JO d'hiver : hôtel gardé par la police, tests Covid et frites au petit-déjeuner, l'équipe de France de skicross raconte son voyage à Pékin

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Écrit par A.B avec AFP
Les épreuves de big air freestyle en ski et snowboard auront lieu au Shougang Big Air venue, lors des Jeux olympiques d'hiver de Pékin (4-20 février).
Les épreuves de big air freestyle en ski et snowboard auront lieu au Shougang Big Air venue, lors des Jeux olympiques d'hiver de Pékin (4-20 février). © Noël Celis/AFP

L'équipe de France de ski et de snowboardcross s'est rendue à Pékin, sur le site des prochains Jeux olympiques d'hiver, à l'occasion d'une manche de Coupe du monde, samedi 27 novembre dernier. Ils racontent un voyage marqué par les mesures sanitaires et quelques erreurs d'organisation.

Entre les innombrables formalités administratives et de sévères restrictions sanitaires, l'équipe de France de ski et snowboardcross a fait part de sa découverte du site des Jeux olympiques de Pékin (4-20 février), à l'occasion d'une manche de Coupe du monde, samedi 27 et dimanche 28 novembre.

"C'était très éprouvant, même avant de partir, avec des tonnes de papiers à remplir", note le directeur de l'équipe de France de snowboard Luc Faye. Les Bleus, qui sont rentrés chez eux ce lundi 29 novembre, avaient rendez-vous à Francfort (Allemagne) le 21 novembre pour embarquer dans un vol charter réservé aux quelque 300 participants (sportifs et staff) des Coupes du monde de ski et snowboardcross.

À l'arrivée, c'était un film de science-fiction.

Luc Faye, directeur de l'équipe de France de snowboard.

En plus du test PCR dans un laboratoire accrédité à moins de 72 heures du départ, les voyageurs ont multiplié les dossiers administratifs, dont un dernier à remplir à dix minutes du décollage.

"À l'arrivée, c'était un film de science-fiction, des gens en combinaison blanche des pieds à la tête", décrit M. Faye. De nouveau testés (ils le seront quotidiennement), les Bleus patientent plus de cinq heures à l'aéroport à Pékin, puis deux heures dans un autocar, avant que ce dernier ne démarre pour cinq heures de trajet jusqu'à leur hôtel de la station de Secret Garden, dans la région de Zhangjiakou, l'un des trois sites des JO de Pékin.

"À partir du moment où on a mis les pieds dans l'avion nous avons vécu en circuit fermé jusqu'au retour", raconte l'un des entraîneurs du skicross Thomas Frey.

Frites et nuggets au petit-déjeuner

Il leur est interdit de quitter l'hôtel, gardé par la police et des bénévoles, même pour prendre l'air. Seule exception : se rendre sur les deux pistes réservées à la Coupe du monde dans un car spécial régulièrement désinfecté, jusqu'aux roues.

"Je n'ai pas vu le visage d'un seul Chinois, tous les locaux qui nous approchaient (à l'hôtel, l'aéroport) portaient la combinaison", explique M. Frey, décrivant la bulle sanitaire qui est promise aux participants des Jeux.

Les restrictions ne risquent pas de s'adoucir dans un peu plus de deux mois : la Chine a reconnu, ce mardi 30 novembre, que le nouveau variant Omicron du Covid-19 serait synonyme de difficultés supplémentaires pour l'organisation des Jeux.

Sur place, le quotidien réserve quelques surprises comme les frites et les nuggets servis au petit-déjeuner. Un premier repas qui se tend lorsque la seule machine à café disponible tombe en panne. "Pour eux aussi c'était une répétition. J'espère qu'ils ont compris qu'ils manquaient de coordination et de traducteurs", relativise Luc Faye, évoquant quelques couacs sur les horaires et le transport.

"J'espère de grosses améliorations"

Sur la piste, la compétition se déroule sans accroc, devant une centaine de personnes. Les spectateurs venant de l'étranger ne pourront pas se rendre aux JO, mais les sportifs peuvent espérer être encouragés par les locaux.

Les Bleus signent deux podiums le samedi en skicross (Bastien Midol et Marielle Berger-Sabbatel finissent troisièmes) et découvrent une piste "facile" et peu rapide, dont ils connaissaient déjà le départ : ils avaient parfaitement reproduit les premiers mètres sur le glacier de Tignes pour l'entraînement.

Je ne demande pas quelque chose de dangereux comme à Pyeongchang en 2018 mais des passages plus techniques, une piste plus 'joueuse'.

Alizée Baron, membre de l'équipe de France de skicross.

"J'ai été contente de voir ce parcours car j'avais peu skié cet automne (blessure au dos), s'est réjouie Alizée Baron, 7e de la course. Mais j'espère de grosses améliorations d'ici février car ce n'est pas représentatif de notre sport. Je ne demande pas quelque chose de dangereux comme à Pyeongchang en 2018 mais des passages plus techniques, une piste plus 'joueuse'."

"Après coup je suis heureuse de ce voyage car ça nous a permis de voir beaucoup de choses sur le parcours, de savoir ce qui nous attend en février, de prendre le maximum d'informations. J'ai envie d'y retourner. On a vu les affiches, les anneaux olympiques sur l'autoroute et sur la piste. Je vis pour les JO, ça m'a motivée", ajoute-t-elle.

L'équipe de France a quitté son hôtel, ce lundi 29 novembre vers 4 heures du matin, de nuit, avant de retrouver l'aéroport et ses nombreux points de contrôle. "Au retour on a aperçu, au loin, les lumières du village olympique", a apprécié Thomas Frey, qui devrait les voir de plus près d'ici deux mois.

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