Soigner les corps et les âmes grâce aux animaux, c'est le métier de Jean-Yves Joubert. Zoothérapeute depuis 2019, cet habitant de la Haute-Loire nous fait découvrir les coulisses de son travail peu commun.

C'est une équipe de choc que l'on peut voir déambuler dans les couloirs de plusieurs EHPAD et structures d'accueil pour personnes handicapées de la Haute-Loire. Des chiens, un chat, une poule, un coq, un lapin nain, mais aussi un chinchilla, ou encore un cochon d’Inde, sans oublier des colombes. À la tête de cette troupe, Jean-Yves Joubert est zoothérapeute. Il prodigue des soins à ses patients, à l'aide de ses animaux.

Des animaux éduqués, et manipulés depuis toujours, explique Jean-Yves :« je les ai pris jeunes, ils sont habitués depuis le début à ce que je les caresse et leur donne à manger à la main ». Une véritable passion qui ne date pas d’hier. « J’ai toujours été un passionné d’animaux. Depuis tout petit, j’en ai toujours eu à la maison ». Travailler avec ses compagnons à poils et à plumes, Jean-Yves en a toujours eu envie, mais il a finalement opté pour une carrière dans la plasturgie, qui a duré 23 ans.

Et puis il y a quelques années, une fois les enfants grands et la maison payée, Jean-Yves a franchi le cap vers sa seconde vie. Il s’est d’abord formé comme veilleur de nuit dans un foyer de vie pour personnes handicapées. C’est pendant cette période que Jean-Yves a pris la pleine mesure de l’impact positif des animaux sur les résidents, tout ça grâce à son chien, Orus, qui l’accompagnait parfois au travail : « J’ai vu que sa présence apportait beaucoup de choses aux résidents. Ils étaient plus heureux, plus apaisés ».

 À la suite de cette expérience, Jean-Yves a suivi une formation en zoothérapie en 2019. Une fois son diplôme en poche, il a commencé à intervenir dans différentes structures, jusqu’à ce que le Covid vienne mettre un coup de frein à son activité naissante. Une pause forcée mais pas définitive, bien au contraire, car les portes se sont rouvertes depuis la fin de la pandémie, et le succès est au rendez-vous : « Je reçois un nombre de demandes phénoménal de la part de nombreuses structures », confie Jean-Yves.

« Il faut aimer les animaux et les humains pour faire ce métier »

Dans le milieu du handicap, le simple contact avec les animaux entraîne beaucoup de bienfaits, par exemple au niveau de la motricité. Des personnes qui ont du mal à se servir de leurs mains, réaprennent le toucher en caressant le chinchilla, d'autres réaprennent la marche en promenant les chiens à travers un parcours spécialement tracé par Jean-Yves.

Il fait même appel à ses colombes pour stimuler les résidants des structures,  en leur posant une colombe sur le bras,et en leur demandant de faire un parcours avec des petits exercices comme des cerceaux ou des slaloms : « Ces personnes, qui peinaient à marcher auparavant, sont tellement occupés à faire attention à la colombe, qu’elles en oublient l’effort de la marche », constate-t-il.

Le contact avec les bêtes permet aussi de travailler sur les peurs des résidents. Jean-Yves se souvient d'un jeune homme qui avait la phobie des chiens, au point de se mettre en danger : « Avant, il pouvait croiser un chien dans la rue et se retrouver sur la route au milieu des voitures pour l'éviter, tellement il avait peur. Et maintenant, après deux ans de travail, il peut tenir un chien en laisse et même le caresser. Ce sont des progrès formidables ».

Des bienfaits similaires sont observés à la maison d'arrêt du Puy-en-Velay, où Jean-Yves intervient avec ses compagnons. Durant les visites auprès des détenus, il échange avec eux sur les animaux : « Beaucoup me disent qu'ils ont eux aussi un chien, donc on parle de ça et on essaie de faire oublier les barreaux pendant un petit moment.Ça les apaise ».

Une des autres activités de la troupe de Jean-Yves, c'est aller dans les EHPAD, où beaucoup de personnes âgées ont dû laisser leur animal de compagnie avant d'entrer. Voir les animaux fait alors remonter beaucoup de souvenirs. Là aussi, le but est d'apporter un peu de bonheur et de réconfort aux pensionnaires, de « gagner un sourire sur un visage », comme dit Jean-Yves.

Il se remémore en particulier une vieille dame qui, en aperçevant son berger allemand, le fidèle Orus, a raconté avec émotion qu'elle avait eu un chien de la même race quand elle était enfant, et que les Allemands l'avaient tué sous ses yeux pendant la Seconde Guerre mondiale : « Ce qui était impressionant avec cette dame, c'est que l'infirmière qui s'occupe d'elle m'a dit par la suite que d'habitude elle ne parlait jamais ». 

Autant de souvenirs marquant pour Jean-Yves, qui trouve là l'essence même de son activité, car, comme il le dit si bien, « il faut aimer les animaux et les humains » pour faire ce métier.

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