COVID 19 : « Il y a un risque de 3ème vague », selon un infectiologue du CHU Clermont-Ferrand

Avec la perspective d’un déconfinement au 15 décembre, les Français se préparent à aller fêter Noël et la nouvelle année. Au CHU de Clermont-Ferrand, on s’inquiète du risque que représentent ces rassemblements, qui pourraient conduire à une 3ème vague de l’épidémie de COVID 19.
Au CHU de Clermont-Ferrand, on craint qu'une 3ème vague de COVID 19 ne suive les fêtes de fin d'année.
Au CHU de Clermont-Ferrand, on craint qu'une 3ème vague de COVID 19 ne suive les fêtes de fin d'année. © DIRK WAEM/MAXPPP
Le deuxième confinement lié à l’épidémie de COVID 19 pourrait prendre fin le 15 décembre prochain, permettant ainsi aux Français de fêter, en famille et entre amis, Noël et le réveillon du 31 décembre. Cependant, ces rassemblements festifs pourraient conduire à une 3ème vague de l’épidémie, alerte l’infectiologue du CHU de Clermont-Ferrand Olivier Lesens. « A partir du moment où il y a des gens qui vont bouger, qu’il va y avoir des mouvements de populations, puis que les gens vont se regrouper en famille et venir d’endroits différents, il y a forcément un risque de 3ème vague, à laquelle on s’attend », affirme le professeur Lesens. Pour lui, fêter Noël en famille peut même s’avérer plus risqué que réveillonner entre amis. « Dans la cellule familiale, les gens vont se regrouper entre personnes plus jeunes et plus âgés : les grands-parents, les parents, les enfants, les petits enfants. Là, il y a un vrai risque pour les personnes les plus fragiles. Les deux périodes sont à risque », affirme Olivier Lesens. Selon lui, l’addition de ces deux périodes de rassemblement engendre un risque de rebond, d’autant que la situation sanitaire n’est pas encore totalement stabilisée.

Un reconfinement possible après les fêtes

D’après le professeur Lesens, cette troisième vague pourrait intervenir dans les 15 jours suivant les fêtes. « Ca dépend de pas mal de facteurs, de comment on sort du confinement car les mesures ne sont pas encore connues, à quel niveau d’incidence on sera pendant les fêtes. Là, les chiffres ne sont pas aussi bons qu’ils le devraient », regrette l’infectiologue. « Il est impossible de savoir à l’avance quelle sera l’intensité de cette 2ème vague. Cela va dépendre de l’attitude des gens, des conditions de sortie du confinement… » Pour lui, le reconfinement après les fêtes n’est pas exclu : « On semble être dans une logique de ‘stop and go’. On confine, les choses s’améliorent, on déconfine, ça s’aggrave, on reconfine et ainsi de suite. On peut espérer qu’avec la vaccination, on arrive à réguler les choses, mais ça va être long à mettre en place, il y a encore beaucoup d’interrogations. » Pour l’heure, il est peu probable que la vaccination soit assez massive et intervienne assez tôt pour empêcher les contaminations, alors, au CHU de Clermont-Ferrand, on s’attend et se prépare à cette 3ème vague : « On est dans une période d’hyper adaptabilité, on est capables de très vite revenir en arrière si jamais les choses s’aggravent. Le dispositif est assoupli actuellement pour prendre en charge les patients non-COVID. La chirurgie a repris pratiquement à 100%, on profite de l’accalmie actuelle mais on est prêts à revenir à une configuration où on a plus de patients COVID qui arrivent. »

Des précautions à prendre lors des rassemblements familiaux

Pour limiter les contaminations au sein de la cellule familiale et amicale lors des fêtes de fin d’année, des précautions doivent être prises : « Bien porter le masque tout le temps, même à l’intérieur de la maison quand vous serez en famille avec notamment les grands-parents, ça, c’est important. Au moment du repas, car c’est là qu’il y aura à mon avis le plus de risques, il faut se débrouiller pour qu’il y ait une distanciation sociale d’au moins 2 mètres entre chaque convive. Il faudrait que chacun prenne vraiment des précautions dans la semaine qui précède les fêtes pour avoir le moins de risques possibles d’avoir la maladie et de la transmettre », conseille le professeur Lesens. Si vous avez des symptômes comme de la fièvre, un mal de tête ou de la toux, il ne faut pas participer aux rassemblements festifs. Olivier Lesens recommande également de se faire tester avant, même si cela n’exclut pas totalement le risque de contamination.
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