Une association de Haute-Loire intervient en Haïti : "On soigne des gens qui n’ont pas reçu de soins depuis le 14 août"

Après le séisme qui a frappé Haïti le 14 août, l’aide humanitaire peine à arriver. Une association notamment basée en Haute-Loire, AAIP, a envoyé une première équipe pour venir en aide à la population.
Les humanitaires de l'association AAIP apportent des solutions pour obtenir de l'eau potable à Maniche, en Haïti.
Les humanitaires de l'association AAIP apportent des solutions pour obtenir de l'eau potable à Maniche, en Haïti. © AAIP

Le 14 août dernier, un séisme a frappé l’île d’Haïti. Le décompte des autorités fait état de plus de 2 207 morts, 344 personnes disparues et 12 268 blessés. Près de 600 000 personnes ont été directement affectées par le tremblement de terre de magnitude 7,2 et ont besoin d’une assistance d’urgence. Mais l’aide humanitaire et les moyens techniques pour mener des recherches arrivent difficilement jusqu’aux sinistrés les plus isolés. Depuis le 21 août, AAIP, (Aides actions internationales pompiers) une association humanitaire basée en Haute-Loire, en Ardèche et dans la Drôme, a envoyé une équipe. Claude Lett, président de l’association, supervise les opérations depuis Saint-Georges-Lagricol, en Haute-Loire. Il raconte : « Un collectif a été créé avec deux autres associations pour mener cette mission. On travaille avec une association de Limoges qui est tournée vers la potabilisation de l’eau. On assure toute la partie sanitaire, avec des médecins et des infirmiers. Une troisième structure gère davantage le risque bâtimentaire mais est aussi polyvalente. En tout, pour cette première vague, dix personnes sont parties : deux médecins, trois infirmiers, cinq responsables logistiques. Pour AAIP, un binôme médical et un logisticien sont partis ».

Plusieurs priorités

Le travail sur place ne manque pas : « Ils assurent des missions de soins, pour apporter de l’eau potable dans les deux sites où nous sommes. Un groupe est à Maniche et un autre est à Dorcy. Les équipes sont effectives sur le terrain depuis trois jours. Elles soignent 80 à 90 personnes tous les jours. Il y a beaucoup de plaies qui se sont infectées à soigner, des fractures non prises en charges. Les gens viennent d’assez loin. On met aussi en place des unités de potabilisation pour réalimenter la population en eau potable ». Les soins sont prodigués à des personnes qui n’ont pas été soignées depuis plus d’une semaine. Claude Lett précise : « On soigne des gens qui n’ont pas reçu de soins depuis le 14 août. On a eu un message ce matin nous rapportant qu’ils avaient vu arriver deux personnes avec des membres fracturés ; elles n’avaient pas été soignées depuis le séisme ».
 

Les bénévoles d'AIPP sont notamment présents au centre de soins de Dory.
Les bénévoles d'AIPP sont notamment présents au centre de soins de Dory. © AIPP

Une association née en 2007

Née en 2007, AIPP est une association habituée à ce genre d'interventions : « Nous avons été présents notamment en Indonésie, en Haïti, en Algérie. L’association est bien rodée à ce genre de missions lors de tremblements de terre ». L’association compte 60 membres, à travers toute la France : « On a des spécialistes de la potabilisation de l’eau, des chauffeurs routiers, des infirmiers, des sages-femmes. On est tous des bénévoles. Tout le monde négocie avec son patron, prend sur son temps libre pour assurer les missions ». Claude Lett souligne : « On prévoit une nouvelle mission en septembre, avec sans doute des personnes de Haute-Loire qui partiront. Ca nous paraît évident qu’il faudra envoyer une nouvelle équipe. Mais ce sont les membres qui sont sur le terrain qui nous donneront une réponse d’ici 24 à 48 heures. On a commencé à anticiper les réservations d’avions car c’est une période très chargée et les prix des billets d’avions ont flambé ».

Le problème du financement

Mais le coût financier est difficile à supporter par l’association. Le président confie : « La mission doit durer jusqu’au 2 septembre. On attend de recueillir des informations. On va alors décider si on doit préparer des gens pour une nouvelle mission. Ici, on a un gros problème de dons : c’est la première fois que l’on voit ça. On est inquiets financièrement pour la suite des événements ». Pour faire un don, vous pouvez aller sur le site Internet de l’association ou envoyer un chèque à Claude Lett, Le Bourg, 43 500 Saint-Georges-Lagricol.

                   

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