Flashmob à Grenoble en soutien à une britannique condamnée à de la prison avec sursis pour fausses accusations de viol

Un flash-mob s'est déroulé ce mardi 7 janvier en plein centre ville de Grenoble. Une action féministe pour soutenir une jeune britannique qui comparaissait au même moment devant le tribunal à Chypre. Elle était accusée d'avoir fait de fausses déclarations concernant un viol en réunion l'été dernier.
Alors que le procès de la jeune britannique qui a porté plainte en juillet 2019 pour viol se déroulait au même moment à Chypre où elle comparaissait pour "méfaits publics", à Grenoble, un petit groupe de féministes avait tenu à soutenir la jeune femme avec un flash-mob de quelques minutes qui a eu lieu place Grenette, près des Galeries Lafayettes.

Pendant quelques minutes, sur le slogan "le coupable, c'est ni tes fringues ni l'endroit, le coupable, c'est toi ! ", des jeunes femmes, les yeux bandés, ont exécuté une chorégraphie en musique devant les passants de la place Grenette.
 
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Flash mob en soutien à une jeune britannique ©Jerôme Ducrot/ France3 Alpes


Prison avec sursis pour fausses accusations    


Pendant ce temps-là, le tribunal chypriote a condamné à quatre mois de prison avec sursis la Britannique jugée coupable d'avoir lancé de "fausses" accusations de viol contre des touristes israéliens l'été dernier.

 La jeune femme âgée de 19 ans, qui encourait jusqu'à un an de prison ferme, a souri et pris dans ses bras sa famille à l'annonce du verdict dans un tribunal de Paralimni, dans le sud-est de l'île méditerranéenne.
 

"Honte à toi, le juge !"


Ses avocats affirment que le procès a été entaché d'irrégularités, notamment avec le refus répété du juge à considérer qu'elle avait été violée.

Au moment du rendu du verdict, un journaliste de l'AFP dans la salle d'audience a entendu crier "Honte à toi, justice chypriote !" depuis l'extérieur du tribunal. 
Des dizaines de personnes, dont un groupe d'Israéliennes, s'étaient rassemblées dehors en solidarité avec la jeune femme. "Honte à toi le juge ! Tu n'as pas aussi une fille, toi ? ", "Imputer la faute à la victime est un second viol ! ", ont lancé certaines d'entre elles.
 

Syndrome post-traumatique


Selon ses avocats, la Britannique a été violée le 17 juillet par un groupe d'adolescents israéliens dans leur chambre d'hôtel de la station balnéaire d'Ayia Napa (sud-est).
Plusieurs Israéliens avaient ensuite été arrêtés, puis libérés fin juillet après un nouvel interrogatoire de la jeune femme lors duquel elle était revenue sur ses déclarations.

Le juge l'avait reconnue coupable fin décembre pour "méfait public" --qui consiste à faire entreprendre une enquête avec l'intention d'induire en erreur-- affirmant qu'elle avait fait de "fausses" déclarations.

Selon lui, les explications de la jeune femme lors du procès ont été marquées par des "contradictions, de la confusion, un manque de logique et de l'exagération".
Ses avocats affirment de leur côté qu'elle s'était rétractée sous la pression de la police et qu'elle souffrait de Trouble de stress post-traumatique (TSPT).
Ils ont fait appel de la décision, a indiqué l'un d'eux, Lewis Power, selon qui la jeune femme doit quitter Chypre dans la journée.


Soutien du Ministre anglais de la Justice


Fin décembre, le ministère britannique des Affaires étrangères s'était dit "très préoccupé" de savoir si elle avait bénéficié d'un "procès équitable". "Je suis soulagé que cette jeune femme vulnérable puisse revenir à la maison pour commencer à se rétablir, après tout ce qu'elle a traversé", a déclaré mardi après le verdict le ministre Dominic Raab.
Il a indiqué à la presse que Londres allait entendre l'"intégralité des faits" de la part de la famille et la défense.


Voir le reportage de Jérôme Ducrot, Didier Albrand et Tao Huynh
 
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Flashmob
 


 

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