"Ubershit" : avec le confinement, les livraisons de drogue à domicile se développent à Grenoble

La livraison de drogue à domicile se développe depuis le début du confinement à Grenoble. Le phénomène baptisé "Ubershit" est pris très au sérieux par le parquet et les forces de l'ordre multiplient les interpellations depuis le début de la semaine.

L'hôtel de police de Grenoble.
L'hôtel de police de Grenoble. © Anne Hédiard / France 3 Alpes.

La livraison à domicile est en plein essor depuis le début de la crise sanitaire. On a maintenant l'habitude de se faire livrer ses courses ou son repas... Mais saviez-vous que le phénomène se développe aussi chez les trafiquants de drogue ? Notamment depuis la mise en place du confinement à 18 heures. Ce phénomène baptisé "Ubershit" par les forces de l'ordre, est une nouvelle forme de délinquance prise très au sérieux par le parquet de Grenoble.

Des opérations de "coups d’achat"

Pour lutter contre le trafic, les enquêteurs se font passer pour des acheteurs. "Ces "coups d’achats" s’effectuent dans le respect de règles juridiques qui encadrent la pratique" explique le procureur de Grenoble, Eric Vaillant. L’article 230-46 du code de procédure pénale permet aux cyberpatrouilleurs de la police judiciaire et de la section de recherche de la gendarmerie, sous contrôle du procureur de la République, de contacter les trafiquants et de leur commander des stupéfiants.

Les enquêteurs consultent donc les "vitrines" accessibles à tous sur les principaux réseaux sociaux qui les renvoient ensuite sur des applications de communication facilitant l'anonymat (SNAPCHAT, TELEGRAM, etc). "Tous les types de stupéfiants sont proposés même s'il est beaucoup plus difficile de trouver de l'héroïne" précise le procureur de Grenoble. Les prix, même s'ils peuvent être majorés lors d'un premier achat, sont sensiblement les mêmes que sur les points de deal. Le client reste maître du lieu de livraison. 

Ces opérations sont menées aussi bien en zones urbaines relevant de la police que que péri-urbaines ou rurales concernant la gendarmerie afin que les trafiquants ne s’investissent pas dans ce créneau en pensant qu’ils sont à l’abri de toutes poursuites.

Déjà plusieurs interpellations

L’opération débutée en début de semaine a déjà permis plusieurs interpellations en zone police et gendarmerie. A Seyssinet, mardi, deux mineurs de 13 et 14 ans, utilisés comme livreurs ont été interpellés ainsi qu’un majeur connu pour trafic de stupéfiants sur la commune de Meylan.

Mercredi, l'interpellation par la police d'un individu de 20 ans, déjà connu pour affaire de stupéfiants a donné lieu à des poursuites en comparution immédiate par le parquet. En fin d’après-midi, 4 mineurs, âgés de 14 à 17 ans, ont encore été interpellés par les policiers. 

Attention aux arnaques

Policiers et gendarmes l’ont constaté, les clients sont fréquemment victimes d’escroquerie. Le pseudo-vendeur demande un paiement avant livraison en bitcoins ou carte de paiement prépayée, et il ne se présente pas au rendez-vous fixé par l’acheteur.

Par ailleurs, sachez que des enquêtes sont menées sur les carnets d’adresses des trafiquants.

 

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