COVID 19 : à Clermont-Ferrand, "Nous allons lentement vers une situation qui s'aggrave", selon le maire

A Clermont-Ferrand, le 30 septembre, les indicateurs du COVID 19 montrent une progression lente mais sûre de la maladie. Avec un taux d'incidence de 122 pour 100 000 habitants, la métropole se rapproche de l'alerte renforcée. Si elle était atteinte, des mesures contraignantes seraient prises. 
 

A Clermont-Ferrand, le maire Olivier Bianchi et le préfet Philippe Chopin ont alerté sur un possible passage de la métropole en alerte renforcée.
A Clermont-Ferrand, le maire Olivier Bianchi et le préfet Philippe Chopin ont alerté sur un possible passage de la métropole en alerte renforcée. © S.Barlot/FTV
La métropole de Clermont-Ferrand en état d'alerte renforcée COVID 19, pas encore, mais bientôt si l'on ne fait rien : c'est le message qu'ont souhaité faire passer, de concert, le préfet du Puy-de-Dôme Philippe Chopin et le maire et président de la métropole Olivier Bianchi (PS), ce mercredi 30 septembre. En effet, les indicateurs épidémiologiques de Santé Publique France sont pour le moins alertants : le taux d'incidence de la métropole clermontoise atteint les 122 pour 100 000 habitants, et semble se rapprocher inexorablement des 150, seuil au-delà duquel Clermont-Ferrand passerait en alerte renforcée. Chez les plus de 65 ans, le taux d'incidence s'élève à 60 pour 100 000 et a déjà dépassé la limite de l'alerte renforcée, fixée à 50. "Nous sommes à la limite d'une situation qui pourrait avoir des conséquences sur la vie quotidienne des uns et des autres, sans commune mesure. La pente est certes douce, mais elle est continue et en constante aggravation. Nous allons lentement vers une situation qui s'aggrave", alerte le maire de Clermont-Ferrand. 

Un appel au civisme des Clermontois 

Il dit également avoir constaté un relâchement de la part de certains habitants, au niveau du respect des mesures barrières, et en appelle à la responsabilité de chacun : " Dans les situations familiales et conviviales, il n'y a pas toujours ce respect car on s'imagine que ceux qu'on aime ne sont pas porteurs du virus. Nous avons des problèmes sur des cérémonies de mariage où les gens viennent nombreux et ne respectent pas le port du masque, nous constatons tous les jeudis soirs depuis maintenant 3 semaines des soirées étudiantes où on ne respecte pas les gestes barrières, avec des attroupements à Victoire ou à Trudaine ", dénonce Olivier Bianchi. Il annonce que des réunions seront organisées notamment avec les présidents de BDE (Bureau des Etudiants) au sujet de ce non-respect des consignes sanitaires. " Si on veut pouvoir continuer à s'amuser, il faut rester raisonnable ", prévient-il. Il demande plus de civisme aux Clermontois pour protéger la population et l'économie et pour éviter le "scénario marseillais" à Clermont-Ferrand.

Des mesures renforcées en cas de passage en alerte renforcée

Pour faire un exemple et sanctionner les établissements où des débordements ont eu lieu, le préfet du Puy-de-Dôme a annoncé que certains bars seraient fermés sur décision préfectorale dans les jours qui viennent, sans préciser lesquels. Il a affirmé qu'il s'agissaient d'établissements dans lesquels des interventions de police pour disperser des regroupements importants avaient déjà eu lieu. Philippe Chopin alerte également sur les mesures qui pourraient être effectives si la métrople venait à passer en zone rouge : parmi elles, fermeture des salles de sports et des établissements recevant du public, rassemblements limités à 10 personnes, fermeture anticipée des bars à 22 heures, mais aussi d'autres mesures, non-obligatoires, laissées à la main du préfet : " On a le cadencement des transports en commun aux heures de pointes, le renforcement des mesures d'hygiène dans les EHPAD et la limitation des visiteurs, les créneaux horaires dans les services publics, interdiction de la musique amplifiée sur la voie publique, interdiction des brocantes, vide-greniers et fêtes foraines, donc des mesures assez drastiques ", prévient le préfet. 
 

" Si on continue comme ça, on y va droit "

En cas de passage en zone d'alerte renforcée, "la vie ne ressemblerait pas à celle que l'on a aujourd'hui", martèle Olivier Bianchi. "Si on continue comme ça, on y va droit et après, on n'aura que nos yeux pour pleurer. Chacun de nous détient dans son comportement personnel les moyens que nous évitions cette situation." Il évoque également une incertitude sur la tenue du Festival du Court-Métrage, prévu entre le 29 janvier et le 6 février 2021. Le directeur délégué de l'ARS (Agence Régionale de Santé) du Puy-de-Dôme Jean Schweyer était également présent et a fait un point sur la situation hospitalière à Clermont-Ferrand : " La situation est globalement maîtrisée mais le chiffre de 9 patients en réanimation atteint aujourd'hui n'est pas anodin. Cependant la situation en réanimation s'apprécie de manière plus régionale car les hôpitaux fonctionnent en réseau. Il y a un niveau d'alerte qui serait de 30% de malades COVID 19 en réanimation, à Clermont-Ferrand on est très loin de ça mais on en est un peu plus près si on prend le chiffre de la région, même si on n'y est pas non plus." Selon les pouvoirs publics, le CHU de Clermont-Ferrand envisagerait déjà la possibilité de reporter des opérations pour accueillir les patients COVID.
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