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“L'UTMB est une consécration” : Geoffrey Langlet, trailer amateur que rien ne destinait au Mont-Blanc

Dans le Nord, Geoffrey Langlet se prépare à l'UTMB en gravissant des terrils. / © FRANCOIS LO PRESTI / AFP
Dans le Nord, Geoffrey Langlet se prépare à l'UTMB en gravissant des terrils. / © FRANCOIS LO PRESTI / AFP

Geoffrey Langlet s'apprête à prendre le départ de l'Ultra-trail du Mont-Blanc vendredi 30 août à Chamonix. Pourtant, rien ne destinait le trailer à l'épreuve reine de l'UTMB alors qu'il "fumait un paquet de cigarettes par jour" et se trouvait "en surpoids" il y a encore quelques années.

Par M.D. avec AFP

"Montre GPS, sac, sifflet, lampes frontales...", Geoffrey Langlet, 38 ans, passe en revue la liste du matériel obligatoire avant de prendre le départ de l'Ultra-trail du Mont-Blanc (UTMB), vendredi 30 août à Chamonix. Le trailer amateur s'entraîne dur pour cette compétition qu'il a tant préparée depuis son Nord natal, à Valenciennes.

Faute de montagnes, il s'est créé des parcours "sur les trois terrils" de la forêt de Raismes, à côté de chez lui. Dans le chemin qui grimpe jusqu'au sommet, coureurs, promeneurs et cyclistes se croisent. Dans moins d'une semaine, Geoffrey va se frotter à l'épreuve reine de l'UTMB, longue de 171 kilomètres avec un dénivelé positif de 10.000 mètres. Le plus rapide la court en quelque 20 heures, le temps maximum autorisé est de 46h30...
 
"En surpoids" et "fumant un paquet de cigarettes par jour", rien ne le destinait à l'UTMB. / © FRANCOIS LO PRESTI / AFP
"En surpoids" et "fumant un paquet de cigarettes par jour", rien ne le destinait à l'UTMB. / © FRANCOIS LO PRESTI / AFP

Pourtant, rien ne le destinait à se confronter à une telle épreuve physiques il y a encore quelques années. "En surpoids" et fumant "un paquet de cigarettes par jour", il n'imaginait pas devenir "ultra-trailer". Mais en 2010, il devient chef de sécurité incendie dans un casino et on lui reproche sa méforme physique. "Je me suis rendu compte que j'avais joué avec ma santé", concède-t-il.

Déterminé à se reprendre en main, il commence par la course à pied : "le premier jour, j'ai tenu dix minutes avant de vomir". Persévérant, il s'inscrit à son premier 10 kilomètres en 2013. Un an après, il "tombe amoureux" du trail grâce à un collègue alors qu'il n'était "pas vraiment intéressé". Puis il regarde par hasard une vidéo de l'UTMB qui le fait chavirer.

 

"Coureur atypique"


"Je me suis dis que si je devais faire au moins une grosse course dans ma vie, ça devait être celle-ci", dit-il. Quelques années plus tard, il s'apprête à embarquer vers le Mont-Blanc avec toute sa famille, se disant "confiant", même si son année "difficile d'un point de vue personnel" a eu un impact sur sa forme physique et ses entraînements. Mais il ne se fait "pas d'illusion" : lors d'une course aussi exigeante, "on a beau s'entraîner, on n'est jamais sûr de réussir à la finir. Participer à l'UTMB est une consécration".

Celui qui se présente comme un "coureur atypique", au physique moins sec que les spécialistes de la discipline, participe pour la première fois en 2016 à la grande messe de l'ultra-trail pour une course différente : "la TDS Sur les Traces des Ducs de Savoie" de 119 kilomètres. "Mal préparé", il est disqualifié, ne respectant pas les limites horaires.
 

Cet échec lui sert de "leçon". Il revient l'année suivante et repart avec son t-shirt "finisher". Ses parents seront là vendredi pour l'encourager et sa mère est autorisée à lui porter assistance aux points de ravitaillement. "C'est beaucoup d'adrénaline pour nous aussi", raconte Nicole Langlet, qui a vu son fils "changer physiquement et mentalement" grâce au trail.  

Geoffrey a également "dû faire des sacrifices qui ont parfois eu un impact sur ma vie personnelle" avoue-t-il, ému. Mais "le jeu en vaut la chandelle", assure-t-il, "j'ai vécu des moments exceptionnels et rencontré des personnes extraordinaires". "L'émotion était très forte quand j'ai passé l'arche d'arrivée en 2017. Je ne vais pas vous mentir, je me suis effondré", raconte le trailer. Ses parents étaient présents, déjà. "Nous avons pleuré tous ensemble, on était content pour lui", témoigne Nicole, la voix tremblante.

 

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