"10 minutes de prévention ou une amende de 90 euros" : à Grenoble, la police fait la chasse aux infractions commises à vélo et à trottinette

Les forces de l'ordre ont relevé plusieurs dizaines d'infractions commises par des cyclistes et des usagers de trottinettes électriques à Grenoble. Ce mercredi 15 mai, une opération de prévention était menée dans les rues de la capitale des Alpes.

"Garez-vous sur le côté, s'il vous plaît !" Dans les rues de Grenoble, les forces de l'ordre se sont mobilisés pour interpeller les usagers des pistes cyclables. Ce mercredi matin, entre 8h30 et 12h00, la brigade motocycliste et les VTT de la Direction interdépartementale de la police nationale n'ont rien laissé passer aux alentours du square Dr Léon Martin.

Dans le viseur des forces de l'ordre : les cyclistes et les usagers d'EDPM (engin de déplacement personnel motorisé comme les trottinettes électriques, NDLR). Ensemble, les policiers municipaux et nationaux ont intercepté ces deux roues.

Feux rouges et écouteurs en tête du classement

Pas de surprise, de nombreux poissons ont mordu à l'hameçon. "Force est de constater qu’il y a beaucoup d’infractions avec les cyclistes et les EDPM. […] Les infractions sont régulièrement les mêmes : les feux rouges et le port d’écouteurs", détaille Marie-Hélène Lacrampe, coordinatrice adjointe de la sécurité routière à la préfecture de l'Isère.

Au fil de la matinée, 83 contrevenants ont été interceptés. Plus de deux tiers d'entre eux portaient des écouteurs ou un casque, une infraction passible d'une amende pouvant aller jusqu'à 135 euros. Les 24 autres n'ont eux pas observé le feu rouge avant de franchir le croisement. En cas de non-respect de cette règle, le contrevenant peut être également puni d'une amende forfaitaire de 135 euros.

Prévenir plutôt que réprimander

Pour leur éviter de mettre la main à la poche, les policiers municipaux et nationaux mobilisés leur ont offert la possibilité d'assister à un atelier de prévention d'une dizaine de minutes. Une opération menée dans le cadre du plan départemental d'action sécurité routière 2024.

"Je prends, je prends. Je pourrais faire autre chose avec cet argent. Malheureusement, je ne contribue pas à l’Etat cette fois-ci. Mais je pourrais faire d’autres choses intéressantes avec ces 90 euros. Je les prends, je les garde. […] La leçon est retenue", raconte un cycliste interpellé portant un casque sur les oreilles.

Au cours de la matinée, la quasi-totalité des usagers interceptés ont opté pour cet atelier de sensibilisation. Seulement deux refus ont été enregistrés par les forces de l'ordre. Un port d'écouteur et un usage de téléphone portable tenu en main ont ainsi fait l'objet d'une verbalisation. 

Pour la grande majorité, cela s'est conclu par un rappel à la loi et une discussion avec des responsables de la sécurité routière. "Si chacun, dans son type de véhicule, avec sa perception et sa conception du risque, ne joue pas le jeu, la loi n’a plus de fondement. C’est un peu l’arnachie et cela devient conflictuel"  alerte Marie-Laure Escoffier, intervenante départementale sur la sécurité routière.

"La route n’appartient à personne. Elle est commune et elle se partage."

Marie-Laure Escoffier, intervenante départementale à la sécurité routière

Au-delà d'éviter une amende, certains usagers ont reconnu les bienfaits de cette campagne : "J’ai découvert des panneaux que je ne connaissais pas. […] J’ai appris des choses. Il faut que je retourne voir la sécurité routière. Je ne savais pas qu’il existait des nouveaux panneaux."

Une trentaine de contrôles de véhicules a également été réalisée par des mécaniciens. Plusieurs d'entre eux ont subi une mise en conformité de l'éclairage, une réparation du système de freinage ou encore une installation de systèmes réfléchissants.

En 2023, selon le rapport de l'observatoire national interministériel de la sécurité routière, plus de 223 cyclistes sont décédés sur les routes en France. Une hausse de cette mortalité a été enregistrée chez les EDPM avec 42 décès, soit 7 % de plus par rapport à 2022.