Municipales 2020 - 2e tour : bascules, règlements de comptes ou nouveaux visages, ce qu'il faut retenir dans la Loire

Plus de trois mois après le premier tour des municipales du 15 mars, on a voté dimanche 28 juin dans 24 communes du département de la Loire dont Saint-Étienne, Firminy ou Rive-de-Gier. Un deuxième tour après le confinement et la crise sanitaire. Que faut-il retenir ?
A Saint-Etienne, le maire sortant Gaël Perdriau a été réélu sans surprise avec près de 60% des voix mais avec une abstention record.
A Saint-Etienne, le maire sortant Gaël Perdriau a été réélu sans surprise avec près de 60% des voix mais avec une abstention record. © France tv
Pour ce second tour des élections municipales, dimanche 28 juin, les électeurs sont appelés à voter dans 24 communes ligériennes sur 323 (soit environ 7% des communes). Dans le département, les Ligériens se sont peu déplacés aux urnes. La participation a atteint 33,7% pour la Loire.

Le département de la Loire n'a pas connu de vague verte mais deux villes importantes basculent. Ce deuxième tour de scrutin a connu une forte abstention et la Loire ne fait pas exception. A Saint-Etienne, l'abstention a atteint 72%. 


Saint-Etienne reste à droite: 2e mandat pour Gaël Perdriau

L'alliance de la gauche et des verts n'est pas parvenue à s'imposer à Saint-Etienne face au maire sortant LR. Le duo Courbon-Longeon n'a pas réussi à convaincre les Verts. Le candidat Pierrick Courbon récolte 41,1% des voix. Le maire sortant Gaël Perdriau, qui s'était largement imposé au premier tour, récolte 58,9% des voix et conserve ainsi son fauteuil de maire pour les six prochaines années. Il devance largement son adversaire de près de 20 points. Une réélection avec près de 60% des suffrages exprimés mais avec un taux de participation historiquement bas (28%).

Ce scrutin, dont l'issue était sans suspens, a été marqué par une très forte abstention dans la capitale de la Loire. Au premier tour, Gaël Perdriau était arrivé en tête dans 99 des 100 bureaux de vote de Saint-Etienne. Une victoire sans surprise mais qualifiée de "victoire historique" par le maire réélu. Pour Gaël Perdriau, cette victoire, "c'est une reconnaissance du travail accompli".

Dans cette réélection, le maire y voit l'approbation de son premier mandat : "pendant 6 ans j'ai été amené à prendre un certain nombre de décisions pour faire progresser la ville et faire en sorte qu'aucun Stéphanois ne soit mis de côté ou se sente délaissé," a déclaré le maire de Saint-Etienne au soir de sa réélection, "ma première action sera de poursuivre l'action entamée."

Descente triomphale des marches de l'hôtel de ville et bain de foule, la réélection de Gaël Perdriau est sans surprise mais elle tranche avec l'alternance qui a eu lieu dans d'autres villes ligériennes, comme Firminy et Rive-de-Gier.
 

Vallée de l'Ondaine, Vallée du Gier : bascule croisée 

Deux surprises dans ce département. Les communistes perdent une ville et en récupèrent une autre. Dans la vallée de l'Ondaine, Firminy traditionnellement à gauche bascule à droite. Dans la vallée du Gier, Rive-de-Gier renoue avec une ancienne tradition communiste. 


►Firminy bascule à droite : L'ancien communiste Marc Petit n'a pas réussi à conserver son siège (36,71% des voix). Il ne fera pas de troisième mandat. Les Appelous ont décidé de ne pas renouveler leur confiance à l'ancien communiste, exclu du parti après sa condamnation. Julien Luya, encarté chez les Républicains, décroche 53,46% des voix, loin devant ses adversaires.
Le nouveau maire de Firminy n'est autre que le collaborateur parlementaire de Dino Cinieri qui est élu. Dino Cinieri, élu en 2001, avait perdu la ville au profit de Marc Petit en 2008. La droite revient aux affaires à Firminy pour la seconde fois de son histoire. La ville était un bastion historique du parti communiste. 
La guerre fratricide à gauche a fait basculer la ville. Pour la candidate communiste Anne-Sophie Putot, qui avait décidé de se maintenir au second tour à la tête d'une liste d'union de la gauche et qui a récolté moins de 10% des voix, la perte de Firminy est clairement due à "l'entêtement" du maire sortant à maintenir sa candidature malgré sa condamnation en justice pour agression sexuelle. "Si M.Petit s'était retiré quand on lui a demandé, aujourd'hui la gauche serait vainqueur à Firminy," a-t-elle déclaré au soir du deuxième tour. De son côté, le maire sortant estime que c'est un "front anti Marc Petit" qui a précipité sa chute et fait basculer la ville. La campagne des municipales a été très agitée à Firminy et va laisser des traces. 

Pour ce deuxième tour,  les Appelous se sont peu mobilisés : la participation a atteint 42,77%. 
Rive-de-Gier retombe dans le giron communiste après l'élection de Vincent Bony. Le nouveau maire, conseiller municipal d'opposition, détrône Jean-Claude Charvin qui dirigeait la ville depuis 1995. Le candidat de la gauche et opposant à Jean-Claude Charvin met ainsi fin à 25 ans de règne du maire de Rive-de-Gier. Pour la commune, c'est une page qui se tourne. Vincent Bony, premier opposant de Jean-Claude Charvin, fait ainsi renouer la ville avec son passé communiste. Le nouveau maire a cependant été élu sur un programme à forte couleur écologiste. 

De son côté, le candidat Jean Piere Granata qui se présentait comme "le 4e homme" au premier tour s'est maintenu : il a réussi la fusion avec la liste de Gérard Octroy, en intégrant 11 colistiers de l'ancien premier adjoint du maire sortant. La division au sein de l'équipe municipale a sans doute contribué à faire basculer la ville. La rupture avec son ancien fidèle, mais aussi la question de la sécurité et de la perte du commissariat en 2015 ont sans doute contribué à faire chuter Jean-Claude Charvin. Ce dernier avait pourtant été élu à deux reprises au premier tour. A noter également que les Ripagériens ont largement boudé les urnes au second tour : la participation, faible comme dans le reste du département, a atteint 38,85%. 

Andrézieux- Bouthéon, on tourne la page Jean-Claude Schalk ?

►Dans la plaine du Forez, à Andrézieux-Bouthéon, c'est François Driol, adjoint sortant, qui succède à Jean-Claude Schalk. Ce dernier a dirigé la ville d'un peu moins de 10 000 habitants située à une quinzaine de kilomètres de Saint-Etienne, pendant 22 ans. Tous les candidats à la succession de Jean-Claude Schalk ont déclaré durant la campagne vouloir tourner la page après plus de deux décennies avec le même maire. 
Arrivé en tête au premier tour en mars dernier, François Driol a confirmé au deuxième tour son score. Le nouveau maire avait même frôlé l'élection dès le premier tour, le 15 mars dernier. Il est élu haut la main avec près de 60% des voix devant le candidat Jean-Marc Pangaud, chef de l'opposition qui avait fusionné avec la liste arrivée dernière, celle de Marcel Jacob (divers droite). L'alliance entre Jean-Marc Pangaud et Marcel Jacob n'a pas convaincu. Elle a récolté 40,16% des voix dimanche 28 juin. A Andrézieux-Bouthéon, la participation a atteint 40% au deuxième tour. 

Pélussin: triangulaire dans un mouchoir de poche 

Le maire divers droite Georges Bonnard, après 25 ans et trois mandats, ne se représentait pas cette année à Pélussin. Mais après des années de cohabitation, une douzaine de ses adjoints ont décidé de se lancer dans la course aux municipales : dans le village aux deux clochers, les électeurs devaient choisir entre trois listes différentes ! Des adjoints qui n'ont pas réussi à s'entendre. C'est une triangulaire qui s'est jouée au 2e tour, les trois listes se sont maintenues. Au premier tour, les trois candidats étaient au coude à coude. Seules 25 voix séparaient le candidat arrivé en tête du troisième. Des candidats qui ont peiné à affirmer leurs différences lors de la campagne.

La liste menée par Michel Devrieux est arrivée en tête du 2e tour avec 35,32% des voix. Suit la liste conduite par Corinne Koertge, la plus proche du maire sortant, a récolté 35,06% des suffrages. Quatre bulletins séparent les deux candidats au soir du 28 juin. Une troisième liste était présente au second tour et menée par Dominique Chavagneux a obtenu 29,60% des votes. L'abstention a atteint de 45,94% au second tour, elle est un peu plus faible que le 15 mars dernier (49,1%).
 

Saint Galmier : l'union a payé 

Les Baldomériens ont tranché. Dimanche soir, à Saint-Galmier, le nouveau maire est Philippe Denis : à 49 ans, il succède à Jean-Yves Charbonnier, élu en 2008 et qui ne se représentait pas. Pour ces municipales, trois candidats étaient en lice au premier tour. Le président de la Chambre des métiers et de l’artisanat de la Loire, Georges Dubesset était arrivé en tête au 1er tour  mais n'a pas transformé l'essai. A contrario, Philippe Denis a réussi à inverser la tendance. Sa liste, issue de la fusion entre son équipe et celle de Jacques Déchandon, s’est imposée largement (60,1%) face à celle de Georges Dubesset créditée de 39,89 % des voix. La commune ligérienne a également été marquée par une faible participation au deuxième tour avec 42,36%. 

Au premier tour, le centriste Georges Dubesset avait été crédité de 39,6% des voix. Il était talonné par deux autres candidats divers droite, Philippe Denis et Jacques Dechandon, respectivement à 31,5 et 28,9% des voix.
 

Triangulaire houleuse à Saint-Romain le Puy ...

A Saint-Romain-le-Puy, la campagne a été serrée. Avec 43,18% des voix, la maire sortante divers droite Annick Brunel retrouve son fauteuil. Une victoire d'une courte tête : elle a devancé son principal adversaire et ancien co-listier, le divers centre André Gachet (42,08%) de treize voix seulement au deuxième tour. Mais en raison d’un problème de taille des bulletins, un recours a été présenté à l’issue du premier tour. Il faudra attendre la décision à ce sujet pour savoir si Annick Brunel pourra entamer son second mandat à la tête de la commune. Enfin, Marjorie Combe, Divers gauche, est arrivée en troisième position avec 14,73% des voix. 

 

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