UTMB 2019 : c'est parti pour 171 km de course et 10 000 mètres de dénivelé positif autour du Mont-Blanc

© Jordan Guéant / France 3 Alpes
© Jordan Guéant / France 3 Alpes

Ils ont pris le départ pour la course de leur vie. Les 2300 coureurs de l'UTMB arriveront à partir de samedi en début d'après-midi après 171 km de parcours autour du mythique Mont-Blanc. Une arrivée à suivre en direct sur le site de France 3 Auvergne-Rhône-Alpes (13h45).

Par France 3 Alpes avec AFP

Elle prend aux tripes, angoisse, sublime et met en vrac : plus de 2300 coureurs se jettent à corps perdu vendredi à Chamonix dans l'épreuve-phare de l'Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB) pour 171 kilomètres autour du plus haut sommet d'Europe.

De très bonnes chaussures, une lampe frontale, un sac à dos le plus léger possible, une balise de localisation, un mental à toutes épreuves et c'est parti pour l'UTMB, une boucle de 171 km dont 10 000 m de dénivelé positif, à travers trois pays (France, Suisse et Italie). 

Un parcours en semi-autonomie (points de ravitaillement), de jour et de nuit, au cours duquel il faut braver les éléments changeants de la montagne comme le froid, la pluie, la chaleur. Et à la manière du Tour de France cycliste, les sentiers sont bordés de centaines de spectateurs hurlant.
Les meilleurs, dont le Français Xavier Thévenard, dévaleront en 20 heures. Les amateurs - une communauté qui gagne du terrain depuis la création de l'UTMB en 2003, devront s'accomplir dans une limite fixée à 46h30. "C'est un rêve, un aboutissement. On dira ce qu'on voudra, on aime ou on n'aime pas mais quoiqu'il en soit, l'UTMB c'est quelque chose d'incontournable, c'est le rêve de tout coureur, comme un marathonien rêve de faire le marathon de New York. Un ultra-trailer, un beau jour, il faut qu'il fasse l'UTMB", explique à l'AFP Benoît Claraz, un prothésiste dentaire, qui pratique le trail depuis 6 ans et qui s'élancera pour la première vendredi à 18h00.

Le Montpelliérain est venu en famille pour vivre un moment exceptionnel "dans un monde à part". Stéphane Minguenaud est lui aussi accompagné de sa famille, sa femme et ses deux enfants, pour tenter de réaliser ses premiers 171 km autour du Mont-Blanc.

"Ma famille proche m'a dit: c'est n'importe quoi, c'est fou ! Mes amis m'ont sponsorisé et ont créé une page Facebook pour aller jusqu'au bout...", raconte cet ingénieur avant de s'arrêter, ému aux larmes en évoquant le soutien des siens. "Mon père va courir l'un des plus grands trails du monde, et je suis très fier de lui", souffle son fils aîné, Antoine, venu avec son papa retirer le précieux dossard, dans une salle gigantesque à l'émotion palpable, où des centaines de coureurs serpentent pour s'acquitter de toutes les formalités.  

Le défi de ce runner "lambda", qui court pour une association (A chacun son Everest), a un coût: environ 2000 euros, entre frais d'inscription et hébergement. "C'est un gros budget, ce n'est pas ouvert à tout le monde. Pour beaucoup c'est compliqué, c'est dommage ça devient commercial", glisse le Francilien, ultra motivé à l'idée de fouler le Mont-Blanc où des grands noms de l'alpinisme et de l'ultra-trail ont posé leurs pieds.
Il prendra d'ailleurs le départ avec l'un d'entre eux, Xavier Thévenard, un ultra-trailer pro, qui peut marquer l'histoire de l'événement en devenant le premier à aligner quatre victoires.

Mais ce n'est pas ce qui fait courir ce Jurassien. "Il faut savoir pourquoi on est là, quelle est la motivation profonde qui nous pousse à être sur la ligne de départ et participer au tour du Mont-Blanc. Pour certains c'est être dans cette foule avec cette ambiance magique, d'être reconnu par ces spectateurs et être passé comme un héros", souligne Thévenard. "Pour d'autres, qui vont dans mon sens, c'est se dire que je vais me prendre un pied monstre à courir dans la montagne, passer un super moment sur 20 heures d'effort, et surtout arriver ici à Chamonix, le samedi, en étant en vrac à ne pas pouvoir
bouger pendant 3 jours. C'est ça que j'aime !
", poursuit-il.

A ses cotés, ce seront donc quelque 2.300 coureurs, représentant une centaine de nationalités. Lily Suryani est venue d'Indonésie. "L'UTMB c'est le top de l'ultra-trail. Si vous êtes un vrai ultra-trailer, vous devez faire et finir l'UTMB !", prévient la jeune femme de Bali, qui a confectionné des vêtements qu'elle a vendus autour d'elle pour s'offrir son aventure au Mont-Blanc.
 

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