Confinement : recrudescence des faits de "délinquance classique" dans certains quartiers de Grenoble

Après une accalmie dans les quartiers de Grenoble, les faits de délinquance repartent à la hausse à l'approche du déconfinement. Les forces de l'ordre notent également un relâchement dans le respect des restrictions de déplacement.

Les forces de l'ordre sont de plus en plus sollicitées à Grenoble pour contrôler le respect du confinement.
Les forces de l'ordre sont de plus en plus sollicitées à Grenoble pour contrôler le respect du confinement. © Jeremie Pontin / Wostok Press / MAXPPP
Tirs de mortier, barricades érigées au milieu de la route et jets de projectiles en tout genre. Les faits de "délinquance classique" se multiplient depuis plusieurs semaines dans certains quartiers de Grenoble après une période de forte baisse. Une recrudescence conjuguée à un relâchement progressif du respect du confinement dans la capitale des Alpes, ne facilitant pas la tâche des forces de l'ordre.

"Depuis environ 8 jours, on constate une augmentation des cambriolages, notamment dans les établissements scolaires qui sont fermés. Il y a également davantage de délits routiers, aussi bien des excès de vitesse que des refus d'obtempérer ou des violences sur les policiers", énumère Fabienne Lewandowski, directrice départementale de la sécurité publique (DDSP) de l'Isère.

Et dans certains quartiers au sud de Grenoble, comme la Villeneuve ou Mistral, la situation se tend entre les forces de l'ordre et certains "groupes de jeunes". Plusieurs éléments peuvent expliquer un tel phénomène, selon Fabienne Lewandowski, qui cite d'abord un "fait de mimétisme" par rapport aux violences en banlieue parisienne.
 
Le département des Hauts-de-Seine a été le théâtre de violences après l'accident d'un motard à Villeneuve-la-Garenne, impliquant une voiture de police. En banlieue grenobloise, le phénomène est de moindre ampleur mais se rapproche de la situation que la police affrontait avant l'entrée en vigueur du confinement. Il y aurait également "une forme d'agacement" face à la présence des forces de l'ordre dans les secteurs où les trafics de stupéfiants sont réguliers, déclenchant des tensions. Une voiture de police a été dégradée lors d'une intervention dans le quartier Mistral, mais aucun policier n'a été blessé.

 

Lassitude et solitude


Ces faits de délinquance étaient "en forte baisse" au début du confinement, tandis que les interventions à domicile se faisaient plus nombreuses pour les forces de l'ordre, notamment pour des faits de violences conjugales. "Le respect du confinement a fait une sorte de courbe sinusoïdale", reprend la DDSP de l'Isère, expliquant qu'il a fallut un temps pour qu'il soit respecté lors de son entrée en vigueur. Il a ensuite été rigoureusement observé puis un relâchement s'opère, à presque deux semaine de sa levée "progressive". Un phénomène souvent dû à "la lassitude, l'énervement et parfois la solitude qui devient trop pesante", ajoute-t-elle.

"Je pense que 95% de la population a compris l'intérêt du confinement et n'a pas envie d'y regoûter, mais une frange de la population risque de profiter de l'euphorie collective à la fin du confinement pour commettre des actes de délinquance. Nous allons y être particulièrement vigilants", promet Fabienne Lewandowski. D'ici le déconfinement, "il n'y a pas de quartier ciblé, et pas de quartier exclu" lors des contrôles de police, affirme-t-elle.

 
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