PHOTOS. En Haute-Savoie, citoyens et agriculteurs s'opposent à l'abattage d'un troupeau touché par la brucellose

Publié le Mis à jour le
Écrit par AH

L'abattage sanitaire des 224 bovins d'une exploitation laitière est prévu ce mardi en Haute-Savoie, 68 ont été transportés vers l'abattoir. Un cas de brucellose a été détecté dans le troupeau. Le monde paysan s'est mobilisé pour soutenir l'éleveur.

Il y a quelques semaines, une vache dans une exploitation laitière de Saint-Laurent en Haute-Savoie a été déclarée positive à la brucellose. La maladie, particulièrement redoutée des éleveurs, est transmissible à l'homme. Conformément à la réglementation française, tout le troupeau doit être abattu. Ce mardi, citoyens et agriculteurs se mobilisent pour soutenir l'éleveur.

Dès 6 heures du matin, les opposants à l'abattage total du troupeau se sont rassemblés à Saint-Laurent pour apporter leur soutien à l'éleveur alors que ses bêtes doivent partir pour les abattoirs de Bonneville.

Les manifestants ont tenté de bloquer le départ des bétaillères avant de former un cortège funéraire vers l'exploitation. Finalement, 68 vaches ont été emmenées à l'abattoir ce mardi sur les 220 de l'exploitation. Le reste du troupeau devrait être acheminé mercredi. Un recours a été déposé devant le tribunal administratif de Grenoble pour s'opposer à l'abattage du troupeau. L'audience doit se tenir mercredi à 9 heures.

 Désastre pour l'éleveur

L'éleveur, qui a consacré sa vie à son troupeau, est catastrophé. Eric Forestier est attaché à chacune des bêtes. Ce sont elles qui le font vivre, lui et sa famille, depuis toujours explique-t-il dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux.

"Il observe ses vaches une par une, il les connaît par cœur, décrit Aline Perreloud, apprentie auprès d'Eric Forestier. C'est fascinant. On se rend compte qu'il les aime vraiment. Les gens qui font ces lois, il faudrait qu'ils viennent avec lui pour voir à quel point il les aime. Ils ne peuvent pas se rendre compte."

Le monde paysan solidaire... et en colère

Dans un communiqué de presse diffusé conjointement, la FDSEA des Savoie, la Chambre d’Agriculture Savoie Mont-Blanc et les Jeunes Agriculteurs de Haute-Savoie expriment leur soutien à l'agriculteur et dénoncent l'abattage total du troupeau. "Une solution réglementaire désuète et injuste", estiment ces organisations.

"Ça va contre le bon sens. On ne tue pas des humains qui ont été en contact avec un malade. Si tout le troupeau était malade, qu'il y avait un risque pour le cheptel, on comprendrait. Mais toutes les vaches sont saines. C'est absurde", regrette un manifestant.

Un problème de santé publique

La France est considérée comme "indemne" de brucellose depuis 2005, mais une résurgence avait déjà été observée en 2012 dans le massif du Bargy, en Haute-Savoie. Une enquête avait permis de remonter jusqu'à l'origine de la contamination : des bouquetins. L'abattage de 60 bouquetins sur le massif avait été ordonné par la préfecture avant d'être suspendu par le tribunal administratif de Grenoble après une action en référé de l'association de défense des animaux Animal Cross.

Les agriculteurs en colère accusent "certains mouvements politiques ou environnementaux (...) d'avoir laissé prospérer la maladie". Ils demandent des mesures fortes pour éradiquer la maladie et une évolution de la réglementation pour "en finir avec l'abattage total des troupeaux laitiers".