Laurent Wauquiez : prix du “jeune espoir” du menteur en politique

© Stephane de Sakutin/AFP
© Stephane de Sakutin/AFP

C'est un prix humoristique qui est décerné par un jury de journalistes aux femmes et hommes politiques pour les inciter à "moins mentir". Tout un programme. 

Par Christian Conxicoeur

Il y a Marine Le Pen, le "grand Vainqueur du prix du menteur en politique", le prix spécial du jury des époux Balkany "pour l'ensemble de leur carrière", celui du "cumulard de l'année" octroyé à Jean-Yves le Drian et ... celui du meilleur espoir.

Là, c'est le nouveau Président de région Auvergne-Rhône-Alpes qui est visé. Cela "récompense" "sa spectaculaire accumulation de mensonges, sur lui-même pour se construire un personnage public globalement factice, et sur de multiples sujets politiques (par exemple sur les relations politiques entre Charles De Gaulle et Guy Mollet)".

Mais le prix du menteur en politique ... qu'est-ce que c'est ? Il a été créé à l’initiative du politologue Thomas Guénolé le 19 janvier 2015. Une distinction décernée avec humour pour inciter la classe politique à moins mentir, pour sensibiliser le journalisme politique à l’importance du fact-checking (la vérification d'informations et/d'arguments, notamment ceux et celles avancés lors d'apparitions en direct), et pour encourager le grand public à vérifier la véracité de ce que dit le personnel politique.

Pour la deuxième année consécutive, le jury présidé par Thomas Guénolé et composé de six journalistes (Mélissa Bounoua Reader / Slate, Alexandre Devecchio FigaroVox / Le Figaro, Hugo Domenach Le Point, Samuel Laurent (Les Décodeurs / Le Monde, Cédric Mathiot Désintox / Libération, Antoine Krempf Le Vrai du Faux/France Info) a donc épinglé les responsables politiques dans son palmarès.

Le résultat est caustique... le voici dans son intégralité.

«Grand vainqueur du Prix 2015 du menteur en politique» : Marine LE PEN (FN), pour son accumulation d’affirmations fausses sur les migrants (par exemple sur l’ampleur de la vague d’arrivants, sur leur sexe et leurs motivations, sur le faux assaut de migrants contre des pompiers à Calais, par martelage de cette question lors des régionales alors que ce n’est pas une compétence régionale…) ou sur le djihadisme.

« Prix spécial du jury » :
Patrick & Isabelle BALKANY (LR), pour l’ensemble de leur carrière.

Prix « Un certain regard » (ex æquo) :
- Claude BARTOLONE (PS), pour avoir accusé Valérie Pécresse de défendre « la race blanche ».

- Pierre LELLOUCHE (LR), pour réussir l’exploit de produire un « droit de réponse à la bien pensance » aux articles ayant pointé son intox sur les indemnités accordées aux réfugiés… dans lequel il reconnaît avoir dit n’importe quoi.

Prix « Robocop » :
Bernard CAZENEUVE (PS), pour avoir relayé la version mensongère du Raid selon laquelle l’assaut de Saint Denis s’est fait sous un déluge de feu des terroristes.

Prix du « Cumulard de l’année » :
Jean-Yves LE DRIAN (PS), pour son cumul des fonctions de ministre de la Défense et de président de la région Bretagne, en contradiction flagrante avec un engagement solennel de François Hollande (« Moi président de la République, les ministres ne pourront pas cumuler leur fonction avec un mandat local, parce que je considère qu’ils devraient se consacrer pleinement à leur tâche »).

« Meilleur second rôle féminin » :
Lydia GUIROUS (LR), éphémère porte-parole du parti Les Républicains, pour avoir prétendu que la France est le pays européen qui accueille le plus d’étrangers.

« Meilleur second rôle masculin » :
Christian ESTROSI (LR) pour son virage à 180 degrés, digne des plus belles courses de moto, sur la position à tenir à droite face au Front national.

« Meilleur costume » :
Bernard CAZENEUVE (PS), pour avoir exagéré le nombre de reconduites à la frontière afin d’assurer qu’il est plus ferme que la droite lorsqu’elle était au pouvoir.

« Prix spécial de l’audace statistique » :
François HOLLANDE (PS), pour avoir tenté de vanter le « bon bilan » de plus de 3000 perquisitions sous état d’urgence alors qu’elles ont abouti à… seulement 4 vraies procédures antiterroristes .

Prix « Jeune espoir » : 
Laurent Wauquiez (LR, 40 ans), pour sa spectaculaire accumulation de mensonges, sur lui-même pour se construire un personnage public globalement factice, et sur de multiples sujets politiques (par exemple sur les relations politiques entre Charles De Gaulle et Guy Mollet).

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