Drôme : les Assistants d'Education (AED) ne veulent plus être considérés comme de simples "pions"

Ce 1er décembre est notamment marqué par la journée nationale de grève des AED, assistants d'éducation en collège et lycée. La mobilisation concerne plusieurs départements de la région, dont la Drôme. Comme Tiffany, en poste dans un collège de Crest, certains vont faire grève pour la première fois.
Drôme : les Assistants d'Education (AED) ne veulent plus être "les oubliés de l'éducation nationale"...
Drôme : les Assistants d'Education (AED) ne veulent plus être "les oubliés de l'éducation nationale"... © Collectif AED du 26
"On ne veut plus être les pions, les oubliés de l'Education Nationale. Avec la crise sanitaire, on s'est rendu compte que cette situation n'était plus possible. La crise a fait remonter un mal-être qui existe depuis longtemps," explique Tiffany, assistante d'éducation dans un collège de Crest, et représentante du "Collectif AED du 26" qui vient de se former dans le département de la Drôme.

La crise COVID : un révélateur  


La crise sanitaire a été un révélateur du malaise des AED. Ce mardi 1er décembre, ils font grève et manifestent pour la première fois depuis 17 ans. La première des revendications de ces personnels : la titularisation. Ils bénéficient d'un contrat d'une année, renouvelable au maximum cinq fois. Tiffany attaque sa sixième et dernière année de contrat. Elle évoque un statut précaire et des personnels qui se retrouvent sur "un siège éjectable" après six ans de bons et loyaux service. Quid de ceux qui voudraient poursuivre dans cette voie, s'interroge-t-elle. Le collectif réclame aussi la fin de la période maximale des 6 ans d’exercice.

Autrefois surnommés les "pions", ils assurent aujourd'hui plus qu'un simple rôle de surveillants dans les collèges et les lycées. "Le profil des AED a bien changé, ce sont de nouveaux profils, ce n'est plus seulement un travail réservé aux étudiants....ces derniers ne représentent aujourd'hui plus que 10% des assistants d'éducation," explique Tiffany, "on veut que le gouvernement nous entende. On aimerait un statut plus valorisant, reconnu comme un métier. Être AED n'est plus un job d'étudiant."  

Les missions se sont petit à petit ajoutées les unes aux autres. Aujourd'hui, on aimerait être reconnus et plus considérés comme des pions....

Tiffany, AED dans un collège de Crest (Drôme)

Avec le temps explique la jeune femme, les tâches se sont multipliées, "les missions se sont intensifiées". "Autrefois, le métier était basé sur de la surveillance, en salle de permanence, à la récréation ou au self. Aujourd'hui, on fait aussi l'appel, on fait du secrétariat, de l'aide aux devoirs. On est référent de classe, on est en lien avec les professeurs et parfois on remplace l'infirmière," énumère Tiffany. Une multitude de tâches dans une semaine de travail de 43 heures.
Avec la crise sanitaire, la mission des AED s'est encore alourdie. A ces personnels incombe aussi la surveillance du respect des gestes barrières avec "un protocole sanitaire impossible à mettre en place", selon elle. Avec la crise sanitaire, les AED ont été particulièrement sollicités. "Les AED sont en première ligne. Ils l'ont été pendant le confinement avec la surveillance des enfants des soignants," souligne-t-elle. Mais ce personnel n'a pas reçu de prime Covid, déplore Tiffany.

Pour ces personnels en colère, la reconnaissance passe par la titularisation mais aussi  par une revalorisation de salaire. Les AED, qui effectuent 43 heures de travail hebdomadaire, sont payés 1200 euros par mois. Leur salaire est annualisé : un SMIC sur la base de 35 heures par semaine.  Enfin, les AED réclament aussi des embauches. "Dans mon collège, nous sommes 6 AED pour 650 élèves," explique Tiffany. "En moyenne les AED ont en charge 110 à 120 élèves. On est loin des 80 élèves évoqués officiellement!"

Dans la Drôme, le Collectif AED du 26 a appellé l'ensemble des AED à se mobiliser et à se mettre en grève ce mardi 1er décembre. Un rassemblement est prévu en début d'après-midi à Valence, devant la cité scolaire Camille Vernet, puis devant le collège Paul Valéry. Le cortège doit ensuite se rendre devant la DSDEN où un rendez-vous est prévu avec les autorités académiques. Une centaine d'AED devraient répondre à l'appel dans le département de la Drôme. 
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