JO 2018. Pourquoi le Français est-il une des deux langues officielles de la compétition ?

Le drapeau français flotte, après l'épreuve de poursuite du biathlon aux JO de Pyeongchang, le 12 février 2018 / © FRANCK FIFE / AFP
Le drapeau français flotte, après l'épreuve de poursuite du biathlon aux JO de Pyeongchang, le 12 février 2018 / © FRANCK FIFE / AFP

Selon la Charte olympique, les panneaux, documents et annonces doivent être bilingues anglais et français. Une règle héritée de Pierre de Coubertin, le professeur à l'origine des Jeux modernes à la fin du XIXe siècle.

Par CS

Vous l'avez peut-être remarqué en regardant les épreuves des Jeux olympiques de Pyeongchang. Toutes les annonces sont faites en Anglais... et en Français, qui est la 1ère langue officielle de la compétition.


Pourquoi ? L'histoire remonte au XIXe siècle, à la création du Comité international olympique (CIO) en 1894. C'est un Français qui en est à l'initiative, Pierre de Coubertin, l'instigateur des Jeux modernes. "Le CIO a donc bien entendu été fortement imprégné d'une tradition francophone", nous apprend France Olympique.

La langue de Molière est officielle

La langue de Molière est donc la première langue officielle et historique du CIO, ce qui lui donnait "une prééminence au sein des langues du sport". A ses côtés, l'Anglais, puisque les Anglo-saxons sont à l'origine de plusieurs disciplines. Les panneaux, documents et annonces doivent ainsi être bilingues : anglais et français.


Ce statut particulier de langue officielle a été entériné par la Charte olympique. L'article 23 stipule aussi qu'à toutes les sessions, "une interprétation simultanée doit être fournie en français, anglais, allemand, espagnol, russe et arabe." De plus, en cas de divergence entre le texte français et anglais, c'est le francophone qui fait foi.

Héritage de Coubertin

La tradition imposée par le baron Coubertin a survécu à sa mort et à la Seconde Guerre mondiale. Outre Pierre de Coubertin, les Français et les francophones ont joué un rôle de premier plan dans l'organisation et le développement du sport au niveau international. Après Coubertin, Jules Rimet et Frantz Reichel se sont aussi beaucoup investis dans la création et l'organisation de compétitions d'envergure internationale. 

A partir de la présidence du CIO par l'Américain Avery Brundage, l'anglais a pris une place croissante. En 1972, la langue de Shakespeare est aussi devenue une langue officielle. Jusqu'à dépasser le nombre de membres francophones du CIO.


En déclin

Ce n'est pas pour autant que les Francophones se sont laissées abattre. Depuis 2004, un "grand témoin de la francophonie" et le Secrétaire générale se rendent aux Jeux "pour veiller au respect de la règle 23 de la Carte Olympique en vertu de laquelle la langue française est, avec l'anglais, la langue officielle des Jeux Olympiques". Pour ces jeux d'hiver 2018, c'est l'ancienne ministre française Fleur Pellerin qui a été nommé "Grand Témoin de la Francophonie". Un exemple même du soft power des Francophones, qui pourtant, décline.



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