Isère : une "vélorution" sur la RD 1075 pour empêcher les travaux engagés par le département

Une "vélorution", entendez une manifestation à vélo, était organisée ce samedi 20 février sur la RD 1075, entre les communes de Clelles et Monestier du Percy. Le Collectif des Lichens proteste contre les travaux d'aménagement de la route engagés par le département.

Environ 150 vélos réunis pour la "vélorution" du 20 février en Isère
Environ 150 vélos réunis pour la "vélorution" du 20 février en Isère © DR.

En plein chassé-croisé des vacances d'hiver, le collectif des Lichens organisait une manifestation à vélo pour protester contre des travaux de sécurisation de la RD 1075 engagés par le département. "Un budget exorbitant" et des "travaux contre-productifs" selon le collectif qui manifestait entre les communes de Clelles et Monestier du Percy de 14 heures à 17 heures. 

 

Route dangereuse ou conducteurs imprudents ?

Pour justifier les importants travaux de sécurisation engagés sur la RD 1075 entre les col du Fau et de la Croix Haute, le département avance des chiffres. "C'est un axe accidentogène supportant un trafic moyen de 7 000 véhicules/jour avec des pointes saisonnières atteignant 14 000 véhicules/jour. Depuis 2009, 273 accidents ont été recensés ayant provoqué la mort de 7 personnes et plus de 50 blessés graves." La dangerosité tiendrait notamment à la configuration de la route :
- les carrefours sont peu perceptibles et l’insertion sur la RD1075 pour les riverains est problématique ;
- Il n’y a quasiment pas de zones de dépassement sûres générant des dépassements dans des zones sans visibilité ;
- Il y a peu de zones de récupérations et de bandes cyclables ;
- Les usagers locaux, et notamment les agriculteurs, éprouvent de grandes difficultés à traverser la RD 1075.

Le Collectif des Lichens réfute ces arguments. Pour lui, le tronçon n'est pas plus dangereux que les autres routes départementales du même type. Pour avancer cet argument, il s'appuie sur les données statistiques cartographiées issues du fichier "BAAC" établi par le ministère de l'Intérieur qui recense tous les accidents corporels. Le collectif estime que le comportement des conducteurs est en cause et notamment la vitesse. Car les accidents impliquant un véhicule seul (sorties de route) representent presque la moitié des faits recensés (46%).

 

Des aménagements contestés

Pour répondre au besoin de sécurité sur la route, le département a prévu une enveloppe de près de 57 millions d'euros. 31 opérations sont prévues "la moitié concerne la reconfiguration des carrefours pour permettre une traversée sécurisée et une insertion facilitée des usagers locaux, et notamment des agriculteurs, sur la RD 1075", précise-t-on.

Mais il y a aussi les 11 km de voies de dépassement qui font tiquer le collectif. Il estime que ces "aménagements de confort" sont "contre-productifs" et risquent d'entraîner une hausse de la vitesse, des accidents et de leur gravité. "Ces aménagements sont une aberration sur le plan budgétaire et environnemental", estime le collectif qui s'interroge sur la pertinence de ces investissements en faveur du monde routier face aux enjeux climatiques et milite pour le développement du rail.

 

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