Haute-Loire : des agriculteurs face aux dégâts du rat taupier

Le département de la Haute-Loire est touché par la prolifération des rats taupiers, aussi appelé campagnol terrestre. Un rongeur dont la population se multiplie très vite. La lutte est inégale, les agriculteurs des zones les plus touchées sont débordés. C'est le cas, ce printemps, dans le Mézenc.

La prolifération des rats taupiers en Haute-Loire met en difficulté de nombreux agriculteurs.
La prolifération des rats taupiers en Haute-Loire met en difficulté de nombreux agriculteurs. © J.Teiller/FTV

Sur ces terres d'altitude, au sud-est de la Haute-Loire, Mickaël Ribes, éleveur bovin sur l'AOC Fin gras du Mézenc, mène une lutte sans fin. Tous les quatre jours, il parcourt ses champs, pour le même rituel : chercher les galeries de rats taupiers pour tenter de les éliminer. Envahies de rats taupiers à l'automne, ses prairies ont, ce printemps, des allures de paysages lunaires.

L'herbe n'a pas repoussé, et elle va vite manquer pour nourrir ses 120 vaches et leurs veaux. « Le rat, le problème, c’est qu’il mange toutes les racines des plantes, les meilleures en plus. Après, même dans les parcelles moins dégradées, il y a un rendement qui est amoindri et une qualité qui est amoindrie. Il manque des espèces florales et on va récolter de la terre dans le fourrage », dénonce Mickaël Ribes.

Trouver des solutions durables pour l'éradiquer

Pour combattre ces rongeurs qui se multiplient très vite, jusqu'à 1 000 par hectare, Mickael Ribes utilise le Ratron, du blé enrobé de phosphure de zinc, qui provoque l'asphyxie des rats, malgré les incertitudes sur ses effets à long terme. David Chamard élu Confédération paysanne à la Chambre d'agriculture de Haute-Loire et agriculteur en bio, ne peut pas utiliser le produit.

Lui, plaide pour des solutions naturelles : « Il y a des prédateurs, on le sait. Un renard peut manger entre 6 000 et 8 000 rats par an, apparemment. Il faut réimplanter des haies pour qu’il y ait une flore et une faune de prédateurs qui se redéveloppe, il y a plein d’alternatives à étudier. » Face à cet ennemi sous terrain, qui connait des pics récurrents, le monde agricole va devoir s'entraider, pour tenter d'imaginer des solutions durables.

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