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Drôme : un salarié d'Amazon licencié pour avoir soutenu les “gilets jaunes” contre son entreprise

Le 22 novembre 2018, des "gilets jaunes" ont bloqué l’accès des plateformes des sociétés Amazon, Schneider et Easydis à Montélimar. / © Françoise Valentin / Maxppp
Le 22 novembre 2018, des "gilets jaunes" ont bloqué l’accès des plateformes des sociétés Amazon, Schneider et Easydis à Montélimar. / © Françoise Valentin / Maxppp

"Bravo à tous pour le blocage d'Amazon". Pour avoir publiquement soutenu une action de blocage de son lieu de travail par des "gilets jaunes" sur Facebook, un salarié d'Amazon Montélimar (Drôme) a été licencié. Il conteste avoir dénigré son entreprise.

 

Par Mathieu Boudet

Un salarié d'Amazon dans la Drôme a été licencié pour "faute grave", après avoir soutenu une action de blocage de son lieu de travail par des "gilets jaunes", a-t-on appris de sources concordantes confirmant une information de France Bleu.

 

Il revendiquait un "Black out friday"


Dans son courrier de licenciement, le groupe reproche à cet employé de la plate-forme logistique de Montélimar des propos "d'une singulière gravité" tenus le 22 novembre sur Facebook. Dans son post sur le réseau social, le salarié remerciait les personnes ayant participé au blocage du site, dont il se disait "content" : 

"Bravo à tous pour le blocage d'Amazon. Qu'est ce que j'étais content d'être bloqué en sortant du boulot. Franchement vous gérez, les gens, ne lâchez rien, un seul mot d'ordre, vendredi va être un Black Out Friday, ne lâchez rien je me joins à vous quand je ne travaille pas... Bloquez tout", écrivait-il selon nos confrères de France Bleu et de l'AFP, alors qu'Amazon est l'une des enseignes les plus bénéficiaires durant les soldes du "Black Friday".

 

Un "manque de loyauté"


"Votre comportement est en opposition totale aux valeurs de l'entreprise et vos propos (...) constituent un manquement grave à votre obligation de loyauté", lui reproche son employeur en s'appuyant sur l'article L1222-1 du Code du Travail, relatif à la "bonne foi" du salarié. Lors de l'entretien préalable à la sanction, le salarié a fait valoir qu'il voulait "remercier le mouvement des gilets jaunes sans demander explicitement de bloquer (son) entreprise" et que ses propos sur le "Black Out Friday" ne visaient pas Amazon en particulier mais "toutes les entreprises de Montélimar".

 

A-t-il "dénigré" son entreprise ?

           
Le groupe y a vu au contraire une "envie manifeste de (le) dénigrer et de (lui) porter préjudice". Le salarié va contester cette décision devant les Prud'hommes, selon la CGT qui a appelé à la grève le 5 février. Pour Guillaume Reynaud, représentant du syndicat à Montélimar, "pour nuire à son entreprise, il faut appeler ou participer au blocage, lui n'a fait que le soutenir après coup". "Ici, la moitié des gens veulent bloquer Amazon de toutes façons car le groupe traite mal ses employés et ne paie pas ses impôts en France."
Interrogé jeudi, le groupe a répondu que "comme dans n'importe quelle entreprise, les collaborateurs d'Amazon sont libres de participer ou d'exprimer leur soutien à un mouvement, quel qu'il soit, dans le respect des obligations qui lient tout salarié à son employeur", ajoutant qu'Amazon "encourage la diversité des points de vue".
           
 

5 employés mis en cause



Fin décembre, 5 employés d'Amazon à Montélimar avaient reçu des convocations pour des entretiens disciplinaires après avoir soutenu les "gilets jaunes" qui bloquaient l'accès au site. Parmi ces salariés, selon France Bleu, une n'a pas pu se rendre à l'entretien, deux ont été convoqués mais n'ont pas été licenciés, et le sort du dernier employé n'est pas connu à cette heure. Selon France Bleu, parmi les autres employés convoqués, un avait partagé sur son profil "un appel explicite d'une page gilet jaune à bloquer Amazon". Il n'a pas été licencié. 

Dans le Nord de la France, deux salariés du groupe ont déjà été licenciés en janvier en marge du mouvement des "gilets jaunes".
 

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