Le mont Blanc a perdu 91 centimètres en quatre ans et mesure désormais 4807,81 mètres

4.807,81 mètres c'est la hauteur exacte du mont Blanc, soit 91 centimètres de moins qu'il y a quatre ans. Cette mesure a été effectuée par des experts géomètres. Ils se sont rendus au sommet du massif pendant tout un week-end et via des capteurs et satellites ont mesuré la hauteur du mont Blanc.

Le mont Blanc a perdu près d'un mètre

4.807,81 mètres c'est la nouvelle mesure du mont Blanc dévoilée ce mercredi 29 septembre par des experts géomètres. Le sommet a perdu près de 91 centimètres en quatre ans. 

Lors de la dernière mesure, rendue publique il y a quatre ans, le mont Blanc mesurait 4.808,72 mètres, soit un centimètre de moins que deux ans auparavant. En effet, le toit de l’Europe avait été mesuré en 2015 à 4.808,73 mètres.

Dans ce même temps, les géomètres-experts ont révélé la mesure faite en 2019, gardée secrète jusqu'à présent. Il y a deux ans, le sommet du mont-Blanc culminait à 4.806 mètres, mais pour les géomètres-experts, cette donnée n’est pas significative." Cette mesure est hors du temps, elle n’est pas du tout significative par rapport aux années précédentes car il n’y a pas eu beaucoup d’enneigement à l’été 2019, elle est donc à prendre avec beaucoup de pincette."

Le mont Blanc retrouve désormais sa mesure historique : "En effet, il y a 20 ans, l’équipe de géomètres-experts annonçait la nouvelle altitude du mont Blanc, c’était une petite révolution, le fameux 4.807 des livres de géographie n’existait plus et laissait place aux 4.810 mètres," explique Cédric Daviet, le président de la chambre départementale des géomètres-experts de Haute-Savoie.

 

Des mesures effectuées depuis 20 ans

Depuis toujours la hauteur du plus haut sommet de l’Europe varie d’année en année. C’est pourquoi, depuis 20 ans, des géomètres-experts  missionnés par la chambre départementale des géomètres de Haute-Savoie ont entrepris de mesurer tous les deux ans la hauteur exacte de ce sommet.

 

 

Pour cela, ils se rendent en haut du mont Blanc et installent des capteurs et ensuite pendant plusieurs heures des mesures sont prises par des satellites. "On enlève la dernière couche de neige fraîche sur le sommet à peu près 40 à 50 centimètres, explique Jean des Garets géomètre expert en Haute-Savoie, et on mesure le point sommital de la glace. Puis, on mesure toute la calotte glaciaire au-dessus de 4.800 mètres pour déterminer le volume cumulé de glace et de neige au sommet. Il faut se rendre sur place pour des mesures aussi précises.

 

Un défi physique et scientifique

Au total, près de 27 personnes se sont rendues au sommet du mont Blanc pour effectuer ces mesures, des géomètres accompagnés de 7 guides de Haute-Montagne. « Le mont Blanc c’est 10 heures d’ascension, nous sommes partis le 16 avec 1.700 mètres de dénivelé positif. Monter le mont Blanc ça n’est pas anodin, c'est très physique et très sportif, il faut de l'entrainement. Nous avions des craintes météos mais nous avons eu un temps magnifique finalement. »

 

Collecter des données

Un suivi important pour les géomètres pour comprendre les évolutions liées au changement climatique même si ces géomètres ne sont pas là pour faire des interprétations. "Nous on accumule des données pour les générations futures, mais aujourd’hui on ne les interprète pas pour faire des annonces catastrophiques. Pour avoir des données fiables, il faut enregistrer des mesures quotidiennes pendant 50 ans," précise Jean des Garets. Au tour donc, des glaciologues et des climatologues d'interpréter ces données. 

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