Drôme : le maire d'Erôme se bat et campe sur le terrain d'une future centrale à énergie solaire

le maire d'Erôme (Drôme) occupe le terrain d'une future centrale solaire photovoltaïque de la CNR sur sa commune. / © B. Métral / FTV
le maire d'Erôme (Drôme) occupe le terrain d'une future centrale solaire photovoltaïque de la CNR sur sa commune. / © B. Métral / FTV

Le maire d'Erôme (Drôme) a installé un matelas dans son fourgon et campe sur le terrain d'un futur parc photovoltaïque. Il conteste le permis de construire et attend que son dossier soit jugé au tribunal administratif. La CNR, porteur du projet, se dit ouvert au dialogue.

Par Renaud Gardette

Avec quelques habitants et son conseil municipal, le maire d'Erôme (Drôme) Dominique Genin est entré en résistance contre un projet de parc à énergie solaire sur sa commune. Depuis le jeudi 10 octobre, il campe sur les lieux dans une camionette noire équipée d'un matelas à l'intérieur pour dormir, et d'un ordinateur portable pour continuer à gérer ses affaires. 

Dominique Génin: "Le problème, c'est que la zone de 7 ha est concédée depuis 40 ans à la CNR, mais il devrait y avoir des centaines d'emplois et des dizaines d'industries ici. Le terrain n'a pas connu le développement qu'il aurait dû connaître à cause de la CNR. Nous n'étions pas opposés sur le principe au projet (de centrale photovoltaïque), mais nous sommes opposés aux conditions dans lesquelles il est développé." 

La Compagnie Nationale du Rhône prévoit d'installer un parc photovoltaïque sur les berges du Rhône. Le terrain est une ancienne zone artisanale à 500 mètres du village, propriété de l'Etat mais concédé à la CNR depuis 40 ans. Jamais exploité depuis, la nature a repris ses droits avec une forêt de 500 pins, dont une centaine sont sur sa commune. L'élu local reproche à la compangie de ne pas avoir fait mention de cette forêt dans sa demande de permis de construire, de même que la destruction d'une butte qui protégerait les lieux d'une éventuelle inondation.
 

Une forêt de pins sacrifiée ?


Le maire d'Erôme met en avant la zone boisée qui devrait être rasée pour faire place aux panneaux solaires. Pour l'instant, rien n'interdit leur arrachage. Mais le maire affirme que cela n'était pas prévu dans le permis de construire. "Si on s'agrippe aux arbres il va falloir que les arbres nous tombent dessus" prévient-il.

Pour Nicolas Gay, référent énergies renouvelables à la CNR: "Il ne s'agit en aucune manière d'une forêt mais d'une plantation de pins, qui ne sont que des arbres d'agrément. On n'est pas du tout sur une forêt naturelle. L'étude d'impact est sans ambiguïté sur son caractère sans enjeux pour la biodiversité." 
  
La CNR se déclare ouverte au dialogue, et à la disposition du maire de la commune pour trouver une solution.
 

La procédure est-elle encore modifiable ?


Un conflit oppose maintenant l'avocat de la mairie et la Préfecture avec la CNR, sur la possibilité de faire annuler la procédure. Le maire souhaite surtout amener le permis de construire au tribunal administratif, pour tenter de faire annuler le projet. 

Les travaux devaient démarrer la semaine prochaine, et la base de vie a été installée. Mais personne ne peut dire pour l'instant si les panneaux solaires seront bien installés, ou pas?

Nicolas Gay, porteur du projet, insiste: "La CNR comprend mal la position du maire d'Erôme, qui est acteur du projet depuis le début. Il était concerté et associé. La transparence était totale, de l'étude d'impact aux aspects techniques. Il n'y a aucune découverte.

 

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