Préfet de l'Isère et Métro de Grenoble s'affrontent alors que la caravane passe

Publié le Mis à jour le
Écrit par Franck Grassaud
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Débrouillez-vous, mais sachez que vous êtes hors-la-loi! C'est en substance le message du Préfet de l'Isère à la Métro. Le représentant de l'Etat aurait décidé de lever l'arrêté par lequel il réquisitionnait un terrain pour accueillir des gens du voyage à Murianette. Mais il met en garde les élus.

C'est un échange virtuel qui a eu lieu par l'intermédiaire de communiqués, entre la Préfecture et la Métro.

Ce vendredi 20 mai, alors que des agriculteurs et des habitants de Murianette manifestaient sous les fenêtre du préfet de l'Isère, ce dernier a tenu à faire comprendre que s'il pensait imposer des gens du voyage sur un terrain de cette commune, c'était avant tout parce que la Métro de Grenoble n'avait pas rempli ses obligations en matière de grands passages. D'ailleurs, le préfet dit avoir choisi ce terrain "sur la base des indications fournies par les services de la Métropole".
 
Car la loi n°2000-614 du 5 juillet 2000 est claire, les collectivités doivent se plier aux règles en matière d'accueil des gens du voyage, "dans des conditions appropriées". "Lorsque les collectivités sont en règle, et uniquement dans ce cas, le préfet peut procéder, dès lors qu'il y a trouble ou risque de trouble à l'ordre public, à une expulsion forcée des groupes stationnant illicitement."

L'Isère, terre de grands passages

On sait qu'à compter du mois de mai et jusqu’à la fin de l’été, de grands groupes, composés parfois de plusieurs centaines de caravanes, traversent l'Isère. Des grands passages qui nécessitent des terrains de grande taille, distincts des aires qui accueillent les petits groupes de
voyageurs tout au long de l'année. 

Dans l’agglo grenobloise, "un projet sérieux", dixit la Métro, est bien sur la table. Mais il n'a pas encore abouti. C'est sur le site dit "du Pont Barrage", situé sur les communes du Fontanil-Cornillon et de Saint-Egrève, qu'il est envisagé.
 
En attendant, le préfet a donc réquisitionné un terrain appartenant à Grenoble-Alpes Métropole. "Toutefois, la collectivité n'a pas procédé aux aménagements nécessaires avant l’arrivée du premier grand passage le 15 mai, lequel a finalement dû être orienté vers le parking d'Alpexpo", semble regretter le préfet.

Depuis, le préfet dit constater que "la situation n'a pas évolué". Il aurait donc décidé de renoncer à la réquisition. Dans son communiqué, il prévient toutefois les élus: cette position "exclut le recours à la procédure d'évacuation forcée en cas d'installation illicite de grands groupes sur des terrains privés ou des espaces publics dans les jours à venir."

Et de rappeler également que "le refus d'exécuter les mesures prescrites (...) constitue un délit susceptible de donner lieu à des poursuites pénales" (sic)

La Métropole est prête à prendre ses responsabilités, j'y suis prêt. Et l'Etat?" 

La réponse du président de la Métro ne s'est pas faite attendre. Christophe Ferrari a rappelé que la réquisition avait été décidée par la Préfecture "de manière unilatérale", ce qui a participé "à envenimer une situation d'ores et déjà particulièrement complexe". 

Le président dit attendre à présent que "l'Etat apporte son soutien sans délai et publiquement" au projet "du Pont Barrage". Et de conclure, "la
Métropole est prête à prendre ses responsabilités, j'y suis prêt. Et l'Etat?"

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