COVID 19. Fermeture de certains bars à Clermont-Ferrand : "On sort à peine la tête de l'eau"

Mercredi 30 septembre, le préfet du Puy-de-Dôme a annoncé que plusieurs bars de Clermont-Ferrand allaient être temporairement fermés, car la clientèle ne respecterait pas les gestes barrières au COVID 19. Le gérant d’un bar, déjà averti à plusieurs reprises, s’inquiète de cette annonce.

Après l'annonce le 30 septembre par le préfet du Puy-de-Dôme d'une ou plusieurs fermetures de bars à Clermont-Ferrand, Keo Saysana, gérant du Kokomo, est inquiet pour son affaire.
Après l'annonce le 30 septembre par le préfet du Puy-de-Dôme d'une ou plusieurs fermetures de bars à Clermont-Ferrand, Keo Saysana, gérant du Kokomo, est inquiet pour son affaire. © S. Barlot / FTV
Face au non-respect des gestes barrières du coronavirus COVID 19, lors de certains rassemblements festifs à Clermont-Ferrand, le préfet du Puy-de-Dôme Philippe Chopin a annoncé mercredi 30 septembre vouloir faire des "exemples". Ainsi, il compte procéder à la fermeture temporaire de certains bars, où des débordements ont été constatés. Il a notamment cité le boulevard Trudaine, où se trouve le Kokomo, un bar déjà rappelé à l’ordre par les services de la mairie et de la préfecture pour des rassemblements nocturnes. Le gérant Keo Saysana s’est trouvé désemparé après cette déclaration : « On a appris la nouvelle dans la presse. On est en attente, mais on a des doutes car on a une clientèle jeune, étudiante, sur laquelle se sont greffés d’autres jeunes et ça crée de grands rassemblements sur la place et des débordements. Ce n’est pas ma clientèle, ce sont des jeunes qui viennent chercher l’ambiance. »

Des mesures prises pour éviter les regroupements

Cette situation, Keo Saysana explique la subir depuis le début du mois de septembre, de manière répétée : « Un peu avant minuit, des gens viennent, ils ont déjà leur bouteille, ils s’installent sur la fontaine. Ca ramène du monde, ils voient que sur la terrasse les clients font la fête. Moi, je ne peux pas leur dire de se décaler. Quand ils s’en vont le lendemain, ils laissent leur bouteille, ils laissent des déchets. » Selon lui, d’autres bars du boulevard, principalement ceux qui ont des terrasses, subissent le même genre d’attroupements. Pourtant, le gérant affirme avoir tout fait pour éviter que cela ne se reproduise : « Je ne veux pas qu’on croie que je ne respecte pas les gestes barrières. On a du gel à disposition, un marquage au sol, lors des soirées on filtre les entrées. J’ai même pris un vigile pour gérer la terrasse. J’essaye de faire le maximum. »

"On sort à peine la tête de l'eau."

Keo Saysana

Pourtant, impossible de stopper les rassemblements autour de la fontaine, sur la place qui jouxte la terrasse. Les fêtards étant sur une voie publique, Keo Saysana n’a d’autre choix que de laisser faire. S’il a conscience des dangers sanitaires engendrés par ces regroupements, il s’inquiète également pour la santé économique de son affaire si celle-ci devait être fermée sur décision préfectorale : « On sort à peine la tête de l’eau après le confinement, donc si on doit fermer à nouveau, ça nous fait redescendre et ça va être compliqué de se relancer à nouveau. Moi, je voudrais que tout redevienne comme avant », explique Keo Saysana. En effet, avant le confinement, gérer ce genre d’attroupements ne lui arrivait que ponctuellement, lors d’évènements tels que la fête de la Musique par exemple.

Une réouverture des discothèques souhaitée

Aujourd’hui, pour lui, une seule solution pour éviter ces rassemblements festifs sauvages : « Il faut que les boîtes de nuits rouvrent. La mairie a fait beaucoup pour nous en nous permettant de nous agrandir en extérieur pour travailler plus, mais maintenant, il faut que l’Etat autorise les boîtes de nuit, et on n’aura plus de rassemblements de jeunes après la fermeture des bars. Certains iraient en boîte, d’autres chez eux et ça les disperserait », affirme Keo Saysana. Selon lui, la réouverture des discothèques permettrait de mieux encadrer ces rassemblements : « Les patrons sont des professionnels qui ont l’habitude de gérer ce genre d’évènements », ajoute le gérant. Il craint également pour la sécurité des jeunes gens, en raison de la proximité avec la route et du passage des véhicules. Pour l’heure, on ignore encore quels bars clermontois seront amenés à fermer leurs portes. La place de la Victoire a également été mentionnée par les services de la préfecture comme un lieu où des débordements avaient été constatés. Le nom des établissements concernés sera connu dans les jours à venir.
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