Gilets jaunes : rencontre avec les “irréductibles“ du ”village pacifiste” de Bonne-sur-Menoge (Haute-Savoie)

C'est l'un des plus anciens camps de gilets jaunes de Haute-Savoie. Une cinquantaine de personnes fréquente quotidiennement le "Village pacifiste" de Bonne-sur-Menoge, établi en décembre 2018. / © France 3 Alpes - Ingrid Pernet-Duparc
C'est l'un des plus anciens camps de gilets jaunes de Haute-Savoie. Une cinquantaine de personnes fréquente quotidiennement le "Village pacifiste" de Bonne-sur-Menoge, établi en décembre 2018. / © France 3 Alpes - Ingrid Pernet-Duparc

C'est un "village pacifiste" à quelques kilomètres de la frontière Suisse.
En Haute-Savoie, le camp de gilets jaunes de Bonne-sur-Menoge résiste depuis 4 mois. Mères de familles, artisans, demandeurs d'emplois ou retraités: une cinquantaine de personnes fréquentent les lieux quotidiennement.

Par Cédric Picaud

Un panneau à l'entrée souhaite la bienvenue. Le camp des gilets jaunes de Bonne-sur-Menoge se décrit comme un « village pacifiste ». La structure est un assemblage de planches et de bâches. Elle a été montée en quelques jours au début du mois de décembre dernier sur un terrain privé. Depuis elle ne désemplit pas.

Ici il y a du monde 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Retraités, employés, artisans, mères au foyer ou collégiens : une cinquantaine de personnes fréquentent le site quotidiennement. Depuis trois mois, la vie s’est installée. Dans le « village pacifiste », les gilets jaunes peuvent manger et dormir. Mais ils sont surtout là pour discuter, échanger des idées et se soutenir.
 
Jeune retraitée, Isabelle s'active à temps plein depuis 3 mois pour le "Village pacifiste" de Bonne-sur-Menoge en Haute-Savoie. / © France 3 Alpes - Ingrid Pernet-Duparc
Jeune retraitée, Isabelle s'active à temps plein depuis 3 mois pour le "Village pacifiste" de Bonne-sur-Menoge en Haute-Savoie. / © France 3 Alpes - Ingrid Pernet-Duparc
 
Le mot d’ordre, c’est la non-violence. Même si les avis divergent parfois, dans le campement, on partage l’essentiel. La principale revendication reste le RIC, le référendum d’initiative citoyenne. Les gilets jaunes hauts-savoyards veulent redonner du pouvoir au peuple. Ils militent pour plus de justice sociale et fiscale.

Au fil des semaines, la communauté s’est soudée. Certains, comme Isabelle, font la cuisine ou gèrent l’intendance. Doriane est devenue modératrice. Arnaud assume le rôle de coordinateur. Même si aucun chef n’est désigné, les gilets jaunes de Bonne-sur-Menoge ont appris à s’organiser.
 
Arnaud, gilet jaune haut-savoyard, fait la promotion de son mouvement jusque sur le domaine skiable de la station des Brasses. / © France 3 Alpes - Ingrid Pernet-Duparc
Arnaud, gilet jaune haut-savoyard, fait la promotion de son mouvement jusque sur le domaine skiable de la station des Brasses. / © France 3 Alpes - Ingrid Pernet-Duparc

Militants pour une nouvelle politique, les membres du « village pacifiste » transmettent leurs messages dans tous les environs. Ils font signer des pétitions sur les marchés ou tractent sur les ronds-points. Certains portent le gilet jaune jusque sur les pistes de ski. Ils sont même allés donner de la voix ensemble à Genève, pour dénoncer les violences policière devant l’ONU.
 
Les gilets jaunes de Bonne-sur-Menoge sont parmi les 600 manifestants rassemblés devant l'ONU à Genève, en Suisse, le 20 février 2019. La mobilisation contre les violences policières a été initiée par un gilet jaune savoyard. / © France 3 Alpes
Les gilets jaunes de Bonne-sur-Menoge sont parmi les 600 manifestants rassemblés devant l'ONU à Genève, en Suisse, le 20 février 2019. La mobilisation contre les violences policières a été initiée par un gilet jaune savoyard. / © France 3 Alpes

Pendant une semaine, une équipe de France 3 Alpes a suivi le quotidien des gilets jaunes de Bonne-sur-Menoge. Cette rencontre a donné lieu à 4 portraits signés Ingrid Pernet-Duparc, Serge Woreth et Eric Achard.

Lorette

Discrète mais déterminée. Lorette fréquente le camp depuis deux mois. Elle s'engage au nom de son père et pour l'avenir de ses enfants.
 
Haute-Savoie: A la rencontre des gilets jaunes de Bonne-sur-Menoge (1/4)
Lorette est une fidèle du campement des gilets jaunes de Bonne-sur Menoge, en Haute-Savoie. Intervenants: Lorette - Patrick Reportage: Ingrid Pernet-Duparc - Serge Woreth - Eric Achard


Doriane

Doriane est la modératrice du groupe. Elle veille à maintenir l'esprit d'équipe dans le village.
 
Haute-Savoie: A la rencontre des gilets jaunes de Bonne-sur-Menoge (2/4)
Modératrice du groupe, Doriane s'occupe des réseaux sociaux et entretient l’esprit d'équipe au campement des gilets jaunes de Bonne-sur Menoge, en Haute-Savoie. Intervenants: Anne - Doriane - Roland ; Reportage: Ingrid Pernet-Duparc - Serge Woreth - Eric Achard


Arnaud

Il est le coordinateur du "village pacifiste". Arnaud porte la voix des gilets jaunes de Bonne-sur-Menoge en dehors du campement.
 
Haute-Savoie: A la rencontre des gilets jaunes de Bonne-sur-Menoge (3/4)
Même sur les pistes de ski, il garde son gilet jaune. Arnaud, c'est le coordinateur du campement de Bonne-sur Menoge, en Haute-Savoie. Intervenants: Arnaud - Johan ; Reportage: Ingrid Pernet-Duparc - Serge Woreth - Eric Achard

 

Isabelle

Jeune retraitée, Isabelle s'est investie depuis trois mois dans la vie du camp. Une activité à temps plein.
 
Haute-Savoie: A la rencontre des gilets jaunes de Bonne-sur-Menoge (4/4)
C'est un engagement à temps plein. Ancienne esthéticienne, Isabelle s'active depuis trois mois au campement des gilets jaunes de Bonne-sur Menoge, en Haute-Savoie. Intervenante: Isabelle ; Reportage: Ingrid Pernet-Duparc - Serge Woreth - Eric Achard


 

A lire aussi

Sur le même sujet

Grêle en Drôme : un nouveau coup dur

Les + Lus