“J’avais une confiance aveugle en ce club” : le Puy Foot furieux contre Rennes pour une histoire de recette

Un match presque parfait. Après la rencontre de Coupe de France de ce jeudi 29 février, opposant le Puy Foot au Stade Rennais, le club breton a décidé de garder une partie des recettes avec lui. Au grand dam du club auvergnat.

À l'issue de ce quart de finale de Coupe de France, ce jeudi 29 février, Rennes est reparti avec la qualification … et une partie des recettes. Généralement, il est d’usage qu’un club professionnel lègue une partie de ses recettes aux clubs amateurs qu’il rencontre. Rennes n’a pas dû être au fait de cette “tradition” au grand dam des Ponots. Sur les 100 000 euros qui reviennent aux clubs visiteurs, le Stade Rennais choisit de prendre 55 000 euros pour ses “dépenses de déplacement”. Agacé, le directeur financier du club de Haute-Loire, Philippe Thiébault, poste, quelques heures après le match, sur son compte Facebook un message cinglant : "Quelle belle soirée de football dans ce stade mythique terni néanmoins par le choix de Rennes de pendre 55 000€ sur la part qui leur ait dû sur la recette billetterie. Fier de nous et de vous tous qui nous avaient encouragés. Tellement déçu que le meilleur club de ligue 1 actuellement se rabaisse à ça. Pour information, M.PINAULT, votre club a encaissé 370 000€ de dotation de la FFF depuis le début de la compétition avec la victoire de ce soir. Faire ça à un club amateur qui n’a pas eu le droit de jouer chez lui, pas très sympa"

Une tradition entre clubs pros et amateurs

Christophe Gauthier, le président du Puy Foot, se dit “stupéfait” par cette décision. “J’avais une confiance aveugle en ce club professionnel évoluant en Europa League, déplore-t-il. Avec 100 millions d’euros de budget, j’étais convaincu qu’il n’allait pas faire obstacle à la tradition”. Cette somme au cœur du litige, c’est 55 000 euros. Soit 5% du budget du club auvergnat, selon Christophe Gauthier. “À titre de comparaison, cela ne représente que 0.01% de celui du Stade Rennais”, souligne-t-il. Un montant non négligeable pour le Petit Poucet. D’autant plus que le club amateur a déboursé 180 000 euros pour accueillir le Stade Rennais parce que le stade du Puy ne pouvait accueillir cette rencontre. 

Couvrir des “dépenses de déplacement”

Pourtant, comme toute tradition, rien n’oblige le Stade Rennais à céder une part des recettes. “En effet, rien n’était écrit et stipulé, avoue le président du club auvergnat. Mais c‘est plus qu’une tradition et ils devraient le savoir”. Incompréhension du côté du Stade Rennais. Il rétorque. Voici le communiqué publié ce jeudi 1 mars par le club :  C’est avec stupéfaction et une totale incompréhension que le Stade Rennais F.C. a pris connaissance des déclarations de membres de la direction du Puy Foot 43. Soutenant le football amateur, le SRFC, comme il l’avait déjà fait au tour précédent avec le FC Sochaux (lequel l’avait chaleureusement remercié), a une nouvelle fois reversé sa part de la recette du match de coupe de France au Puy Foot 43, ne gardant qu’une somme couvrant strictement les dépenses de son déplacement à St-Etienne. Ce geste amical nous semblait pouvoir être salué. Mais ce n’est pas le cas. Cela nous semble d’autant plus regrettable que les dirigeants auvergnats n’ont pas jugé opportun d’accueillir leurs homologues rennais comme le veut la tradition. De même, le SRFC regrette les dégradations à l’encontre des véhicules de ses supporters constatées à l’issue du match. De Stade Rennais F.C. tient malgré tout à saluer le parcours sportif du Puy Foot 43 porté par son entraîneur Stéphane Dief et souhaite à son valeureux adversaire d’hier soir d’accéder au championnat National à l’issue de la saison".

“Je crois en un retour à la normale”

Le président du club laisse aux Rennais le bénéfice du doute : “Dans l’histoire de la Coupe de France, ça a dû arriver mais très peu de fois et pas avec des Petits Poucets. Je suis certain que cette décision n’a pas été réfléchie. Le Stade Rennais et son président vont certainement regarder la chose différemment. Je crois en un retour à la normale”. 

Sur le terrain, la fête était pourtant belle pour les deux clubs. Surtout pour le Puy Foot qui disputait le premier quart de finale de son histoire.