"L'important, c'est la survie du GHM" : des centaines de personnes participent à une journée de deuil devant la clinique mutualiste de Grenoble

Publié le

Des centaines de personnes se sont réunies, lundi midi, à Grenoble pour dénoncer la gestion financière du groupement hospitalier mutualiste. Le PDG du groupe Avec, Bernard Bensaid, a été arrêté dans la matinée pour des soupçons de prise illégale d'intérêts et détournement de fonds publics.

Une opération de plus pour dénoncer la gestion financière du groupe hospitalier mutualiste (GHM). Plusieurs centaines de personnes ont manifesté devant la clinique mutualiste, à Grenoble, lundi 9 janvier. A l'appel des syndicats, salariés du GHM et élus se sont rassemblés à la mi-journée pour cette opération "clinique en deuil".

"L'important pour nous, c'est la survie du GHM", souligne le docteur Nicolas Albin, président de la commission médicale du GHM et chef de l'Institut de cancérologie de l'établissement, qui fait état d'un mouvement "très suivi". Mobilisation qui intervient quelques heures après l'annonce de l'arrestation de Bernard Bensaid, président de l'union mutualiste pour la gestion du GHM.

Le PDG du groupe Avec est entendu, à Grenoble, pour des soupçons de prise illégale d'intérêts et détournement de fonds publics. Des perquisitions ont été menées à son domicile parisien. Les associations d'usagers du GHM ont fait part de leur "soulagement" face à la garde à vue du président de la clinique.

"Cette clinique, c'est un élément très important de la santé grenobloise. C'est le deuxième établissement de l'agglomération. Pour le quartier, c'est énorme, on n'est pas obligés d'aller à la Tronche pour se soigner", explique Bruno de Lescure, président de l'Union de quartier Berriat Saint-Bruno.

"Enlever le carnet de chèques à M. Bensaid"

"Ce n'est qu'une étape", nuance Thierry Carron, secrétaire de FO et du CSE de la clinique. "On demande la mise sous tutelle de cet établissement et on veut enlever le carnet de chèques à M. Bensaid pour qu'il arrête de transférer de l'argent de la trésorerie du GHM vers son groupe commercial ce qui, pour nous, est illégal." Les syndicats CGT et FO avaient déposé une plainte contre X pour prise illégale d’intérêts et détournement de fonds en juin 2022. Cette dernière a été jointe au dossier.

Les plaignants soupçonnent M. Bensaid de prélever chaque année, de manière injustifiée selon eux, une partie du budget de leur établissement au profit du groupe. Le montant total des prêts s'élève à 8 millions d'euros, selon Thierry Carron.

Le conseil d'administration de l'union mutualiste pour la gestion du groupe hospitalier mutualiste, qui devait se réunir à 10h30 ce lundi matin, a été ajourné en raison de l'arrestation de M. Bensaid. Une nouvelle ponction de 2,7 millions d'euros sur la trésorerie du GHM et en faveur du groupe Avec devait être votée.

Je ne voudrais pas que l'attente soit préjudiciable au fonctionnement du GHM et à la continuité de soins.

Christophe Ferrari, président de Grenoble-Alpes métropole

à France 3 Alpes

"C'est un soulagement parce que cet argent pourra rester au GHM pour traiter les patients", réagit le Dr Nicolas Albin. Les élus grenoblois ont également manifesté leur "soutien" aux équipes du GHM. Christophe Ferrari, président (ex-PS) de Grenoble-Alpes métropole, a fait part de sa "satisfaction que la justice s'intéresse de près à la situation du groupe Avec, de Bernard Bensaid et, par ricochet, à la situation du GHM."

"Je ne voudrais pas que l'attente soit préjudiciable au fonctionnement du GHM et à la continuité de soins, nuance l'édile. L'ARS (Agence régionale de santé, NDLR) a un rôle majeur et je voudrais qu'il y ait, de ce point de vue, toutes les garanties que le GHM ne soit pas mis en difficulté par cette séquence qui s'ouvre."

La clinique mutualiste a été cédée en octobre 2020 à Doctegestio, devenu depuis Avec, par les mutuelles AESIO et MFI. De nombreuses voix s'étaient élevées contre cette reprise, estimant qu'elle ne répondait pas à la vocation non-lucrative de la clinique. Une procédure judiciaire, toujours en cours, avait été initiée par les syndicats, la Ville et la Métropole de Grenoble pour faire annuler l'opération.

Tous les jours, recevez l’actualité de votre région par newsletter.
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer la newsletter de votre région. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas de ces newsletters. Notre politique de confidentialité