"Une idée qu’on avait eue il y a 30 ans" : Le mont Mézenc pourrait rejoindre la liste restreinte des "Grands sites de France"

Le mont Mézenc pourrait rejoindre le puy Mary et la Chaîne des puys parmi les grands sites de France. Le site, en Haute-Loire, est associé avec le mont Gerbier de Jonc, situé en Ardèche, dans le cadre de cette candidature. Le fruit de cette collaboration interdépartementale pourrait voir le jour d’ici 2025.

Deux monts, deux départements, pour un même label et une même reconnaissance. Au nord, le mont Mézenc, en Haute-Loire et ses quelque 70 000 visiteurs annuels. Et au sud, l’Ardéchois, le Gerbier de Jonc gravi chaque année par plus de 300 000 personnes. Deux symboles qui seront peut-être réunis bientôt sous la distinction "Grand site de France". Ils rejoindraient alors les 21 existants aujourd'hui.

Une annonce qu'apprécient les randonneurs de la région."Grand site, pourquoi pas, ça évitera qu’on ait trop de choses qui se dégradent autour", exprime l'un. Une autre souligne le côté collaboratif de ce label. "C’est très bien parce qu’on est des départements limitrophes et ça permet qu’on se rassemble tous."

Ce projet commun à la Haute-Loire et à l'Ardèche vient tout juste d’être validé par le ministère de la Transition écologique et de la cohésion des territoires."On démarre quelque chose qui va peut-être nous dépasser [...] ça va être quelque chose, un travail de longue haleine", s'enthousiasme Philippe Delabre, vice-président du Conseil départemental de la Haute-Loire. "C'était la première étape, la première porte à ouvrir. Elle est ouverte maintenant à nous, les élus du territoire, les forces vives du territoire, les associations, les socioprofessionnelles, les habitants, tous ensemble, de travailler" pour l'obtention du label.

Une candidature avec des arguments gastronomiques

Sandrine Genest, vice-présidente du Conseil départemental de l'Ardèche, rappelle que la candidature a été faite afin de marquer "l’identité de notre montagne ardéchoise et altiligérienne". Désormais, "ce sont les limites, jusqu’où on va ? Est-ce qu’on va jusqu’au lac d’Issarlès ou pas ? Côté Haute-Loire jusqu’où on va ? Ce sont ces questions-là qui sont en débat.

En plus de ses atouts géographiques, la candidature peut aussi compter sur ses attraits culinaires. En Haut-Loire, lors de la foire aux Estables, la viande "le fin gras de Mézenc" est à l'honneur. Une appellation d'origine contrôlée obtenue dans les années 90. Une époque correspondant aux prémices de la candidature "Grand site de France".

Philippe Delabre raconte. "Ce lancement de cette labellisation grand site est issu d'une idée qu’on avait eue il y a 30 ans. On avait réalisé une association des élus du Mézenc, Ardèche/Haute-Loire, qui a vu l’aboutissement du "fin gras de Mézenc", de sentiers touristiques etc. Aujourd'hui, on passe dans les marches un petit peu supérieures, pour essayer de travailler en collaboration avec nos deux départements.

Ce qu'on ne veut surtout pas, c'est mettre notre territoire sous cloche

Philippe Delabre

Vice-Président du conseil départemental de la Haute-Loire

L'élu altiligérien espère que le label permettra de dynamiser le territoire tout en le préservant. "Ce qu'on ne veut surtout pas, c'est mettre notre territoire sous cloche, c'est-à-dire qu'on ne puisse plus rien n'y faire avec les éleveurs, qu'on ne puisse plus développer l'activité économique liée au tourisme. On veut vraiment profiter des paysages ont été dessinés par nos éleveurs et nos agriculteurs, nos paysans [...] Il faut qu'on les conserve, tels qu'ils sont, sans mettre de contraintes complémentaires notamment."

Sandrine Genest abonde dans ce sens et précise : "Le site est magnifique et il faut qu'on puisse donner aux générations futures un site d'une aussi belle qualité, même en l'améliorant, c'est ça préserver un site".

Le mont Mézenc sera donc peut-être le troisième site de France labellisé en Auvergne, après la Chaîne des puys et le puy Mary, tous les deux visibles depuis son sommet. Autre caractéristique de ce mont, la possibilité de contempler pas moins d'une douzaine de départements. Un plan d'action doit être validé en 2025, avant le dépôt de la candidature.