Isère : une centaine d'emplois menacés chez Tornier après son rachat par un groupe américain

Environ 150 emplois sont menacés au sein de l'entreprise Tornier, spécialiste des prothèses articulaires, basée à Montbonnot-Saint-Martin en Isère. De nombreux salariés ont observé un mouvement de grève mercredi matin.

L'annonce passe très mal auprès des salariés de Tornier. Quelques centaines d'entre eux ont observé un mouvement de grève dans la matinée du mercredi 13 janvier pour dénoncer la mise en place d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE). Une centaine de postes sont menacés sur les 480 que compte cette entreprise de Montbonnot-Saint-Martin (Isère), spécialisée dans les prothèses articulaires.

"C'est triste parce que des gens vont perdre leur emploi dans une période où le marché du travail est particulièrement compliqué", dénonce Marie-Pierre Pilon, manager chez Tornier et déléguée syndicale CFDT. Une situation incompréhensible pour elle, qui travaille depuis 30 ans dans cette "entreprise familiale", alors que "les bilans économiques sont bons".

Tornier est le leader mondial des prothèses d'épaule. L'entreprise a été rachetée par le groupe américain Strycker, spécialisé dans le domaine médical, le 11 novembre. Et début janvier, l'annonce du PSE est tombée, provoquant la stupéfaction des salariés. "On est tombé de haut, reconnaît Marie-Pierre Pilon, également élue au Comité social et économique (CSE). Comment va-t-on rebondir maintenant ?" Le PSE prévoit la suppression de 93 postes et le transfert de 78 contrats de travail pour motif économique.

Les négociations doivent débuter la semaine prochaine. "Ils arriveront à leurs fins. On ne peut pas se battre contre une société qui vaut des milliards", désespère la déléguée syndicale. Des services entiers risquent d'être rayés de la carte, comme la logistique qui emploie 60 personnes. Seule la production est épargnée. "Ils vont s'enrichir sur la suppression de ces emplois. On ne peut pas prendre les gens pour des pions", regrette-t-elle. Sollicité par France 3 Alpes, Strycker France ne nous avait pas encore répondu à l'heure de la publication de cet article.

 

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