VIDÉO. Ni homme, ni femme : le témoignage de deux jeunes non-binaires

Plus que toute autre, la jeune génération interroge la notion de genre et la binarité homme-femme. Certain.e.s comme Eek et Dot, à Grenoble, plaident pour la reconnaissance d'autres identités, non-binaires. Une manière, aussi, de remettre en cause les injonctions sociales liées à chaque genre.

"Je ne me reconnais ni dans le terme de femme, ni dans le terme d'homme"
"Je ne me reconnais ni dans le terme de femme, ni dans le terme d'homme" © France 3 Alpes

"Je ne me reconnais ni dans le terme de femme, ni dans le terme d'homme". Dot, 26 ans, professeur d'anglais à Grenoble, se revendique non-binaire. La nature l'a doté.e d'un corps de fille, mais très vite, Dot s'est interrogé.e sur la façon dont iel se percevait et cela ne coïncidait ni avec le genre féminin, ni avec le masculin. "Quand j'entends mes élèves dire "Madame", à chaque fois, ça me fait tiquer, j'ai envie de réagir, mais je me retiens".

La non-binarité n'est pas un look, ni une mode, pas même une orientation sexuelle. "C'est une façon d'être", dit Eek, 28 ans, né.e au Mexique et qui étudie aux Beaux-Arts à Grenoble... "Il n'y a pas qu'une seule manière d'être non-binaire. Ce sont des identités au pluriel. Chacun est non-binaire à sa façon".

Selon un sondage paru dans 20 minutes en 2018, 13% des 18-30 ans ne s'identifient pas comme hommes ou femmes. Une proportion deux fois plus importante que dans l'ensemble de la population.

"J'ai la sensation d'avoir toujours été non-binaire", se souvient Eek. "Mais je n'avais pas le vocabulaire pour l'identifier. Grâce aux réseaux sociaux, on a ces ressources-là désormais".

Dot, de son côté, voudrait voir les choses bouger, car derrière sa non-binarité, il y a aussi le refus des rôles sociaux associés à chaque genre. Des injonctions sociales que Dot ressent comme des entraves à sa personnalité. "Je voudrais juste exister, sans avoir à rendre des comptes et à me justifier".

Dot voudrait aussi que la société reconnaisse l'existence des personnes non-binaires, en leur faisant une place dans la langue, en généralisant l'utilisation d'un vocabulaire inclusif, épicène (c'est-à-dire neutre, avec des mots pouvant être utilisés au masculin et au féminin sans variation de forme, comme un.e enfant).
C'est la raison pour laquelle, comme Eek, son choix s'est porté sur un prénom non genré. Et son souhait serait d'utiliser des pronoms non-binaires, comme dans la série "Star Trek Discovery", où un personnage demande qu'on dise "iel" plutôt que il ou elle.

L'Allemagne a fait un grand pas vers les non-binaires, en reconnaissant un troisième genre à l'état civil en 2018. "On sera toujours vu.e.s comme une minorité. Politiquement, il faudrait qu'on soit reconnu.e.s, considéré.e.s...", espère Dot. "Je ne suis pas née femme, j'ai été assignée femme à la naissance", conclut Eek.

 

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