Municipales 2014. Le Front National serait-il finalement le grand perdant des élections en Isère?

© AFP / Bertrand Guay
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Alors que tous les voyants sont au vert sur le plan national, le FN semble en difficulté dans les Alpes. Le parti présentera moins de listes que prévu. Surtout, trois sondages à Grenoble, Bourgoin et Vienne le placent bien en deçà de ses résultats habituels. Et très loin des objectifs affichés.

Par France 3 Alpes

Ce fut l'une des surprises de notre sondage exclusif Ipsos/Stéria pour France 3 Alpes. A Grenoble, le FN ne serait pas en mesure de se maintenir au second tour des élections municipales avec 9% des voix. A Vienne, en Isère toujours, la situation est similaire. Selon une étude BVA publiée par le Dauphiné Libéré et France Bleu Isère, le candidat frontiste Norman Méchin plafonnerait à 8% alors que la ville fait figure de terre favorable au FN. Et même de priorité pour la direction départementale du parti. 

Même à Bourgoin-Jallieu, la situation n'est pas glorieuse pour la formation de Marine Le Pen. Dans cette ville où le vote FN est habituellement assez marqué, le candidat Robert Arlaud ne dépasserait pas les 12% selon une autre BVA pour le Dauphiné Libéré. Un score décevant mais suffisant pour se maintenir au second tour et compliquer la vie du candidat UMP. 

Des difficultés pour constituer les listes

Et si, finalement, ces difficultés étaient lancinantes depuis plusieurs semaines? Le parti clame haut et fort qu'il n'a jamais été aussi bien représenté que lors de cette campagne 2014. Et c'est vrai. En France, le FN sera présent dans plus de 550 villes regroupant 30% de la population du pays (120 listes en 2008). A Grenoble et à Vienne par exemple, des listes frontistes seront bien en course. Une première depuis 1995. 

10 listes au lieu de 18 en Haute-Savoie

Pour autant, la situation n'est pas rose. Car le FN a toujours autant de difficultés à trouver des candidats. A Saint-Martin-d'Hères, dans la deuxième ville de l'Isère, la tête de liste a dû renoncer. En Savoie, un temps annoncées, les listes de Chambéry et Saint-Jean-de-Maurienne sont désormais oubliées. En Haute-Savoie enfin, le responsable local du parti promettait 18 listes différentes il y a quelques semaines. Il n'y en aura finalement que 10.

"Une progression de 1000% ce qui est énorme et représente un chiffre dont aucun parti ne peut se vanter", précise Dominique Martin lui-même candidat à Cluses. Certes. Mais le compte n'y est pas. 

Un contexte national ultra favorable

Pourtant, jamais le contexte national n'a été aussi favorable au Front. Marine Le Pen bat des records de popularité. Le vote FN semble être désormais décompléxé au point que 29% des Français seraient prêts à mettre un bulletin bleu marine dans l'urne selon un sondage LH2. Une autre étude réalisée par TNS Sofres affirme même que "34% des Français disent adhérer aux thèses du FN". 

S'ajoutent à cela l'impopularité record du gouvernement, la déception à l'encontre du pouvoir socialiste et les "affaires" qui secouent l'UMP. Du pain bénit pour le Front National. En théorie. 

Les Municipales, des histoires de personnes

Mais au delà de ces données, il semblerait bien que le vote pour les Municipales s'avère plus subtil qu'un simple vote sanction. Souvent utilisés à des fins contestataires, les bulletins FN n'auraient pas la côte dans un scrutin tel que celui-ci où les enjeux locaux et les personnalités comptent bien plus que les étiquettes politiques. 

Ainsi, selon un sondage sorti ce jeudi 6 mars, 62% des Français affirment qu'ils voteront en fonction de préoccupations locales. Seuls 19% d'entre-eux profiteront du scrutin pour "sanctionner le gouvernement". 

Une prime au sortant 

Très peu présent actuellement dans la gestion des communes, le FN accuse donc ici son premier désavantage. D'autant que lors des municipales, la prime au sortant fonctionne à plein régime. Beaucoup d'électeurs se souviennent aussi des polémiques et des problèmes engendrés lors de l'arrivée du parti dans certaines mairies telles que Toulon où Orange. 

Voilà sans doute un début d'explication aux résultats assez faibles constatés dans les sondage à Vienne et Bourgoin. A Grenoble, un autre paramètre entre en compte : la faiblesse traditionnelle du parti dans cette ville fortement ancrée à gauche.

"Le terrain montre le contraire"

Néanmoins, à l'heure des interviews, les responsables locaux du FN nient toute baisse de régime. Sur notre antenne, Mireille d'Ornano, candidate à Grenoble et patronne du parti en Isère, a notamment affirmé que "le travail de terrain montrent qu'il se passe quelque chose et que nous serons donc bien au dessus des résultats annoncés par les sondages qui nous minorent tout le temps". 

Et d'ajouter, hors caméra cette fois, toujours croire en l'objectif de 15% à Grenoble. Un score qui constituerait un record dans la capitale du Dauphiné. Un discours qui fait plus que jamais figure d'incantation tant les éléments statistiques laissent croire un tassement du vote frontiste : -3 points en janvier sur le plan national et -7 points depuis novembre. 

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