Haute-Savoie : à Sallanches, les salariés de Rossignol "vraiment inquiets" en raison de la suppression de 61 postes

Rossignol va supprimer  61 emplois sur 124 dans son usine à Sallanches. La direction assure que l'objectif n'est pas d'abandonner Sallanches mais "de lui donner une nouvelle vocation". Des arguments qui ne convainquent ni le maire de la commune ni les employés de l'usine, inquiets. 

Le fabricant d'équipements de sports d'hiver Rossignol va supprimer 92 emplois en France dont 61 à Sallanches
Le fabricant d'équipements de sports d'hiver Rossignol va supprimer 92 emplois en France dont 61 à Sallanches © Cécile Mathy / France Télévisions
"On est vraiment inquiets et on a des raisons de l'être je pense", déclare Cyrille, technicien à l'entreprise Rossignol-Dynastar à Sallanches. Le fabricant d'équipements de sports d'hiver va supprimer 92 emplois en France pour "redimensionner" son activité industrielle liée au marché du ski et s'adapter à son "évolution profonde".

Présenté lundi, le projet prévoit la suppression de 61 postes dans l'usine de fabrication de skis de Sallanches (Haute-Savoie), de 24 postes au siège du groupe basé à Saint-Jean-de-Moirans (Isère) et de 7 postes à Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs (Isère), où se situe sa plateforme logistique. Face à ces annonces, les salariés font grise-mine. 
 

Création de 15 emplois 

À cette réduction "douloureuse" des effectifs en France, qui devrait intervenir en 2021, sera associée la création de 15 emplois dans le secteur des services développés par le groupe: 9 postes à Sallanches, 5 à Saint-Jean-de-Moirans et un à Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs.

"Nous sommes dans une situation de marché très tendue avec une clientèle qui continue de skier mais qui loue davantage", a précisé à l'AFP Bruno Cercley, pointant des entrées de commandes inférieures de 25% par rapport à 2019. "Nous souhaitons protéger notre position sur notre marché principal : le ski. Il est très important que nous mutualisions nos frais pour favoriser un dispositif industriel compétitif. C'est aussi à ce prix que nous pourrons donner un avenir à nos usines en Europe", a-t-il ajouté. 
 

Changement de cap

Bruno Cercley rappelle que le groupe "continue d'investir chaque année en France pour améliorer sa pratique industrielle", à raison de "5 millions d'euros", et ajoute qu'il entend faire de l'usine de Sallanches"un centre spécialisé, avec des technologies innovantes". 

Mais quand la direction parle de changement de cap, les salariés l'entendent d'une autre manière : "Il va y avoir 61 personnes en moins, moins de surface, moins de production, beaucoup de choses en moins... Est-ce que c'est la nature d'une entreprise que de dire : "plus je réduis, mieux je me porte ?" Je n'en suis pas convaincu", déplore Cyrille. 

Quant au maire de la commune Georges Morand, il reste pessimiste. "Moi je n'y crois plus, avoue-t-il. On n'est pas capable de faire un moratoire ou de travailler avec l'état français pour dire "comment peut-on sauver cette entreprise ?" et sauver aussi la qualité de l'emploi parce que demain les gens qui ont ce savoir, on ne les retrouvera pas."

 

"Un important programme de réductions des dépenses et de frais fixes"

Le groupe a également annoncé lundi aux représentants du personnel "un important programme de réduction des dépenses et de frais fixes" comprenant notamment les déplacements, les salons ou encore "les coûts de fonctionnement en marketing". Au total, le projet annoncé par la direction permettra une économie "de 10 à 15 millions d'euros par an", estime Bruno Cercley.
 

Rossignol emploie à ce jour 1.310 personnes, dont 680 en France, et pilote trois autres sites industriels en Europe : à Artès (Espagne), qui produit également des skis, à Montebelluna (Italie), où sont fabriquées les chaussures et à Nevers, où sont assemblées les fixations.  

Le groupe, qui possède les marques de skis Rossignol et Dynastar, a développé ces dernières années des activités de textile, de VTT et de services aux stations de ski comme le balisage des pistes. En 2009, un plan social avait conduit à la suppression de 230 postes.

   
 
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