ASM Clermont Auvergne: comment les joueurs ont repris l’entraînement à l'heure du déconfinement

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Écrit par Cyrille Genet avec Jean-Luc Roussilhe

Lundi 8 juin, une journée toute particulière pour les joueurs de l’ASM Clermont Auvergne qui se sont retrouvés au centre d’entraînement à Clermont-Ferrand  pour la reprise des séances collectives après presque 3 mois d’interruption.
 

A l’entrée du centre d’entraînement, juste à côté du stade Marcel Michelin à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) le manager sportif Neil Mac Ilroy fait le portier ce lundi 8 juin à l’occasion de la reprise des séances collectives après la coupure imposée par le coronavirus Covid 19. Dès la première heure, il accueille les joueurs du groupe pro de l’ASM Clermont Clermont Auvergne thermomètre à la main : "Là on attaque la phase 2 qui est très importante dans le sens de la préparation physique et aussi dans le sens de la sécurité et des règles Covid. Ce matin le premier groupe est arrivé à 8 heures moins le quart. On fait un contrôle ici pour la prise de température et pour l’instant tout est OK. Ils sont entre 6 et 8 maximum par groupe. Ce sont des contraintes qui vont durer certainement pour le mois de juin. Il n’y a pas vraiment de convivialité, les groupes ne se croisent pas, c’est très important, mais on va faire le maximum pour se protéger". Il est bientôt relayé par Bernard Goutta, entraîneur adjoint en charge des avants : "Oui c’est un nouveau job, c’est important d’orienter les joueurs sur les différents ateliers et les exercices. Avec la prise de température, on essaye de respecter les normes sanitaires et de mettre les joueurs en confiance. C’est surtout pour protéger un peu tout le groupe, et c’est vraiment important de procéder à ces vérifications qu’on va faire tous les jours".

Pour tous le protocole est strict et impose le respect des sens de circulation, l’arrivée en tenue pour ne pas passer par les vestiaires, et le travail par petits groupes. Des contraintes qui sont finalement bien peu de choses comme le dit le demi d’ouverture Camille Lopez : "Ça fait du bien, après un arrêt de quand même 3 mois alors qu’on est habitués à être ensemble tous les jours sur le terrain, à prendre du plaisir ; c’est comme ça, il fallait respecter les choses ! Aujourd’hui on a commencé, ça fait du bien de se retrouver même si ce n’est pas très marrant parce que tu cours sur des lignes droites et qu’il y a des choses plus marrantes dans le rugby, mais il faut passer par là avant la reprise".

Une reprise progressive

Des effectifs limités, une présence à tour de rôle tout au long de la journée, ce n’est pas encore la pleine activité. Le directeur sportif Frank Azéma a dû adapter son programme : "On est tous sevrés de rugby, on avait tous envie de sortir un peu de la maison et de se retrouver sur le terrain et on sent ça de la part des joueurs, même si forcément il n’y a pas encore le ballon et le fait de pouvoir faire des jeux. C’est différent mais le fait de reprendre un peu de muscu, la course… on se dit que ça y est, ça a redémarré et ça file le sourire à tout le monde".

Un travail que Bernard Goutta décline lui aussi : "Le fait de se retrouver, c’est le meilleur, de reprendre une activité à peu près normale. Ça fait plaisir de retrouver le groupe et les exercices, l’esquisse d’un travail physique".

Mais pour les joueurs, il manque l’élément central du jeu : "Il me tarde de retrouver le ballon, on est encore privés de ça. J’espère qu’avec le temps ça va passer et qu’on va être de nouveau autorisés à toucher le ballon, c’est avec le ballon qu’on se régale et qu’on se fait plaisir, à la fin du mois ou début du mois prochain…" confie Camille Lopez.

Une étape nécessaire

Comme tous les sportifs de haut-niveau, les joueurs de l’ASM ne peuvent pas reprendre l’entraînement là où ils l’avaient laissé mi-mars. On en a tous fait l’expérience, le confinement et l’activité forcément réduite ont marqué les corps. Les joueurs Jaune et Bleu ont tous passé des examens médicaux et la balance a parlé : "Forcément que tu perds énormément en 3 mois. On le voit déjà quand on fait les intersaisons, même si on se plaint qu’elles sont trop courtes. On savait que ça allait être dur à la reprise, ça va l’être mais c’est fait intelligemment et progressivement" dit le demi d’ouverture.

Franck Azéma en est bien conscient, il l’a intégré dans son programme et il s’en tient à son nouveau tableau de marche : "Il y a  des garçons qui ont perdu un peu de poids, mais on a ce temps-là, ces différentes phases pour essayer de remonter progressivement pour atteindre un niveau en juillet et l’objectif c’est d’être prêts pour le 5 septembre".

Trois questions à Franck Azéma
Comment évolue le staff  avec l’arrivée de Benson Stanley?
"C’est important toujours pour nous au fil des années de garder une évolution, de garder en tête l’innovation mais aussi coller aux standards et aux critères du très haut-niveau. On le voit, tous les grands staffs, les grandes équipes d’Europe ou internationales sont étoffées aussi. C’était important pour nous d’avoir des gens spécialisés dans chaque domaine pour être efficaces et surtout pour pouvoir permettre la progression des joueurs encore aujourd’hui, qu’ils aient 20 ans ou 35 ans et le but c’est d’être performants. On a rentré Benson dans ce profil-là pour nous épauler et apporter aussi sa compétence et ce qu’il est en tant qu’homme et entraîneur en devenir".

Votre propre rôle va évoluer, moins sur le terrain ?
"Je vais être sur le terrain tous les jours forcément parce que c’est le nerf de la guerre mais peut-être un peu moins dans l’animation, essayer de me concentrer un peu plus sur aider le staff. On est 20 maintenant. Avoir un peu plus d’impact sur les joueurs aussi en individuel, en management parce que c’est nécessaire aujourd’hui et que tout le monde se sente considéré et vraiment des objectifs propres à chacun pour servir le collectif".

Vous avez hâte vous aussi que ça reprenne ?
"Oui, c’est excitant ! On est contents de voir les joueurs sur le terrain aujourd’hui, on a un terrain magnifique, des structures au top donc c’est transpirer dedans et retrouver un ciment et un état d’esprit. C’est ce qu’il faut reconstruire ensemble. Il y a des joueurs qui arrivent, des nouveaux, des jeunes qui montent de l’académie, il faut vite que la mayonnaise prenne et qu’on retrouve de bonnes sensations ensemble".