Covid-19 : Les pharmaciens de la Loire n’ouvriront pas le dimanche

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Écrit par Vincent Diguat
"La vaccination ce n’est pas de l’abattage". Olivier Rozaire, Président du syndicat des pharmaciens de la Loire.
"La vaccination ce n’est pas de l’abattage". Olivier Rozaire, Président du syndicat des pharmaciens de la Loire. © DR

Le Ministre de la santé Olivier Véran a proposé aux pharmaciens d’ouvrir leurs officines le dimanche afin d’accélérer la vaccination. Pour Olivier Rozaire, Président du syndicat des pharmaciens de la Loire, la profession est déjà sous tension. Entretien.

Comment réagissez-vous à la proposition du ministre de la santé ?

« On est déjà submergé de travail et de vaccinations 6 jours sur 7. C’est compliqué de mettre en œuvre la vaccination un 7e jour. On est déjà sur les rotules depuis le 15 novembre où on a commencé à faire les doses de rappel. On essaie d’en faire un maximum tous les jours. L’objectif c’est quand même d’avoir un peu de repos. La vaccination ce n’est pas de l’abattage. Les gens que l’on vaccine en pharmacie ce sont nos patients habituels, ça prend du temps, il faut leur expliquer surtout depuis qu’on nous a demandé de passer sur du Moderna alors que le public n’y était pas préparé ».

Quelle part représente la vaccination dans les pharmacies ?

« La vaccination en pharmacie représente 60 à 65% de la vaccination qui est faite en dehors des centres de vaccination. Sur la semaine dernière, il a été réalisé au niveau national en pharmacie 900.000 vaccinations. Dans les cabinets de médecins il en a été faits 360.000 et chez les infirmiers 150.000… Depuis que les pharmaciens sont arrivés sur la vaccination Covid, il ont pris si je puis dire le leadership sur cette vaccination ».

L’ouverture le dimanche pourrait-elle désorganiser l’activité des pharmacies ?

« On est organisé en gardes. Imaginez en ville : si vous avez des pharmacies qui sont ouvertes pour vacciner, comment peut-on gérer le flux de patients qui voudraient une ordonnance parce qu’ils sortent de l’hôpital, qu’ils ont besoin d’une urgence ? Forcément on aurait a refusé un flux. Les pharmaciens qui seraient de garde seraient tentés de dire : Et bien moi, si je ne vaccine pas, autant que je ferme ma pharmacie parce qu’il y a d’autres pharmacies qui vaccinent et sont ouvertes, je ne vais pas m’embêter à faire ma garde. Il y a un système de gardes organisé les dimanches et l’ouverture de toutes les pharmacies perturberait ce système ».

 

Dans le département de la Loire, certaines pharmacies vont-elles ouvrir le dimanche ?

« A ma connaissance non. Il y a environ 240 pharmacies dans le département. J’ai lancé un sondage et j’ai eu une cinquantaine de réponses, toutes négatives. Les messages étaient assez forts disant qu’on était déjà en surmenage… J’entends l’idée de mettre la pression sur tous les secteurs de la vaccination, mais idéalement il faudrait que tous les autres secteurs s’y mettent. Mettre la pression uniquement sur les pharmacies, à un moment donné où on a montré qu’on était capable de faire de gros efforts sur la vaccination et sur les tests…Non ! ».

Les pharmaciens tiennent-ils le choc face à cette surcharge de travail ?

« Dans la réalité des choses, il y a un vrai burn-out chez les pharmaciens. On dit souvent qu’il faut faire les choses en amont pour éviter les tensions à l’hôpital. Nous à chaque vague on prend la tension au maximum bien en amont de la tension hospitalière. Là peut-être plus que jamais parce qu’il y a un an, lors de la vague de Noel 2020, on faisait juste les test. Aujourd’hui je vous rappelle qu’on fait aussi la vaccination anti grippale et cela dans un contexte de pénurie de personnel dans nos officines comme partout dans le système de santé… Il faut qu’on reste en forme parce que cette épidémie n’est pas terminée".

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