INSOLITE. En Haute-Loire, une forêt comestible sort de terre

A Retournac (Haute-Loire), les premiers arbres de la forêt comestible ont été plantés. / © LabMadeleine
A Retournac (Haute-Loire), les premiers arbres de la forêt comestible ont été plantés. / © LabMadeleine

Les premiers arbres d'une future "forêt comestible" ont été plantés à Retournac (Haute-Loire) le 18 novembre. L'objectif à long terme du "LabMadeleine" : une forêt remplie d'arbustes et d'arbres fruitiers, qui s'autogère et fait la part-belle à la faune locale.

Par Solenne Barlot

A Retournac, en Haute-Loire, "un verger qui s'autogère" voit le jour. Le LabMadeleine est un projet qui murit depuis plusieurs années, comme un arbre fruitier. "On a hérité d'un terrain qui appartenait à notre grand-père. Plutôt que de le laisser en jachère, on a décidé de développer un projet d'agriculture alternative, et on a eu l'idée de cette forêt comestible", explique Simon, ingénieur en écologie, à l'initiative du projet avec sa sœur Chloé, architecte.

Sur l'hectare de terrain qu'ils possèdent, 3000m² seront consacrés à une forêt comestible entièrement composée d'arbres et d'arbustes fruitiers, de plantes aromatiques et d'arbres mellifères. Les variétés ont été choisies en fonction du territoire, mais aussi dans la perspective du réchauffement climatique, d'après Simon : "On part du principe que d'ici 5 à 10 ans on aura d'autres variétés de fruits. On a gardé les fruits qui poussent classiquement ici mais on a ajouté des arbres et arbustes plus atypiques pour la région comme le citronnier épineux ou le grenadier."

Une forêt autogérée

Une cinquantaine d'arbres et d'arbustes ont été plantés, mais ces plantations ont nécessité un aménagement du terrain en amont : "Il y a eu d'abord une phase de débroussaillage, puis des travaux de terrassement, et la mise en place d'un système de rétention d'eau pour éviter d'avoir des déficits en été. Nous avons tout fait nous-même avec Chloé et nos compagnons respectifs, sur notre temps libre. Il a fallu surtout bien réfléchir à tous les aspects du projet", raconte Simon.

En effet, pour garantir que la forêt pourra s'auto gérer, chaque plantation est pensée : " On a réfléchi à la position de chaque arbre et chaque arbuste en fonction de ses propriétés et de ce qu'il peut apporter aux autres, par exemple un arbuste qui a besoin d'ombre sous un grand arbre, ou une plante qui enrichit le sol en surface à côté d'une autre plantation qui en a besoin". La production se veut verticale : pour le LabMadeleine, pas question de planter les arbres côte à côte comme dans un verger traditionnel, l'espace est rentabilisé et les variétés se mélangent.

Favoriser la biodiversité

Prochaine étape pour le quatuor altiligérien, implanter sur le site un rucher écologique, et récolter du miel à l'horizon 2020. La démarche se veut respectueuse de la faune, avec l'installation parallèle d'hôtels à insectes et de nichoirs à oiseaux. Mais la forêt accueillera aussi d'autres visiteurs un peu plus envahissants, comme des sangliers ou des chevreuils : "L'objectif c'est de cohabiter avec la faune et pas de l'empêcher de venir, alors on va devoir s'adapter en protégeant certains buissons ou en implantant des plantes épineuses autour des arbustes sensibles", explique Simon.

Selon lui le voisinage accueille le projet avec bienveillance et curiosité : " On a beaucoup de messages de gens qui se posent des questions ou qui aimeraient bien faire des choses similaires et qui veulent des conseils, c'est aussi ça l'objectif". A terme, le LabMadeleine devrait accueillir des ateliers et des dégustations de produits de la forêt.

Une campagne de financement participatif a débuté mi-novembre.

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