulier pour eux comme pour leurs parents.
 

Il y a eu la rentrée heureuse et insouciante du mois de septembre 2019, puis fin novembre la rentrée provisoire mais tant attendue dans un gymnase après les dégâts du séisme, celle quelques semaines plus tard du retour sur le site de leur école mais en algeccos souvent, et voilà la 4e ! Ce mardi 12 mai, 150 enfants des écoles maternelles et primaires du Teil dans le sud Ardèche ont repris le chemin de l'école. 
 

La peur du virus plus forte

"Nous n’avons pas encore analysé le détail des élèves présents. Les parents qui souhaitaient voir comment cela se passe ont toujours jusqu’au lundi 18 mai pour remettre leurs enfants en classe, mais c’est sûr il y a beaucoup de décrocheurs". Olivier Peverelli, le maire du Teil en Ardèche, espère que la fracture scolaire ne sera pas trop importante. Seuls 150 enfants sur les 700 que comptent les 7 écoles publiques sont revenus.
 

La peur du virus est plus forte que le besoin de scolarité, et surtout on le voit dans les écoles où le pourcentage d’enfants de milieux défavorisés est plus important. Dans certains établissements il n’y a aucun élève présent.


Et pourtant, il y a quelques mois, les mêmes enfants se languissaient de retrouver enseignants et copains après le séisme. "C’est une année scolaire blanche, ou noire, pour les élèves du Teil", une année avec beaucoup de trous dans l’emploi du temps…
 

"C’est complétement surréaliste"

Sandrine est mère de 3 enfants scolarisés au Teil. "J’ai voulu m’organiser avant qu’ils reprennent et je me pose quand même beaucoup de questions, mais ils retourneront à l’école. Mon fils est en CM2, et pour sa dernière année en primaire il en avait très envie."

A l’image de beaucoup de parents, cette habitante du Teil oscille entre incertitude et crainte, avec quand même une donnée bien particulière à la commune.
 

Depuis le séisme, nous habitons chez ma mère, je travaille, c’est elle qui garde les enfants et je voulais lui alléger la charge.


Le confinement est en effet venu s’ajouter au tremblement de terre du mois de novembre, "c’est un peu surréaliste, on a l’impression de vivre dans un monde parallèle. On vit au jour le jour, tous les jours on s’adapte. Les enfants n’ont pas l’air trop angoissé mais avec cette succession d’évènements leurs repaires sont mis à mal."

Car effectivement, les enfants ont dû s’adapter. Pour la plupart, leur école a été endommagée le 11 novembre. Ils ont dû passer par la case gymnase ou salle des fêtes avant de se retrouver dans des algeccos. A cela s’ajoute l’école à la maison, puis le retour en demi groupes et contraints par de nombreuses mesures barrières.

Les enfants scolarisés dans les deux écoles privées de la commune pourront, quant à eux, rentrer à partir lundi prochain. Là encore l’accueil sur un site dégradé par le séisme obligeait le diocèse à de nombreux aménagements.
 

La double peine

Bon nombre d’élèves sont aujourd’hui en bungalows, les travaux de réparation des bâtiments scolaires ne sont pas terminés, mais le retard s’accumule "Il y a 2 voire 3 mois de retard. Pour l’école de Mélas, nous avions prévu de la refaire cet été mais les dossiers ont été totalement arrêtés. Les engins ne peuvent fonctionner qu’en période de vacances, nous avons donc tout un calendrier à rééchelonner, et je pense que nous ne serons pas prêts pour septembre." Olivier Peverelli est en revanche confiant pour la nouvelle école "sur ce chantier-là, il n’y a aucun enfant, les entreprises devraient pouvoir rattraper le retard."

Concernant le lycée Xavier Mallet, lui aussi très endommagé par le séisme, si rentrée il y a en juin, elle se fera de nouveau sur les 4 établissements de Montélimar dans la Drôme. "La réouverture totale est prévue en septembre. Tout ne sera pas fini mais les élèves changeront de classe au coup par coup au gré des rénovations."
 
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