Coronavirus : les inquiétudes des guides et accompagnateurs en montagne de Chamonix avant le déconfinement

La compagnie des guides de Chamonix se prépare au déconfinement, envisageant toutes les pistes pour reprendre ses activités en montagne sans risque face à l'épidémie de coronavirus. Les activités risquent toutefois d'être adaptées pour plusieurs mois à venir.

Un guide accompagnant un groupe de vacanciers vers le glacier de Val Thorens. (Illustration)
Un guide accompagnant un groupe de vacanciers vers le glacier de Val Thorens. (Illustration) © PHILIPPE DESMAZES / AFP
Au pied du Mont-Blanc, les guides attendent le déconfinement avec inquiétude et impatience. L'épidémie de nouveau coronavirus et les mesures sanitaires qui l'accompagnent les ont fait renoncer à la "pleine saison de ski de randonnée" tandis que l'été s'annonce morose.

"L'impact économique de l'arrêt de l'activité depuis mi-mars est extrêmement important pour les guides", affirme Olivier Gréber, président de la compagnie de guides de Chamonix (Haute-Savoie). Malgré la fin du confinement, les mois à venir sont incertains. La clientèle étrangère ne sera probablement pas au rendez-vous alors qu'elle représente "50% du travail" des accompagnateurs de moyenne montagne durant la saison estivale.

Malgré tout, le président de la compagnie bientôt deux fois centenaire reste optimiste : "Nous avons la possibilité de mettre en œuvre les mesures barrières dans bon nombre d'activités. C'est plus facile en montagne où il y a la possibilité d'être seul au monde pendant toute une journée."

 

Toutes les pistes à l'étude


Des masques distribués à chaque client ? Port de gants systématique ? Gel hydroalcoolique ? Toutes les pistes sont à l'étude, en concertation avec le Syndicat national des guides de montagne (SNGM) et les autorités en vue du déconfinement. Le mot d'ordre est clair : "se conformer aux consignes sanitaires". Restent certaines activités auxquelles il faudra probablement renoncer, comme le canyoning, où respect des mesures barrières est "délicat".
 
En attendant d'en savoir plus, les quelque 190 guides comptent les jours qui les séparent du déconfinement "pour enfin attaquer l'entraînement". Car la fin des restrictions de déplacements, qui varieront d'un département à l'autre, ne signeront pas tout de suite la reprise des activités de la compagnie. "Il faudra du temps pour s'y remettre", reconnaît Olivier Gréber, sans compter le temps nécessaire à dégager sentiers et voies qui n'ont pas été pratiqués depuis de longues semaines.

 

"Faune plus entreprenante"


Lors de la reprise, il faudra aussi composer avec "une faune plus entreprenante". Le confinement a profité aux animaux sauvages, parfois aperçus dans des secteurs inhabituels. "En randonnée, dans les premiers temps, on risque de croiser plus de faune. Mais ça pourrait susciter un intérêt particulier", espère le président de la compagnie chamoniarde.
 
Des randonnées dans un cadre plus sauvage, en groupes limités, avec un grand point d'interrogation autour de l'ouverture des refuges. La crise sanitaire risque de changer la donne pour les accompagnateur en montagne. "Ca pourrait être l'occasion d'organiser des bivouacs, d'être plus proche de la nature", pronostique M. Gréber, pour qui ce respect de l'environnement est "inscrit dans les gênes des montagnards".

"On compose avec la neige en hiver, avec le soleil en été", raconte-t-il. Le déconfinement et les bouleversements qui l'entourent ne seraient alors qu'une étape supplémentaire dans ce métier qui s'adapte constamment à son environnement.

 
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