Culture : l’incertitude des théâtres de Clermont-Ferrand

A une semaine de la rentrée, si certains théâtres de Clermont-Ferrand ont rouvert leurs portes, tous attendent de savoir si les mesures sanitaires seront à nouveau durcies pour pouvoir assurer leurs représentations.
 

Répétition de la troupe Improvergne de Clermont-Ferrand à la Maison de l’Oradou.
Répétition de la troupe Improvergne de Clermont-Ferrand à la Maison de l’Oradou. © Improvergne
Depuis l’assouplissement des mesures sanitaires dans les théâtres, annoncé par le gouvernement en juillet dernier, de nombreuses représentations ont repris en Auvergne. Au grand bonheur de David Pagliaroli, comédien du café-théâtre « Défonce De rire » à Clermont-Ferrand, qui se produit le 26 août et qui comme beaucoup redoutait les directives : « Début juin il était peut être question de jouer avec un masque, ça n’aurait eu aucun sens. Le théâtre c’est le contact, les expressions du visage et même les postillons (rires), c’était impossible. »  Pour Yoann Combronde, le directeur de ce café-théâtre, il aurait été impensable de rouvrir avec une jauge de distanciation trop importante : « Début juin il était question de pouvoir rouvrir en cloisonnant un siège sur deux, notre salle ne contient que 87 places, ça aurait été ouvrir à perte » . Depuis l’annonce du gouvernement début juillet, le théâtre a pu rouvrir ses portes en mettant en place un siège entre chaque groupe de moins de 10 personnes, et seul le public doit porter un masque « quand il se déplace ». Mais avec l’évolution du virus, tous redoutent un nouveau durcissement des mesures sanitaires : « On attend la prise de parole du gouvernement dans les jours qui viennent mais un nouveau durcissement des mesures pourrait être dramatique économiquement. » ajoute Yoann Combronde, inquiet.

Un durcissement redouté                   

Parmi les mesures de durcissement probables de la rentrée selon Yoann Combronde : le port du masque obligatoire toute la séance pour le public. « Cela nous permettrait de continuer à remplir les salles, mais pas sûr que le public soit partant. Nous avons fait un sondage auprès de plusieurs personnes et la plupart ne se voient pas porter un masque toute la soirée. C’est un moment de détente ça ne doit pas devenir une corvée. » ajoute le directeur du café-théâtre « Défonce De rire ». Pour lui « seule les grosses têtes d’affiche et les grandes salles pourront assurer leurs arrières si cette mesure passe. Car personne ne viendrait voir de nouvelles troupes si les  contraintes sont trop lourdes. » Pour Jean-Marc Grangier, directeur de La Comédie de Clermont-Ferrand, le port du masque obligatoire pour le public toute la séance n’a aucun sens : « Il y a bien moins de risques dans une salle de spectacle que dans d’autres rassemblements. Les gens regardent les comédiens et ne parlent pas, où s’ils se parlent c’est uniquement avec des gens qu’ils connaissent, donc qu’ils côtoient déjà. »  David Pagliaroli, comédien du théâtre « Défonce de rire » ajoute que si beaucoup de personnes réclament le retour des pièces de théâtre, nombreuses sont celles qui ont encore peur du virus: « Depuis qu’on a rouvert la billetterie, nous avons perdu 40 % de notre affluence. Le virus est un vrai frein. Alors si on doit en plus durcir la jauge de personnes en faisant par exemple un siège sur deux ce n’est pas jouable

« Vivre au jour le jour »

Alors en attendant la prise de parole du gouvernement, certains ont choisi la prudence. Comme la salle de spectacle la Comédie de Clermont-Ferrand qui a fait le choix de ne pas reprendre les représentations avant la rentrée : « Même si notre premier spectacle de théâtre est déjà programmé pour le 25 septembre, nous avons préféré attendre l’annonce du gouvernement pour lancer la billetterie et les abonnements. Comme ça pas de mauvaises surprises, on cloisonnera nos sièges en fonction de la jauge exigée. » explique le directeur de la Comédie de Clermont-Ferrand. Pour le moment il espère que la jauge de personnes restera à 55% de son effectif comme prévu : « On peut accueillir 1 200 places, il faut que ça reste rentable. »  Stéphane Drozd, chargé de l’action théâtrale du Théâtre du Pélican à Clermont-Ferrand, est du même avis : « Notre théâtre accueille principalement des lycéens et étudiants. Il est donc très dur de nous projeter avant la rentrée. Les professeurs ont déjà du mal à savoir de quoi demain sera fait alors parler de théâtre à leurs élèves n’est surement pas la priorité… » D’autres comme le théâtre la Défonce du rire ont choisi de « s’adapter au jour le jour ».

Assurer les répétitions

Mais pour certaines salles à l’image de la salle de spectacle la Cour des Trois coquins de Clermont-Ferrand, connue pour ses créations théâtrales, le plus important pour le moment est d’assurer les répétitions des comédiens qui s’y produisent. « Avec la crise et l’annulation de nombreux spectacles, beaucoup de salles ont fermé leurs portes, c’est important pour nous de continuer à accueillir des répétitions  en respectant bien sur les gestes barrière. » confie Catherine Auroy, coordinatrice de la cour de 3 coquins. Pour le théâtre du Pélican même état d’esprit : avant de pouvoir assurer les représentations, l’objectif est d’abord d’assurer les répétitions de ses comédiens par petits groupes de 15 chaque semaine. Pour certains comédiens programmés dans plusieurs théâtres et salles différentes, ce n’est pas toujours évident. Il faut redoubler d’effort pour trouver des endroits pour répéter : « Nous avons 75 dates un peu partout dans Clermont-Ferrand mais en attendant de connaitre les nouvelles mesures nous cherchons surtout des salles pour répéter. » détaille Cédric Klein, comédien de la troupe d’improvisation Improvergne de Clermont-Ferrand. En attendant de savoir s’ils pourront se produire de nouveau, les comédiens de cette troupe sollicitent plusieurs mairies pour pouvoir s’exercer. « Il est important de garder espoir, et de faire en sorte que jamais plus les théâtres ne baissent leurs rideaux
 
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