La jussie, plante rampante invasive, envahit la Loire et les étangs à proximité. Depuis plus de 20 ans, l’écopôle du Forez mène des campagnes d’arrachage pour lutter contre ce fléau, particulièrement nocif pour la flore locale.
C’est une jolie plante, mais une véritable menace. S’il existe plusieurs espèces de la jussie, c’est sa version rampante, originaire d’Amérique du sud, qui envahit particulièrement les cours d’eau de la Loire. "Il faut tout ramasser, faire attention à ne pas laisser de petits morceaux, parce que même une petite feuille peut pousser plus loin. Du coup, il faut faire attention de bien tirer jusqu’à la racine pour ne pas que ça se propage" explique Sandy Blanchon, tout en tirant sur la plante, qui, grâce à la vase, vient entièrement entre ses mains.
La jeune femme participe à l’une des campagnes d’arrachage organisée par l’écopôle du Forez. Depuis plus de 20 ans, ce parc d’activités organise des campagnes pour lutter contre l’invasion de la jussie, cette plante rampante qui menace la flore locale. C’est un travail minutieux. L’arrachage se fait à la main, depuis des canoës avec lesquels les bénévoles sillonnent le cours d’eau.
Ce jour-là, ils sont une dizaine de participants à s’être mobilisés contre cet indésirable, qui ne cesse de proliférer. "Eh bien là c’est du poids !" s’exclame Jean-Paul Lyonnet, l’un d’entre eux. "Quand on tire comme ça, on voit la longueur de la plante, c’est incroyable" raconte-t-il en prenant un bout de plante entre les doigts: "il suffit d’un petit bout comme ça pour qu’il y ait des racines et que ça redémarre ! Donc il faudrait tout pouvoir enlever mais c’est vraiment un travail de longue haleine” affirme-t-il.
Des dégâts considérables
La jussie, sous sa forme amphibie, est très présente le long des berges de la Loire et dans les plans d’eau foréziens. Le fléau est particulièrement complexe à endiguer car cette plante n’a besoin que d’un simple rhizome pour se démultiplier. D’autant plus que la sécheresse favorise son développement.
Ses dégâts sont considérables puisqu’elle confisque l’oxygène, asphyxiant ainsi toute autre forme de vie végétale et animale là où elle se développe, comme par exemple les poissons. "Elle a de très grandes capacités d’adaptation. On peut la voir ici sous forme aquatique, mais elle a aussi une forme terrestre. Elle a quelques contraintes mais très peu de prédateurs, donc cette plante prolifère énormément" décrypte Marine Guicheteau, chargée de mission FNE Loire.
Des campagnes d’arrachage participatif sont organisées tout l’été par l’écopôle du Forez, avec l’espoir d’endiguer cette vague verte.