Sécheresse historique, canicules à répétition… Va-t-on vers un été record en Isère, Savoie et Haute-Savoie ?

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Écrit par Margot Desmas

Alors que les départements alpins traversent leur quatrième épisode de canicule depuis le mois de mai, l'été s'annonce déjà historique d'un point de vue météorologique. La sécheresse, causée par un manque de précipitations depuis le début de l'année, est particulièrement marquée en Pays de Savoie.

Entre sécheresse historique et multiples épisodes de canicule, les Alpes du Nord font face à un été inhabituel. De nombreux secteurs d'Isère, Savoie et Haute-Savoie ont été placés en "crise" sécheresse, le niveau d'alerte le plus élevé en la matière. La situation est inédite, pire que lors de la canicule de 2003.

"Il faut revenir à l'été 1983 pour trouver des niveaux de précipitations aussi bas", confirme Denis Roy, directeur du centre de Météo France de Saint-Martin-d'Hères pour les Alpes du Nord. La situation est particulièrement marquée en Savoie où il est tombé seulement 15 % des précipitations habituelles pour un mois de juillet.

Le mois de juillet "le plus sec" enregistré dans les Alpes

"C'est probablement le mois de juillet le plus sec pour nos trois départements", ajoute le météorologue. Cela alors que juillet 2022 figure "au second rang des mois les plus secs tous mois confondus" en France depuis le début des mesures en 1958-1959, selon Météo France. "On a un déficit de précipitations de 88 % par rapport à ce qui aurait été nécessaire", expliquait sur franceinfo le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu.

Dans les Alpes du Nord, le manque d'eau se fait sentir depuis le début de l'année. "Seul le mois de juin a pu approcher des normales saisonnières grâce aux épisodes orageux qui se sont succédé. Mais on a eu un mois de mai extrêmement sec, comme le mois de juillet", nuance Denis Roy.

Une sécheresse sur fond de vagues de chaleur successives. Les départements alpins ont connu quatre épisodes de canicule depuis le mois de mai. Et le mois de juillet fait apparaître "une anomalie de températures entre 3,5 °C et 4,5 °C sur l'ensemble des trois départements" des Alpes du Nord, des valeurs "très importantes", relève le météorologue.

Vers un mois d'août aussi chaud et sec

Aucun record absolu de température n'a été battu cette année, mais cela pourrait se produire jeudi 4 août qui s'annonce comme la journée la plus chaude de ce nouvel épisode caniculaire. "Peut-être que pour la première fois de cet été 2022, on dépassera le seuil de 40 °C", envisage-t-il.

Les températures les plus élevées sont attendues en Nord-Isère avec 37 °C annoncés au plus chaud de la journée à Bourgoin-Jallieu, ou encore 38 °C à Vienne et Roussillon. Plus largement, la canicule devrait surtout frapper les avants-pays et les zones de plaine, plus exposées.

S'il est encore trop tôt pour dresser un bilan météorologique de l'été, le mois d'août ne s'annonce pas plus clément. Les prévisions annoncent des précipitations moindres et "des températures plus élevées que la normale". Et les projections climatiques font craindre une répétition de ce scénario pour les étés à venir.

"C'est peut-être un avant-goût de ce qui se prépare pour les décennies futures avec des étés plus secs, des épisodes de canicule plus fréquents, plus précoces et plus tardifs dans la saison", conclut Denis Roy.