Soupçons de favoritisme à la mairie du Puy-en-Velay : le maire Michel Chapuis en garde à vue

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Écrit par Solenne Barlot avec AFP

Le maire du Puy-en-Velay Michel Chapuis était en garde à vue mercredi 22 juin dans le cadre des soupçons de favoritisme sur les marchés publics de la halle du marché. Le Parquet National Financier est chargé de l’enquête.

Le maire du Puy-en-Velay Michel Chapuis était en garde à vue à la gendarmerie du Puy ce mercredi 22 juin. Il était entendu dans le cadre d’une enquête du Parquet National Financier. La mairie est soupçonnée de favoritisme dans l’attribution des marchés publics de la halle du marché. La garde à vue a été levée, indique le PNF : " Le marie du Puy-en-Velay a été placé en garde à vue mercredi et auditionné sur des faits de favoritisme. Cette dernière a été levée hier soir. L’enquête se poursuit en préliminaire." Contacté, Michel Chapuis n'a pas souhaité faire de commentaire.

Une nouvelle série d'auditions de fonctionnaires territoriaux et d'élus du Puy-en-Velay (Haute-Loire) a débuté lundi 20 juin dans l'enquête sur l'attribution de ce marché public controversé par cette municipalité dirigée par un proche de Laurent Wauquiez. Trois élus, dont l'adjoint au commerce du précédent mandat municipal, Yves Devèze, et l'actuel adjoint aux sports, Guy Chouvet, ainsi qu'un maire de la communauté d'agglomération du Puy-en-Velay et président de son abattoir, Gérard Gros, ont été entendus "en qualité de témoins", a indiqué à l'AFP une source proche de l'enquête et un des élus auditionnés. Ces nouvelles auditions, qui se poursuivront dans les prochains jours, avaient démarré lundi par celles de fonctionnaires territoriaux employés par la ville et l'agglomération du Puy-en-Velay. 

Une enquête du parquet financier

Le maire du Puy-en-Velay, Michel Chapuis (UDI) a succédé à Laurent Wauquiez en cours de mandat début 2016 lorsque ce dernier a été élu président de la région Auvergne Rhône-Alpes. Après une plainte contre X déposée en février, le PNF (parquet national financier) a ouvert une enquête concernant des soupçons de favoritisme dans l'attribution de la gestion de la future halle du marché couvert du centre-ville, un marché public valorisé à huit millions d'euros pour dix ans. Un des deux candidats, Alexis Haon, à l'origine de cette plainte et ancien opposant politique de M. Wauquiez, avait affirmé à l'AFP "avoir été délibérément désavantagé pendant la procédure".

Des écoutes

Dans les extraits d'enregistrements publiés en avril par le site Médiacités, une employée du Pôle économie de proximité désignait M. Haon comme "le gars (...) qui doit pas être retenu parce que Wauquiez en veut pas". D'après ces enregistrements, Michel Chapuis, informé des risques de contentieux pesant sur cette attribution de marché, aurait déclaré: "Je m'en fous du contentieux". Ce dernier a depuis saisi le procureur de la République du Puy-en-Velay pour savoir qui a placé des micros, affirmant que "ceux qui ont eu connaissance des enregistrements, qui les détiennent et qui les ont communiqués" ont commis une faute pénale, évoquant "des écoutes qui durent longtemps, réalisées dans le cadre professionnel et privé". Ces enregistrements font aussi l'objet d'une enquête pour "atteinte à l'intimité de la vie privée". Cette enquête a été ouverte par le parquet du Puy après une plainte de deux employés municipaux, dont des conversations ont été enregistrées à leur insu, ainsi que du maire, Michel Chapuis (UDI), et du président de la communauté d'agglomération, Michel Joubert. "Elle doit déterminer les conditions des enregistrements, afin de savoir s'ils ont été réalisés par un dispositif régulier, et vérifier s'il s'agit de propos caractéristiques d'une atteinte à la vie privée", a déclaré à l'AFP le procureur de la République au Puy-en-Velay, Nicolas Rigot-Muller.